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Yaoundé - 20 juillet 2019 -
Agro-industrie

Hausse de 64 % des ventes d’huile à la Sodecoton, avec à la clé une augmentation du chiffre d’affaires de 7 milliards de FCFA en 2 ans

Hausse de 64 % des ventes d’huile à la Sodecoton, avec à la clé une augmentation du chiffre d’affaires de 7 milliards de FCFA en 2 ans

(Investir au Cameroun) - Après un déclin au cours de la dernière décennie, l’activité de production et de commercialisation des huiles végétales à la Sodecoton a repris du poil de la bête. Selon les statistiques officielles du mastodonte agro-industriel de la partie septentrionale du Cameroun, le chiffre d’affaires réalisé sur les ventes d’huile en 2018 a atteint 17,7 milliards de FCFA. Cet indicateur était de 10,7 milliards de FCFA en 2016 et 16,2 milliards de FCFA en 2017. Ce qui révèle une augmentation de 7 milliards de FCFA sur la période 2016-2018.

Grâce à cette bonne performance sur les ventes d’huile, souffle un cadre des services financiers de l’entreprise, la Sodecoton ne recourt plus aux emprunts depuis mars 2017, pour financer son fonctionnement courant. Celui-ci est assuré par les recettes sur les ventes d’huile et les tourteaux. « L’huile Diamaor [la marque fanion de l’entreprise, NDLR] ne s’est jamais aussi bien portée. Aujourd’hui, la demande du marché camerounais dépasse largement l’offre, malgré des augmentations régulières de la production », précise la même source.

Mévente des produits

Pourtant à la mi-2016, du fait de la mévente généralisée de son huile Diamaor, la Sodecoton avait encore en stock 149 000 cartons et 4 millions de litres d’huile non conditionnée, le tout pour une valeur estimée à environ 9 milliards de FCFA. « Cette huile si prisée des Camerounais a traversé ces dernières années une crise sévère, qui l’a quasiment fait disparaitre des rayons », explique un responsable de l’entreprise.

Ce dernier ajoute que « les raisons de ces mauvaises performances commerciales viennent en partie de son coût de revient élevé, mais surtout de son circuit de commercialisation qui avait fait la part belle aux “démarcheurs”. Ces intermédiaires agissaient comme interface entre la Sodecoton et les commerçants grossistes. Ils avaient la quasi-exclusivité sur le produit. Bon nombre de grossistes devaient servir une marge à ces démarcheurs pour accéder au produit. Ces frais étaient répercutés en cascade chez les semi-grossistes, détaillants et consommateurs. Ce procédé a conduit à un renchérissement significatif de cette huile et à sa sortie du marché ».

Face à cette situation désastreuse pour l’huile Diamaor, le top management de la Sodecoton a entrepris, dès l’année 2016, d’assainir le circuit de commercialisation. Pour ce faire, apprend-on, l’obtention de l’agrément pour la vente des produits des huileries a été allégée. Par ailleurs, l’entreprise a signé des contrats de performance avec les commerçants, qui reçoivent désormais des ristournes en fonction des volumes vendus. Cette réforme a conduit, en 2 ans, à une augmentation des ventes de 64 %.

Une nouvelle huilerie en gestation

À la faveur de cette embellie, apprend-on de sources autorisées, la Sodecoton a décidé d’investir dans la modernisation et l’extension de ses huileries. C’est ainsi que grâce à un crédit de 2,5 milliards de FCFA contracté auprès d’Afriland First Bank, les capacités de l’huilerie de Maroua ont été doublées. Il est également envisagé d’augmenter les capacités de l’huilerie de Garoua, à la faveur d’un crédit de 6 milliards de FCFA octroyé par la Banque arabe pour le développement économique de l’Afrique (Badea).

Au terme de ces investissements, la Sodecoton ambitionne de porter les capacités de trituration des deux huileries sus-mentionnées à 210 000 tonnes de graines de coton, contre 110 000 tonnes actuellement. À en croire nos sources, ces investissements permettront également de faire passer les capacités de production de 1,13 million de cartons d’huile en 2019, à 2,15 millions de cartons dès la fin des travaux. Une nouvelle huilerie est même en projet dans la ville de Ngaoundéré, apprend-on, dans la perspective de l’augmentation de la production cotonnière à 400 000 tonnes en 2022.

Brice R. Mbodiam

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