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Yaoundé - 24 novembre 2017 -
Télécom

Cameroun : le président de l’Assemblée nationale propose la « traque » des réseaux sociaux

Cameroun : le président de l’Assemblée nationale propose la « traque » des réseaux sociaux

(Investir au Cameroun) - « Aux autorités compétentes, il est temps d’organiser la traque, afin de débusquer et de mettre hors état de nuire ces félons du cyberespace », a déclaré Cavaye Yéguié Djibril (photo), le président de l’Assemblée nationale du Cameroun. Il s’en est pris aux réseaux sociaux ce 10 novembre 2016, dans son discours d’ouverture de la dernière session parlementaire de l’année.

Cavaye Yéguié Djibril demande que des « limites » soient imposées à la liberté d’expression car, « autrement, elle deviendrait liberticide ». Il y va de sa formule : « les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui au Cameroun de véritables fléaux sociaux ».

Ces plateformes sont donc « cette nouvelle forme de terrorisme, toute aussi insidieuse », affirme le président de l’Assemblée. Pour lui, il ne s’agit plus d’un outil de communication et de partage sur Internet. Cavaye n’y voit désormais qu’une « arme vouée à la désinformation, pis encore, à l’intoxication et à la manipulation des consciences, semant ainsi la psychose au sein de l’opinion ». Le PAN n’y voit aussi que le « déferlement d’informations erronées ». Il ajoute que c’est l’œuvre « d’amateurs qui évoluent aux antipodes de toute éthique et de toute déontologie ».

Le propos du président de l’Assemblée nationale se rapproche de ceux déjà tenus par le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement.

Au lendemain de l’accident ferroviaire d’Eseka du 21 octobre dernier, le ministre Tchiroma a dénoncé la communication faite sur Internet autour de ce drame. Pour lui, les réseaux sociaux sont « des nids d’oiseaux de mauvaise augure » qui travaillent à « déstabiliser le Cameroun ».

La sortie de Cavaye Yéguié Djibril est loin d’avoir emporté l’unanimité chez les députés. A commencer par ses camarades du Rdpc, le parti au pouvoir. « Il est très difficile de dire que nous allons avoir un contrôle sur les réseaux sociaux. Ils ne sont pas que négatifs, ils participent aussi à l’évolution du pays », rétorque l’honorable Jean Simon Ongola.

Assongmo Necdem

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