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Yaoundé - 06 avril 2020 -
Actualités Investir Au Cameroun

Incident de Ngarbuh : Yaoundé remet en cause les méthodes d’investigation de Human Rights Watch

Incident de Ngarbuh : Yaoundé remet en cause les méthodes d’investigation de Human Rights Watch

(Investir au Cameroun) - Le rapport de Human Rights Watch (HRW), sur les évènements qui se sont produits le 14 février 2020 à Ngarbuh dans la région anglophone du Nord-Ouest, est au centre de la polémique. En cause, les méthodes de recherche qui ont permis à l’organisation non gouvernementale d’aboutir à ses conclusions.

Intitulé « Cameroun : Massacre de civils dans la région séparatiste », le document affirme que « les forces gouvernementales et des membres armés de l’ethnie peule ont tué au moins 21 civils, dont 13 enfants et une femme enceinte, le 14 février 2020 dans le village de Ngarbuh ».

Cette version est totalement contraire à celle des autorités camerounaises. Ces dernières parlent de cinq civils tués (une femme et quatre enfants) à la suite d’un incendie provoqué par des échanges de tirs entre les forces de défense et des groupes armés séparatistes, accusés d’utiliser très souvent les populations comme boucliers humains.

Pour arriver à ses conclusions, l’ONG, qui n’a pas effectué de descente sur le terrain, dit avoir « interrogé 25 personnes, dont trois témoins des meurtres et sept proches de victimes ». HRW affirme aussi avoir « examiné des images satellites prises avant et après l’attaque de Ngarbuh 3 ». À en croire l’organisation non gouvernementale, « les images, prises après l’attaque le 14 février à 10h24 du matin, heure du Cameroun, montrent plusieurs maisons de Ngarbuh présentant des dommages qui cadrent avec un éventuel incendie ».

« Dès lors, la question qu’il convient de se poser est celle de savoir, si l’existence de telles images suffit à prouver que l’armée camerounaise est l’auteur de ces incendies ? », s’est interrogé le ministre camerounais de la Communication, René Emmanuel Sadi (photo), lors d’un point de presse donné le 27 février en réaction au rapport de HRW. Pour le gouvernement camerounais, la réponse à cette question est non !

Accusation de collusion

Dans l’opinion, beaucoup ne comprennent pas, par ailleurs, pourquoi l’ONG se contente d’examiner les images satellitaires prises avant et après « l’attaque » alors qu’il serait plus indiqué d’examiner les images prises pendant « l’attaque ».

René Emmanuel Sadi a par ailleurs affirmé que les témoignages de HRW sont « non authentifiés » et « inspirés par des sources généralement non identifiées dont personne ne peut certifier la fiabilité ». Ce d’autant que, selon le membre du gouvernement, ils sont « obtenus sous la contrainte, auprès des populations, soit inféodées malgré elles aux terroristes, soit, menacées de représailles qu’elles pourraient subir du fait d’un témoignage mettant en cause les bandes armées sécessionnistes ».

Le ministre de la Communication a par ailleurs accusé l’auteur du rapport de HRW, Ilaria Allegrozzi, de collusion avec un certain Nfor Yacubu, présenté comme un « dangereux terroriste sécessionniste ». Interpellé le 24 février 2020, « l’exploitation de son téléphone portable a permis d’établir que l’intéressé entretient d’étroites relations de complicité active avec madame Ilaria Allegrozi », assure René Emmanuel Sadi. HRW et sa chercheuse senior n’ont pas encore réagi à ces accusations.

L’« enquête approfondie » pour faire la lumière sur ces évènements, ouverte par les autorités camerounaises, est en cours. Ces dernières, qui ont promis de rendre ses conclusions publiques, ne se sont pas encore prononcées sur la demande d’une enquête « indépendante et impartiale » formulée notamment par l’ONU.

A.O.

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