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Yaoundé - 28 janvier 2021 -

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Dans le cadre de la dématérialisation des marchés publics au Cameroun, le ministre en charge du secteur (Minmap), Ibrahim Talba Malla, a signé le 19 janvier dernier, un arrêté fixant les seuils et les types de marchés pouvant faire l’objet de passation électronique au titre de l’exercice 2021. On constate une baisse du seuil minimal des marchés pouvant faire l’objet de passation électronique, soit un élargissement du volume de marchés pouvant être pris en compte.

Pour les marchés routiers, ce seuil passe de 500 millions de FCFA en 2020 à 300 millions en 2021. Pour les autres infrastructures, il est 150 millions de FCFA en 2021 contre 250 millions en 2020. Pour les bâtiments et équipements collectifs, le seuil est 75 millions de FCFA en 2021, contre 100 millions l’année dernière. Dans le cadre des marchés des approvisionnements généraux, le seuil minimal est fixé à 30 millions de FCFA en 2021 contre 50 millions lors du précédent exercice. Quant aux marchés des services et prestations intellectuelles, il passe de 50 millions de FCFA précédemment à 30 millions au cours de cet exercice.

« En baissant le seuil de ces montants, cela donne à l’administration la possibilité de passer un plus grand nombre de marchés en ligne ce qui pourrait ne pas être le cas si les plafonds sont trop élevés. Sous prétexte que le seuil était fixé à 500 millions, certaines administrations trouvaient une excuse pour ne pas passer les marchés en ligne. Cette baisse des seuils devrait faire changer la donne », indique une source autorisée.

Sans les nommer, le Minmap précise que les maîtres d’ouvrage désignés pour la phase pilote de l’opérationnalisation de la plateforme de dématérialisation doivent passer au moins 36% de leurs projets par voie électronique.

Le processus de passation des marchés par voie électronique se fait à travers la plateforme de dématérialisation « Cameroon Online E-procurement System » (Coleps). L’implémentation de Coleps est financée par la Corée du Sud, à hauteur de 3 milliards FCFA.

L’objectif final est de réduire la corruption dans le secteur des marchés publics au Cameroun. Car bien souvent, c’est le contact entre les prestataires et les fonctionnaires qui favorisent certaines collusions. À preuve, dans son rapport présenté fin 2018, la Commission nationale anticorruption (Conac) a indiqué que le ministère des Marchés publics était perçu comme l’administration la plus corrompue du pays.

Sylvain Andzongo

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A l’occasion d’une signature de convention relative au développement de la région du lac Tchad, le ministre en charge de l’Économie (Minepat) a fait le point, ce 27 janvier à Yaoundé, de la coopération économique avec la Banque mondiale en 2021. « Le volume du portefeuille de projets s’élève de nos jours à environ 1583,2 millions de dollars américains soit près de 950 milliards de FCFA pour 14 projets actifs », a déclaré Alamine Ousmane Mey.

Ces engagements, explique le Minepat, sont majoritairement des prêts concessionnels (66%) mobilisés auprès du guichet Association internationale de développement (IDA), branche de la banque dédiée aux pays les plus pauvres, contre 32% auprès du guichet Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), guichet non concessionnel du groupe de la Banque mondiale. Le reste (2%) est constitué de dons.

Toujours selon le membre du gouvernement, au surplus des financements apportés pour la réalisation de projets de développement, il y a lieu de mentionner que la Banque mondiale a déjà mobilisé, sous forme d’appui budgétaire, des financements d’un montant global de 400 millions de dollars soit plus de 200 milliards de FCFA. « Ces importantes ressources au bénéfice du Trésor public camerounais accompagnent la mise en œuvre des réformes structurantes dans les sous-secteurs des finances publiques, de l’énergie, de l’éducation, de la santé, des infrastructures et des marchés publics », se félicite Alamine Ousmane Mey.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), un prêt est dit concessionnel si son élément don (rapport exprimé en pourcentage, de l’écart entre la valeur initiale et la valeur actualisée du prêt, divisé par la valeur initiale du prêt) est supérieur ou égal à 35%. Ce type de prêt est encouragé par le FMI, car jugé moins onéreux ; mais regardé avec méfiance par les souverainistes du fait des conditionnalités qui l’accompagnent.

