Offensive des banques commerciales au quartier Biyem-Assi de Yaoundé
Les populations du quartier Biyem-Assi à Yaoundé n’ont plus besoin de se rendre au centre-ville pour effectuer leurs opérations bancaires. De nombreuses banques s’y sont installées. Aujourd’hui, on en compte quatre. Ecobank, Bicec, Afriland First Bank et la Scb y ont installé chacune une agence.
La dernière, la Scb, a ouvert son agence dans ce quartier en mai 2012. «L’agence Scb de Biyem-Assi n’est pas encore opérationnelle. Actuellement, nous informons simplement les clients des conditions d’ouverture de compte. Les services de la banque seront disponibles ici incessamment », confie une employée. L’agence porte encore ses habits neufs aux couleurs du groupe marocain Attijariwafa Bank, actionnaire majoritaire de la Scb.
En général, l’ambition de ces banques est de se rapprocher davantage de la clientèle et de conquérir de nouveaux clients. Biyem-Assi se range ainsi parmi les quartiers de Yaoundé où sont concentrées plusieurs banques commerciales. Sinon, le seul quartier de la ville qui réunit quatre banques commerciales et de nombreux établissements de micro-finance.
Une ruée que saluent les responsables de la mairie de Yaoundé VI. Roger Etoua est le secrétaire général de la commune d’arrondissement de Yaoundé 6ème. «A Biyem-Assi, on retrouve plusieurs types d’activités génératrices de revenus. Nous avons une population dynamique. Les dix régions du Cameroun sont représentées dans ce quartier. Si les commerçants, ici, ont la possibilité d’épargner juste à côté, cela devient important et évite de se faire agresser lors des déplacements vers la ville», se réjouit-il.
Rapprochement
Du côté des banques, l’on affirme que le rapprochement de la clientèle rapporte. Même si on n’avance pas de chiffre. «A l’époque, quand nous avions fait une étude de marché, Ecobank était la première banque installée à Biyem-Assi. Des clients disaient qu’ils préféraient ouvrir un compte à Ecobank parce que la banque était plus proche. Et nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un réel marché à conquérir à Biyem-Assi», raconte Christopher Nsenkeng, le chef d’agence Afriland First Bank Biyem-Assi. Son objectif aujourd’hui est de se rapprocher de la clientèle. «Nous souhaitons par ailleurs conquérir de nouveaux marchés, principalement les clients des quartiers Simbok, Mendong et Damas. Nous voulons surtout financer les jeunes entreprises et les commerçants émergents que l’on retrouve ici», confie-t-il.
Pour la Scb, le rapprochement de la banque des quartiers participe du plan de l’entreprise visant à multiplier le nombre de ses agences au Cameroun. Autant que les banques, les clients trouvent bénéfique cette stratégie.
Corinne Ntede détient un compte à la Bicec à Biyem-Assi. Ses longues heures d’attente dans un rang au centre-ville sont désormais un lointain souvenir. «Avant, c’était difficile d’effectuer des opérations bancaires au centre-ville. Il y avait trop de clients et les rangs étaient interminables. C’était à la limite stressant. En plus, on courait le risque d’être agressé quand on entrait dans un taxi avec son argent. Aujourd’hui, avec une agence dans mon quartier, les choses deviennent plus faciles», indique-t-elle. Elle fait tout de même observer que la proximité de la banque avec sa maison limite ses chances d’épargner. «Quand vous êtes à la maison et que vous recevez des visites surprises, vous avez toujours la tentation d’aller au guichet automatique avec votre carte pour débiter votre compte afin d’acheter de la boisson. Car la banque est juste à côté. La tentation est grande. Or, quand la banque est loin, en ville, cela vous décourage un peu», explique-t-elle. Toutefois, elle reconnaît que les avantages sont nombreux et invite les banques à s’installer davantage dans les quartiers.
BOD






































