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Yaoundé - 21 avril 2021 -
Agriculture

Patrice Yantho : Neo Industry est « économiquement viable (…) c’est un projet qui rend le Cameroun fier »

Patrice Yantho : Neo Industry est « économiquement viable (…) c’est un projet qui rend le Cameroun fier »

(Investir au Cameroun) - « C’est nous qui avons conduit les négociations d’achat de cette usine en Suisse, chez l’équipementier Bühler. Nous avons arrêté de travailler sur ce projet au moment des opérations de levée de fonds. Donc, nous connaissons ce projet depuis ses premières heures. Je peux donc vous dire, et je mets quiconque au défi de démontrer le contraire, que l’usine de Kekem est économiquement viable. Car, elle est le produit d’un bon projet. C’est même un projet formidable qui rend notre pays fier ». Tels sont les propos de Patrice Yantho, Conseil en investissements qui, à travers son cabinet JMJ Africa, a assuré la structuration technique de Neo Industry, l’unité de transformation de fèves de cacao que tente de démanteler pour défaut de paiement le banquier SCB Cameroun, filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank.

Dans une interview au journal Ecomatin, le CEO de JMJ Africa, qui a par ailleurs conduit tout le processus de la conception à la construction de l’usine de transformation de cacao Atlantic Cocoa, dans la zone industrielle du port en eau profonde de Kribi, s’étonne de l’empressement de SCB Cameroun à vouloir démanteler une unité de production fonctionnelle depuis à peine 2 ans, pour défaut de remboursement de ses crédits. « Les entreprises ont des cycles de vie. Durant les deux à trois premières années, baptisée “vallée de la mort”, en raison du fort taux de mortalité des entreprises, la survie est difficile et même critique. Neo Industry vient seulement de dépasser le cap de sa première année. Il est de ce point de vue compréhensible qu’elle rencontre d’énormes problèmes. Et chacun de ces problèmes est une opportunité pour améliorer son équilibre et sa performance », soutient Patrice Yantho.

Aussi, M. Yantho invite-t-il les différentes parties de ce qu’il convient désormais d’appeler « l’affaire Neo Industry » à la table des négociations, afin de sauver ce « fleuron de l’industrie nationale, qui contribue significativement à l’équilibre de la balance commerciale du pays, qui contribue à structurer l’agriculture du Cameroun, qui offre des emplois directs et indirects, et qui, de manière globale, contribue significativement à la promotion du made in Cameroon, et à l’inscription de notre pays dans l’économie mondiale », soutient-il.

Des dizaines de milliards de FCFA en jeu…

 Ceci dans la mesure où, relève le conseil en investissement, « le financement de l’investissement et de l’exploitation sont essentiels pour que le service de la dette soit honoré. L’usine Neo Industry est en phase d’exploitation, il faut que l’exploitation et la gestion honorent le service de la dette. Il faut donc se mettre autour d’une table pour se concentrer sur la production qui reste la source première du remboursement des dettes, et trouver les meilleures options pour l’entreprise et non pour le projet qui, lui, est bel et bien réalisé ».

Pour rappel, il y a quelques semaines, la filiale locale du groupe bancaire marocain Attijariwafa Bank a publié sur son site internet un avis d’appel d’offres pour le recrutement d’un expert en montage des usines, afin de démonter les équipements d’une unité agro-industrielle à Kekem, localité située dans la région de l’Ouest du Cameroun. À la lecture de cette offre de service assez particulière, pour laquelle les soumissions étaient attendues jusqu’au 27 novembre 2020, les observateurs de la scène économique ont vite compris que l’usine concernée est Neo Industry, un transformateur de cacao doté d’une capacité annuelle officielle de 32 000 tonnes, qui avait été financé à hauteur de 13 milliards de FCFA par SCB Cameroun.

Mais, de bonnes sources, au-delà de cet emprunt, le promoteur de Neo Industry serait endetté de plusieurs autres dizaines de milliards de FCFA auprès de la filiale camerounaise d’Attijariwafa Bank, et éprouve d’énormes difficultés à rembourser tous ces crédits pour lesquels la Cobac, le régulateur du secteur bancaire, impose à la SCB de faire des provisions. D’où le recouvrement forcé initié par la banque.

Brice R. Mbodiam  

Lire aussi:

23-11-2020 - Pressé par la Cobac, le banquier SCB Cameroun veut démonter l’usine du transformateur de cacao Neo Industry

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