Cameroun : comment le gouvernement veut relancer l’agriculture dans les zones inondées du Grand-Nord
D’après les derniers chiffres officiels, à peu près 60 000 personnes ont été victimes des inondations dans le Grand-Nord. Leurs champs et leurs semences ont été engloutis par les eaux. Le gouvernement camerounais veut soutenir la relance agricole dans ces zones sinistrées.
Selon le ministre de l’Agriculture, Essimi Menye, c’est autour de 1% de la population camerounaise qui a été frappée par ces catastrophes. « Mais, 1% de la population camerounaise en souffrance, c’est déjà une situation de crise qui interpelle les autorités. Au ministère de l’Agriculture, ce que nous sommes en train de préparer c’est l’augmentation progressive de la reprise de la production dans les zones sinistrées », affirme-t-il.
Le ministre explique que dans les zones inondées, les eaux se retirent très lentement. « Les terres de cette partie du pays sont des terres dites hydromophes. Les eaux s’infiltrent lentement. On ne peut pas espérer que ces eaux vont se retirer avant le 15 novembre. Dès que les eaux se retirent, nous allons démarrer le planting. Dans ces zones, on ne peut plus faire des cultures de saisons de pluies. Car, les pluies sont finies. Ce qu’il faut faire ce sont les cultures de saison sèche. La principale culture de saison sèche dans cette zone, c’est le sorgho », relève-t-il. Essimi Menye explique que « le sorgho se plante par repiquage. Nous sommes en train de repérer les pépinières où on a déjà cultivé les jeunes sorghos et nous allons encourager la poursuite de la mise en pépinières des jeunes sorghos. Aujourd’hui, nous voulons remettre ces populations au travail ».
Riz
A cet effet, le ministère de l’Agriculture annonce l’envoi ces jours d’une équipe en mission dans la zone de Bénoué, du Mayo-Danaï et dans la zone du Logone et Chari pour accompagner les populations afin qu’elles recommencent l’activité agricole.
Dans les zones de production de riz à Yagoua et à Maga, le ministère annonce la relance de la culture du riz en novembre 2012. Le directeur général adjoint de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry), Robert Nyonse, confiait récemment que les rendements des champs de riz seront réduits de 50% au moins en 2012, parce que les 700 hectares de rizières qui avaient déjà été repiqués avaient été inondés.
« Nous avons déjà tenu une séance de travail avec le directeur général de la Semry pour que dès le mois de novembre, quand toutes les eaux se seront retirées, que l’on démarre le labour afin qu’on recommence à repiquer le riz. Nous savons que les populations riveraines ont perdu leurs cultures, on ne va pas les laisser se tourner les pouces tout au long de l’année, en attendant les prochaines saisons de pluie. Dès le mois de novembre, nous allons redynamiser l’activité agricole dans ces zones-là », promet Essimi Menye.
Famine
Les populations sinistrées ne seront pas à l’abri de la famine. Mais, le gouvernement veut leur distribuer du riz. « Y aura-t-il famine ? C’est possible qu’il y ait famine. Mais, ce que je peux vous dire c’est que les dispositions sont prises par le gouvernement pour rendre disponible les céréales et autres légumes et protéines qu’il faut pour que ces populations continuent à s’alimenter normalement. Nous avons déjà en chantier un programme qui va permettre de racheter le riz Paddy (non décortiqué) qui existe dans la zone de Yagoua et de Maga. Ce riz sera acheté par le gouvernement, décortiqué et redistribué aux populations. Ceci parce que nos estimations montrent que c’est l’opération la moins couteuse pour l’Etat au lieu de prendre du riz à partir du port de Douala. En même temps, nous avons quelques réserves de céréales dans les magasins de l’Office céréalier », annonce le ministre.
Le système des Nations-Unies entend également apporter son soutien au gouvernement camerounais dans cette reprise de l’activité agricole dans le Grand-Nord. « Pour respecter le “One UN”, c’est-à-dire la Fao, l’Unicef, le Pam, l’Oms, etc., des activités d’urgences ont été déployées. En ce moment, il y a un plan qui se chiffre à 6 millions de dollars. Le système a déjà mobilisé 2 millions de dollars pour les activités d’urgence. Pour l’activité agricole, le système des Nations-Unies va se déployer quand les autres 4 millions de dollars seront prêts. Nous sommes assez confiants, parce que des bailleurs de fonds sont prêts à accompagner le système des Nations-Unies et Cameroun », affirme un cadre de l’Onu.
Beaugas-Orain Djoyum






































