Cameroun : les femmes rurales demandent un appui à la transformation des produits agricoles
A l’occasion de la journée internationale de la femme rurale célébrée le 15 octobre 2012, la Chambre d’Agriculture du Cameroun a permis aux femmes rurales d’exposer les produits de leurs champs dans son esplanade. Une dizaine de stands d’exposition ont été mis à leur disposition. Tubercules de maniocs, patates, plantains et légumes et leurs dérivés ont présentés au public. Des produits appréciés du public, mais résultats de nombreux efforts.
Madeleine Ndongo, déléguée du Gic Femmes actuelles de Ndjonassi, présente quelques problèmes des femmes rurales: « Notre principal problème, c’est la transformation de nos produits. Regardez par exemple les jus de gingembre, de goyave que nous fabriquons. C’est de manière artisanale que nous le faisons. Il en est de même pour le manioc que nous transformons en farine ou encore du cacao que nous transformons en jus ou en beurre. Nous le faisons sans appui du gouvernement de manière artisanale. Il devrait nous venir en aide. »
Autre problème, l’accès aux crédits et aux financements. « On n’accorde pas de crédits ou des financements aux femmes rurales. On a parfois accordé des prêts aux jeunes agriculteurs, mais on oublie toujours les femmes. Pourtant, ces jeunes viennent prendre des conseils auprès de nous pour se lancer dans l’agriculture. Ce sont les vielles marmites qui font de bonnes sauces et le gouvernement ne devrait pas l’ignorer en nous soutenant aussi. Mais surtout, en nous accompagnant à travers un suivi, afin que nous puissions rembourser les prêts », plaide-t-elle.
Au niveau du ministère en charge de l’Agriculture, pour résoudre ce problème de financement, l’on pense à la création des coopératives. « Nous voulons que les associations se transforment en coopératives, affirme le ministre en charge de l’Agriculture, Essimi Menye, qui a donné un point de presse hier à Yaoundé. Au fil des années, nous aurons de plus en plus des structures de coopératives, parce que c’est au sein de ces structures là que nous pensons que les ressources qui vont permettre de booster l’agriculture vont être canalisées. »
Essimi Menye reconnait que « le principal problème de l’agriculture camerounaise maintenant, c’est le financement ». « Il faut le financement des intrants, du capital, du système de stockage, du système de transformation. Donc, les financements sont une grande contrainte pour la progression de la production agricole. Et la présence des coopératives dans cet environnement économique va permettre de booster la production », affirme-t-il.
Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, a lancé un appel en direction des gouvernements hier : « En cette Journée internationale qui leur est dédiée, j’appelle tous nos partenaires à aider les femmes rurales, à écouter leurs voix et leurs idées, et à veiller à ce que les politiques répondent à leurs besoins et à leurs demandes. Il est de notre devoir de faire tout notre possible pour leur permettre de se réaliser pleinement dans l’intérêt commun. » Reste à présent à faire en sorte que cet appel soit entendu.
Beaugas-Orain Djoyum






