S.A.

Selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), les charges de personnels du Parc national du matériel du génie-civil (Matgénie) sont asphyxiantes. Dans le détail, apprend-on, au cours de l’année 2019, ces charges « absorbent 89,95% du chiffre d’affaires » de cette entreprise publique spécialisée dans le BTP.

« Cette situation pourrait constituer à terme un risque budgétaire pour l’Etat, si la tendance n’est pas inversée », croit savoir la CTR, qui relève par ailleurs que « la paix sociale est menacée (au sein de cette entreprise, NDLR), en raison du paiement irrégulier des salaires, ainsi que le règlement des prestations sociales ».

En effet, faute de trésorerie, cette société d’Etat ne parvient même pas à exécuter ses contrats. A en croire le rapport de la CTR, en 2019, le Matgénie a gagné des contrats de prestation pour un montant de 12,4 milliards de FCFA. Mais, elle n’a pu réaliser « des travaux facturables qu’à hauteur de 1,3 milliard de FCFA, soit un taux de réalisation de 11% ».

En panne d’équipements, l’entreprise est cependant en passe d’acquérir plus de 600 engins, à la faveur d’un partenariat scellé début 2019 avec la société belge DEM Group, pour un montant de 157 milliards de FCFA. Ces acquisitions, si elles se concrétisent, devraient permettre au Matgénie de véritablement décoller sur le marché du BTP au Cameroun, grâce notamment à des partenariats qui lie cette entreprise aux communes pour l’entretien des routes.

BRM

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« Nos services Blue ont fait l’objet d’un enthousiasme certain depuis leur dévoilement, et nous voulons rassurer le public de ce que nous travaillons permanemment pour satisfaire nos clients victimes de quelques désagréments techniques ». C’est le message diffusé le 26 janvier par Camtel.

L’opérateur public des télécoms ajoute à l’intention des usagers : « Blue est la marque du réseau mobile de Camtel et les puces destinées à son utilisation sont exclusivement réservées aux téléphones mobiles compatibles avec les technologies 3G/4G. Elles ne doivent en aucun cas être utilisées sur les modems et autres clés internet y compris ceux de Camtel ».

Cette sortie de Camtel se situe dans un contexte son réseau mobile « Blue » a manqué son lancement le 13 janvier dernier. Le ministre des Postes Télécommunications, Libom Li Likeng, s’était en effet opposé à cette opération pour « insuffisances règlementaires notoires ».

Néanmoins, Camtel croit savoir que ses offres changeront la façon de voir les services de télécommunications au Cameroun. Mais l’on ignore jusqu’ici quand il sera lancé. Dans ce nouveau marché, l’opérateur historique des télécoms devra batailler avec trois concurrents, par ailleurs plus expérimentés. Il s’agit de MTN, le leader du marché depuis plus de 20 ans ; Orange, le numéro 2 ; et Nexttel, le 3e opérateur.

S.A.

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Dès cette année 2021, le gouvernement camerounais entend mettre en œuvre des actions visant à réduire les coûts des travaux routiers dans le pays, a-t-on appris au terme de la conférence annuelle des responsables des services centraux et extérieurs du ministère des Travaux publics.

Parmi les mesures devant permettre d’atteindre cet objectif, le chef de ce département ministériel, Emmanuel Nganou Djoumessi, préconise le recours, autant que faire se peut, aux matériaux locaux disponibles, et surtout au bordereau des coûts unitaires élaboré par son département ministériel, en lieu et place du prix moyen pratiqué, souligne le Quotidien gouvernemental.

