Les assureurs camerounais veulent contrôler les risques liés aux grands chantiers

Les assureurs camerounais veulent contrôler les risques liés aux grands chantiers

Le Cameroun est engagé dans de grands travaux qui nécessitent la souscription aux polices d’assurances. Selon les premières estimations de l'Association des sociétés d'assurances du Cameroun (Asac), les projets du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) pourraient générer, au taux moyen de 4% sur les risques liés au chantier, une prime d’environ 44,3 à 70,4 milliards de FCfa. Ce qui représenterait entre 41,2 et 65,5% du chiffre d’affaires des assurances non vie de l’année 2011 au Cameroun. Le Cameroun pourrait ainsi se classer au premier rang des pays de l’espace CIMA devant la Côte d’Ivoire qui occupe actuellement cette place.

L’Asac plaide pour une domiciliation des assurances de ces grands chantiers. Pour elle, il faut épuiser les capacités du marché en termes de coassurance locale et de réassurance locale avant de céder à un ou plusieurs réassureurs étrangers 75% du risque maximum. Le 03 juillet 2012 à Yaoundé, l’Asac a réaffirmé ce souhait au ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey (photo), que le président Martin N. Foncha et une délégation d’assureurs camerounais ont rencontré pour cette cause.

A titre illustratif, l’Asac estime que le barrage de Memve’ele (365 milliards de FCfa), celui de Lom Pangar (170 milliards de FCfa), le deuxième pont sur le Wouri (85 milliards de FCfa), le port en eau profonde de Kribi (280 milliards de FCfa), dont le coût global s’élève à 900 milliards de FCfa pourraient générer à eux seuls, au taux moyen de 4% sur les risques liés aux chantiers, une prime d’environ 3600 millions de FCfa. Ce qui représenterait 3,4% de croissance du chiffre d’affaires des assurances non vie par rapport à 2011.

L’Asac brandit aussi le cadre légal, notamment l’article 308 du code CIMA qui interdit de souscrire une assurance directe concernant un bien ou une responsabilité situé sur le territoire d’un Etat membre auprès d’une entreprise étrangère qui ne se serait pas conformée aux prescriptions de l’article 326. En clair, explique Martin N. Foncha, seules les entreprises agréées doivent pratiquer les opérations d’assurance au Cameroun.

«Les dispositions légales en vigueur obligent tout intervenant à l’assurance d’un chantier non seulement de souscrire une police d’assurance directe, mais également d’épuiser les capacités du marché en termes de coassurance locale, ensuite de réassurance locale avant de céder à un ou plusieurs réassureurs étrangers 75% du risque au Cameroun», affirme le président de l’Asac.

Un plaidoyer que le ministre des Finances semble avoir pris en considération. «C’est aussi notre devoir de sensibiliser et de promouvoir nos acteurs dans ce secteur afin de leur permettre de jouer leurs rôles. Nous avons échangé sur les mesures à prendre pour informer, sensibiliser et promouvoir la part des assureurs locaux dans ce travail d’assurance des grands chantiers», a indiqué Alamine Ousmane Mey.

Au Cameroun, la loi de 1975 relative à l’assurance construction oblige tout intervenant à l’assurance d’un chantier dont le coût excède 100 millions de FCFA à souscrire au Cameroun une assurance garantissant les dommages à l’ouvrage en cas de travaux et les dommages causés aux tiers.

BOD

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