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Yaoundé - 16 mai 2022 -
Agriculture

Camvert obtient des exonérations fiscales pour son projet de complexe agro-industriel de 237 milliards de FCFA à Campo

Camvert obtient des exonérations fiscales pour son projet de complexe agro-industriel de 237 milliards de FCFA à Campo

(Investir au Cameroun) - La société Camvert SA, contrôlée par le milliardaire camerounais Aboubakar al Fatih, vient de signer avec l’Agence de promotion des investissements (API) une convention lui permettant de bénéficier des dispositions de la loi de 2013 (révisée en 2017) portant incitations à l’investissement privé au Cameroun. Ce texte réglementaire octroie aux porteurs de projets des exonérations fiscalo-douanières allant de 5 à 10 ans, aussi bien pendant la phase de construction que de production.

Dans le cas d’espèce, le projet adoubé par l’API est relatif à la mise en place d’un complexe agro-industriel à Campo, dans la région du Sud du Cameroun. Le projet englobe la création de palmeraies sur 50 000 hectares au total à Campo et à Niété, ainsi que la construction d’usines de production d’huile de palme (180 000 tonnes par an) et de palmiste (18 000 tonnes par an). Selon ses promoteurs, l’investissement global est estimé à 237 milliards de FCFA, pour environ 4 000 emplois à créer.

Sur le terrain, le projet a effectivement démarré depuis le 12 septembre 2020, avec la mise en terre par Camvert des 236 000 premiers plants de palmiers à huile dans la localité de Campo, avec pour objectif de planter 5 000 hectares de palmeraies en 2021. Cette opération avait aussitôt déclenché une vague de protestations des ONG en charge de la protection de l’environnement, au premier rang desquelles l’on retrouve Greenpeace.

Pression des ONG

Dans un communiqué publié le 28 septembre 2020, Greenpeace qualifie « d’illégale » la plantation de palmiers à huile en cours de création. « Le projet de Camvert viole la loi camerounaise et les normes internationales », estime l’ONG internationale. Elle s’attaquait ainsi au retrait par le gouvernement camerounais, quelques mois plus tôt, de la superficie abritant les plantations de Camvert du domaine forestier « permanent », à l’effet de favoriser la conduite du projet.

« Pourtant, aucune des deux conditions juridiques, préalables à un tel déclassement, n’était remplie », affirme Greenpeace, qui dénonce ainsi clairement la décision de déclassement signée par le Premier ministre. En plus de ces écueils réglementaires, l’ONG rappelle que le projet porté par Camvert borde le Parc national de Campo Ma'an, zone cruciale pour la biodiversité qui abrite des espaces rares tels que les chimpanzés et autres pangolins géants.

Malgré les récriminations contre ce projet, pour lequel les promoteurs ont souvent édifié l’opinion sur les mesures prises afin d’atténuer l’impact environnemental et social, le déploiement de la feuille de route de Camvert semble se poursuivre. Ce qui laisse croire qu’il pourrait ne pas connaître le même sort que celui porté il y a quelques années par la firme Herakles Farms dans la région du Sud-Ouest, qui avait finalement jeté l’éponge face à la pression des ONG de défense de l’environnement et des droits des riverains des unités agro-industrielles.    

Déficit de 130 000 tonnes d’huile de palme

Pour rappel, Camvert déroule son projet agro-industriel dans un pays qui affiche un déficit structurel de 130 000 tonnes d’huile de palme chaque année. Une situation qui impose des importations massives pour satisfaire la demande sans cesse croissante des unités de production d’huile raffinée, de savons et autres produits dérivés.

« Le déficit structurel de 130 000 tonnes dont nous parlons souvent est un déficit nominal, qui est différent du déficit réel. Ce déficit nominal est calculé sur la base de 50% des capacités des entreprises de transformation. Sur la base des capacités réelles des transformateurs, le déficit est effectivement beaucoup plus important », aime souvent à préciser Emmanuel Koulou Ada, le président du Comité de régulation de la filière des oléagineux.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi :

18-09-2020- La société Camvert ambitionne de planter 50 000 hectares de palmeraies à Campo, dans le Sud du Cameroun

28-09-2020 - Cameroun Vert SA, société du milliardaire Aboubakar al Fatih, épinglée par Greenpeace

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