De plus, précise ce membre du gouvernement, « nous n’avons pas besoin de faire une structure de chaussée pour un trafic lourd en 2021, alors que nous avons des études qui parlent d’un trafic moyen ou léger. Le trafic pourra être lourd, mais l’investissement progressif… ».

Pour rappel, depuis plusieurs années, le Cameroun a la réputation d’avoir les routes parmi les plus chères en Afrique. Pour preuve, en 2013, au cours d’une réunion des points focaux du Conseil national de la route (Conaroute), il avait été révélé que le prix moyen du kilomètre de route bitumée au Cameroun est estimé à environ 205 millions de FCFA, contre une moyenne africaine de 100 millions de FCFA. Et dans un rapport publié en 2018, la Banque mondiale, estime également que certaines infrastructures routières du Cameroun sont 2 à 6 fois plus coûteuses que des projets africains de même acabit.

Afin d’infléchir cette courbe, le gouvernement camerounais avait annoncé la construction de quatre centrales de concassage à 10 milliards de FCFA, à l’effet d’obtenir des granulats à moindre coût. En effet, apprend-on, au Cameroun les granulats représentent souvent jusqu’à 25% du coût de construction d’une route.

Au demeurant, ce projet, dont les autorités n’ont plus beaucoup parlé ces dernières années, n’a visiblement pas réussi à réduire le coût des constructions des routes dans le pays. Mais, avec le démantèlement tarifaire progressif dans le cadre des APE avec l’Union européenne, le bitume importé, l’autre matériau rendant les routes chères, selon les experts, bénéficie désormais d’importants abattements tarifaires à la douane. Ce qui, couplé aux actions annoncées par le gouvernement, devrait logiquement induire un fléchissement de la courbe du prix du kilomètre de route bitumée.

BRM  

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« Camtel ne parvient pas à relever ses parts de marchés (moins de 3%) dans un environnement où le nombre d’abonnés au service de téléphonie (mobile ou fixe) est passé de moins 150 000 à plus de 12 millions (plus de 19 millions selon le régulateur des télécoms, NDLR) ». C’est le constat que fait la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), dans son rapport 2019 sur les entreprises publiques camerounaises qui vient d’être rendu public. 

À en croire cet organe spécialisé du ministère des Finances, malgré le monopole qu’il détient depuis des années sur le téléphone fixe, l’opérateur historique des télécoms au Cameroun peine à prendre ses marques dans le secteur de la téléphonie. 

De ce point de vue, sans en détailler les raisons, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) révèle d’ailleurs dans « l’observatoire annuel du marché des communications électroniques » de l’année 2018 que « le parc filaire classique de Camtel connait une baisse notable de 39,43% par rapport à son niveau de l’année 2017 ». 

Ce désintérêt des consommateurs pour le réseau fixe de l’opérateur historique peut s’expliquer aussi bien par la percée de la téléphonie mobile (plus de 80% de taux de pénétration), que la qualité de service de Camtel, que la CTR met d’ailleurs à l’index dans son rapport 2019 sur les entreprises publiques. 

Hausse du résultat net

Mais, en dépit de ce manque de dynamisme sur la téléphonie pure, Camtel continue de réaliser des bénéfices. Selon les chiffres de la CTR, cette société d’État a affiché un résultat net de 4,6 milliards de FCFA en 2017, lequel indicateur a progressé à 5,1 milliards de FCFA au cours de l’année 2018. Cela est certainement le fait des autres services qu’offre l’opérateur public grâce notamment à son monopole sur l’infrastructure de transport (12 000 km de fibre optique, l’ADSL, quatre points d’atterrissement des câbles sous-marins et deux téléports vers les réseaux satellites).

Cette situation permet à Camtel de contrôler 18,43% de parts du marché global des communications électroniques. Il devance juste Nexttel, dernier venu dans le secteur (10,71%). Orange (chiffre d’affaires d’Orange Money inclus) et MTN (chiffre d’affaires de sa filiale Mobile Money exclu) sont au coude à coude avec respectivement 35,61 et 35,25% de parts de marché.

