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Yaoundé - 17 décembre 2018 -
Agriculture

Cameroun : controverse autour d’une proposition de bail emphytéotique sur 12 000 ha, à octroyer à Herakles Farms

Cameroun : controverse autour d’une proposition de bail emphytéotique sur 12 000 ha, à octroyer à Herakles Farms

(Investir au Cameroun) - Le Centre pour l’environnement et le développement (CED) vient de révéler que les autorités administratives du département du Koupé Manengouba, dans la région du Sud-Ouest, ont recommandé au chef de l’Etat, Paul Biya, l’octroi d’un bail emphytéotique (99 ans) sur 12 000 hectares dans la localité de Nguti, au profit de l’entreprise agro-industrielle Sithe Global Sustainable Oils Cameroun (SGSOC), filiale locale de l’Américaine Herakles Farms.

Selon cette Ong, active sur le terrain de la protection de l’environnement et des intérêts des riverains des sites abritant les grands projets, le procès-verbal faisant cette recommandation, et supposé avoir sanctionné une réunion consultative avec les villageois exploitant actuellement ces terres, a été signé le 8 juin 2013.

Cependant, dénonce le CED, plusieurs villages n’auraient pas été associés à cette réunion consultative. Alors que, apprend-on, en instruisant la tenue de cette rencontre par lettre du 4 avril 2013 adressée à ses collaborateurs du Koupé Manengouba, la ministre des Domaines et des Affaires foncières, Jacqueline Koung à Bessike, leur avait recommandé de «prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre une participation maximale de représentants des communautés de la zone du projet».

Trois superficies différentes pour une même concession

En plus, l’Ong dénonce une réunion illégale, parce que, indique-t-elle, celle-ci «n’a pas respecté les délais prévus par la loi et n’a pas été convoquée par l’autorité administrative compétente, en l’occurrence le sous-préfet de Nguti», qui a été supplanté dans la convocation de cette rencontre consultative par le préfet du département du Koupé Manengouba.

Plus grave, souligne le CED, alors que dans son rapport, le ministère des Domaines parle d’une superficie de 12 000 hectares, la filiale camerounaise d’Herakles Farms, elle, soutient que le projet de bail emphytéotique porte sur 12 348 hectares. Dans le même temps, apprend-on, une simple addition des superficies octroyées par village, telles que contenues dans le rapport, conduit plutôt à une superficie de 12 369 hectares. Trois superficies différentes donc, qui témoignent, selon l’Ong, de «la précipitation avec laquelle le processus a été conduit».

Une avalanche de protestations

Par ailleurs, selon l’Ong, SGSOC déclare que « les superficies sont indicatives et seront précisées au cours d’un exercice de démarcation». Ce qui indigne davantage le CED. «Comment la commission consultative peut-elle proposer qu’une concession foncière soit attribuée sur la base de superficies provisoires? Quelle superficie portera-t-on sur le contrat de concession? Qui a intérêt à donner l’impression aux communautés qu’il s’agit d’un processus provisoire, qui restera sous le contrôle strict de l’administration, même après la signature du contrat de bail sur la terre?», s’interroge Samuel Guiffo, le Secrétaire général du CED.

En rappel, aux côtés d’Ong internationales telles que Greenpeace et Oakland Institute, le CED a toujours dénoncé la conduite du projet de SGSOC dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. En effet, cette entreprise a signé, avec le gouvernement camerounais, une convention d’établissement induisant la cession de  73.000 hectares de terres, aux fins d’exploitation des plantations de palmiers à huile.

En plus des dénonciations des Ong, ce projet a également rencontré une vive opposition des populations des sites visés. Des protestations qui avaient conduit le ministre des Forêts et de la Faune, Philip Ngole Ngwese, à suspendre temporairement les activités de SGSOC, pour non respect de la réglementation en vigueur au Cameroun.  Mais cette mesure avait été levée quelques semaines plus tard, en  mai 2013.

Brice R. Mbodiam

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15-05-2012 - Palmier à huile : l’assaut américain au Cameroun

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