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Yaoundé - 25 mars 2019 -
Agro-industrie

La grande distribution européenne accusée de vouloir détruire l’industrie de la banane au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana…

La grande distribution européenne accusée de vouloir détruire l’industrie de la banane au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana…

(Investir au Cameroun) - Dans une lettre ouverte publiée le 10 décembre 2018, Afruibana, regroupement des producteurs africains de bananes destiné à défendre leurs intérêts sur le marché mondial, dénonce les manœuvres des opérateurs de la grande distribution européenne visant à baisser une nouvelle fois, le prix d’achat de la banane, dès le mois de janvier 2019.               

« En demandant pour l’année 2019, une baisse supplémentaire de près de 9% du prix d’achat du carton de bananes, avec une baisse sur le prix d’achat de l’ananas qui pourrait suivre également, la grande distribution manifeste son incompréhension, trop commune dans le secteur, des chaînes de valeur fruitières et témoigne d’une forme d’indifférence aux enjeux socio-économiques des territoires mondiaux du fruit.», écrit l’association que dirige le Camerounais Joseph Owona Kono. 

Et Afruibana de poursuivre sa lettre ouverte : « en tirant en permanence les prix vers le bas, la grande distribution a le pouvoir de précipiter la destruction d’une industrie africaine pourtant créatrice de richesses et d’emplois en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Ghana et dans d’autres pays du continent. En Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Ghana, l’industrie de la banane fournit plus de 28 000 emplois directs et 50 000 emplois indirects, avec un impact considérable dans le développement des zones rurales» 

En effet, à la différence des producteurs latino-américains, abondamment subventionnés pour produire à grande échelle (ils sont eux aussi opposés à une nouvelle baisse des prix d’achat), apprend-on, la baisse continue des prix de la banane exigée par les acteurs de la grande distribution en Europe « est encore plus aigüe pour les producteurs de moindre échelle » que sont les pays africains, « dont les modèles sont plus sensibles aux variations de prix ».

« Des prix excessivement bas ne sont en aucun cas des prix justes et les citoyens comme les pouvoirs publics en sont les premiers conscients. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des parties prenantes -pouvoirs publics, entreprises de la banane, grande distribution, consommateurs- à s’asseoir autour d’une table et convenir ensemble d’un prix plus juste, plus durable et plus humain.», souligne Afruibana. 

Au Cameroun, une baisse des prix d’achat de la banane en 2019 sera un autre coup dur pour la filière banane, déjà en proie à une baisse sensible de la production, à cause des contre-performances de la Cameroon Development Corporation (CDC), le numéro 2 du marché de la banane dans le pays.

En effet, cette unité agro-industrielle publique, 2ème employeur du pays (environ 22 000 emplois) après la fonction publique, a dû fermer nombre de ses sites de production, à cause de l’insécurité créée dans les régions anglophones du Cameroun (notamment dans le Sud-Ouest où la CDC a ses plantations) par des séparatistes réclamant la partition du pays.

Brice R. Mbodiam

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