Avec l’obtention, en mars 2020, de trois licences pour l’exploitation d’un réseau de transport des communications électroniques, des réseaux de communications fixes (licence en régularisation) et des réseaux mobiles avec déploiement de la 4G, Camtel devrait se repositionner sur le marché de la téléphonie dans au Cameroun. 

Mais, le lancement du réseau mobile de cet opérateur se heurte d’ores et déjà à quelques difficultés, derrière lesquelles la directrice générale de cette entreprise à capitaux publics, elle, n’hésite pas à voir la main de ses futurs concurrents déjà bien installés sur le marché du mobile. 

Brice R. Mbodiam  

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À la fin du mois de janvier courant, Eneo et le gouvernement camerounais achèveront d’installer à Ngaoundéré, dans la partie septentrionale du Cameroun, des équipements pour la production de 8 MW d’énergie électrique. Mais, 12 MW sont d’ores et déjà installés à Djamboutou, dans la ville de Garoua.

De bonnes sources, ces capacités supplémentaires sont prioritairement mises à la disposition de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry), afin de faciliter l’irrigation des rizières et ainsi préserver la production de riz (entre 80 000 et 100 000 tonnes par an) de cette entreprise agro-industrielle publique.

Pour rappel, les 12 MW disponibles à Djamboutou et les 8 MW en cours d’installation à Ngaoundéré font partie des 20 MW de la centrale d’Ahala, banlieue de la capitale camerounaise, que le gouvernement a décidé, en décembre 2020, de transférer vers la partie septentrionale du pays. Depuis plus de deux mois, les populations et les entreprises du Septentrion font en effet face à un déficit énergétique, qui plombe leurs activités.

Officiellement, les délestages devenus la tasse de thé quotidienne des populations et entreprises des régions septentrionales sont le fait de la faible pluviométrie, qui a réduit à 48% le taux de remplissage du barrage de Lagdo, unique infrastructure énergétique d’envergure permettant d’alimenter en électricité les trois régions septentrionales du pays.

BRM

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Au cours de l’année 2019, le Parc national du matériel du génie civil (Matgénie), devenu en 2015 une entreprise publique chargée de la réalisation des prestations dans le secteur du BTP, a gagné des contrats de prestation pour un montant de 12,4 milliards de FCFA. Mais, souligne la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), dans son rapport sur les entreprises publiques en 2019, cette société d’État n’a pu réaliser « des travaux facturables qu’à hauteur de 1,3 milliard de FCFA, soit un taux de réalisation de 11% ».

« Le déploiement marketing impulsé au sein de la société depuis 2018 lui a permis d’avoir un portefeuille important de commandes, qui n’arrivent pas à être exécutées en raison des difficultés de trésorerie. On peut citer des contrats de travaux d’entretien des infrastructures routières avec diverses administrations et des privés pour un montant de 15,7 milliards de FCFA, en tant que prestataire ou maître d’ouvrage dans le domaine du génie civil (81%) et des études (19%) », explique la CTR.

C’est que la situation de cette entreprise, jadis uniquement dédiée à la location des engins du génie civil, n’est pas très reluisante depuis de nombreuses années. À en croire les chiffres de la CTR, la trésorerie nette du Matgénie s’est considérablement dégradée entre 2017 et 2019, passant respectivement de -276,4 millions de FCFA en 2017, à -1,6 milliard de FCFA en 2018, pour finalement s’établir à -1,2 milliard de FCFA fin 2019.

Plus globalement, cette entreprise, qui affiche une perte sèche d’un peu plus de 3 milliards de FCFA en 2019 (contre -2,6 milliards de FCFA et -1,3 milliard de FCFA, respectivement en 2017 et 2018), se caractérise par un « déséquilibre d’exploitation et financier, du fait d’une accumulation des dettes fournisseurs (2,7 milliards de FCFA en 2019), fiscales (3,8 milliards de FCFA) et sociales (3,2 milliards de FCFA), mais aussi des charges de fonctionnement importantes », analyse la CTR.

