Cémac : le conseil des ministres donne quitus à la gestion d’Antoine Ntsimi
La note d’information relative à la gestion des finances publiques préparée par le président de la Commission de la Cémac, Antoine Ntsimi, a été approuvé par le conseil des ministres de l’Union économique de I'Afrique centrale (Uéac) le 22 juillet 2012 à Brazzaville au Congo.
Dans le communiqué final du conseil des ministres, on peut lire «traitant de l’état d’avancement de la mise en œuvre des directives de gestion des finances publiques, le conseil des ministres, tout en félicitant la Commission de la Cémac pour la qualité du rapport produit, a pris acte de la note d’information produite». Le communiqué des ministres ne précise pas les périodes concernées par la note d’information produite. Les ministres, contre toute attente, ont reporté à une date ultérieure l’audit et le suivi de la gouvernance des organes et institutions spécialisés de la Cémac. «Le conseil des ministres a instruit la commission de convoquer une réunion du comité inter-Etats en vue de l’examen des termes de référence y relatifs et d’autres questions pouvant faire l’objet, éventuellement, d’une inscription à l’ordre du jour de cette réunion», indique le communiqué final du conseil des ministres signé par Pierre Moussa, ministre congolais de l'Economie, du Plan, de l'Aménagement du territoire et de l’Intégration et président en exercice du conseil des ministres. Il faut noter que c’est le comité inter-Etats qui se charge de la préparation des délibérations du conseil des ministres.
Et pourtant, à l’ouverture des travaux du conseil des ministres, le ministre congolais de l'Economie, du Plan, de l'Aménagement du territoire et de l’Intégration a bien déclaré dans son discours d’ouverture que «la réflexion sur la sécurisation du financement de la communauté va de pair avec les moyens de contrôle des fonds qui sont alloués aussi bien par nos partenaires que par les Etats membres. Il va de soi que l’état d’avancement du dossier sur l’audit et le suivi de la gouvernance des institutions et organes et institutions spécialisés doit être au centre de nos préoccupations».
Que s’est-il donc passé pour que cette question soit renvoyée par les ministres ? La conférence des chefs d’Etat de la Cémac va-t-elle examiner cette question alors que les ministres n’ont rien tranché ?
La décision des ministres donnera encore du temps à Antoine Ntsimi, accusé de malversations financières, notamment de graves surfacturations, comme le relevait récemment la presse parisienne.
Audit financier et comptable
Dans tous les cas, il faudrait encore attendre bien longtemps pour en savoir davantage sur les pratiques de gestion de l’actuel président de la commission de la Cémac. Car c’est le 11 juillet dernier qu’Antoine Nstimi a lancé un appel d’offres pour la sélection d’un consultant chargé de réaliser un audit et le suivi de la gouvernance des organes et institutions spécialisées de la Cémac. Les finances de la Commission de la Cémac, de l’Organisation de coordination pour la lutte contre les endémies en Afrique Centrale (Oceac) et de la Communauté économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques (Cebevirha) seront passées au peigne fin. Le consultant travaillera sur le contrôle des exercices allant de 2007 à 2011.
Selon l’appel d’offres, «l’audit de bonne gouvernance comportera également un volet audit financier et comptable dont le but est la consolidation de la transparence et l’assainissement de la gestion des finances de la Communauté».
Les chefs d’Etat de la Cémac réunis à Brazaville depuis ce mardi 24 juillet 2012 devront dans tous les cas examiner le cas Antoine Ntsimi. De nombreux chefs d’Etat sont favorables à son remplacement, selon le principe de la rotation à la tête des institutions de la Cémac décidé en janvier 2010 à Bangui. Pour mémoire, il y a quelques mois, le président de la République centrafricaine, François Bozizé, l’avait déclaré Persona non grata à Bangui, siège de la Commission de la Cémac.
B-O.D.






