Brice R. Mbodiam

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Dans une interview parue ce 26 janvier dans le quotidien à capitaux publics, Cameroon tribune, Adoum Abagana, directeur de l’usine Cicam (la Cotonnière industrielle du Cameroun) de Garoua, dans le septentrion, annonce que la production du pagne du 8 mars, étoffe très prisée par la gent féminine à l’occasion de la Journée internationale de la femme, est « compromise ». C’est aussi ce pagne qui fait le principal chiffre d’affaires de l’entreprise, selon ses responsables.

« La Cicam a un endettement vis-à-vis de la Sodecoton, notre principal fournisseur qui arrêté de nous fournir la matière première depuis novembre dernier. Cette dette s’élevait sensiblement à un milliard 300 millions. La Cicam a pu payer 200 millions. La dette restante est de 1,070 milliard de F par là. Cet arrêt a une grande incidence sur la campagne du 08 mars par exemple. Nous avons besoin de quatre millions et demi de mètres linéaires de pagne pour le 8 mars. En ce moment, nous n’en disposons que de deux millions. Nous faisons principalement notre chiffre d’affaires sur le 8 mars et le 1er mai. En 2020 déjà, l’année avait été difficile à cause des mêmes soucis avec la Sodecoton. La Covid-19 est aussi venue s’ajouter », expliquer Adoum Abagana.

Le responsable explique que la trésorerie de la Cicam est tendue. Et que l’entreprise comptait la renflouer un peu avec les campagnes du 8 mars et du 1er mai 2021. « Nous espérons qu’une solution sera trouvée dans les prochains jours, sinon nous allons enchaîner avec deux mauvaises campagnes encore, à savoir le 8 mars et le 1er mai. Ce qui va compliquer davantage notre trésorerie », ajoute-t-il.

Situation critique

La situation de la Cicam ne surprend pas. En effet, selon le rapport 2020 de la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques et parapubliques (CTR), l’outil de production de la Cicam s’est fortement déprécié avec le temps. Bien plus, l’absence d’un plan de renouvellement progressif a conduit l’entreprise à supporter de lourdes charges de maintenance d’une part, et d’importants coûts liés à sa faible activité d’autre part.

Au 31 décembre 2019, le chiffre d’affaires de l’entreprise est de 10,044 milliards contre 13,265 milliards de FCFA en 2018, soit une baisse de 3,221 milliards (-24,2%). La Cicam a néanmoins réussi à baisser ses charges. Elles sont passées de 18,589 milliards en 2018 à 14,573 milliards en 2019 (-21,6%).

« Ce faible résultat s’explique par l’absence de nouveaux produits et la chute des ventes qui génère des tensions de trésorerie et, par conséquent, des difficultés d’approvisionnement des usines en pièces de rechange et en matières premières. Les capitaux propres passent de -3 063 millions en 2018 à -4 601 millions en 2019, soit une dégradation de 1 538 millions, résultant du bénéfice net de l’exercice (- 4 526 millions) », révèle la CTR.

Concurrence

La Cicam essaie tout de même de garder la tête hors de l’eau. En effet, dans le cadre du contrat-plan de 13,2 milliards de FCFA, signé depuis 2015 entre l’État et la Cicam, de nouveaux équipements ont été acquis par cette industrie du textile, la seule encore activité dans la Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad). Il s’agit, renseigne la Cicam, de 24 nouveaux métiers à tisser, un ourdissoir, une Jiggers, une Flash Ager et une encolleuse. Ce qui, selon l’entreprise, augurait de meilleurs résultats en 2021.

Mais l’entreprise peine à atteindre un volume de vente de 8 millions de mètres linéaires de tissu par an, ambitions qu’elle s’était fixées. Elle continue en effet de réaliser des méventes sur un marché dominé à 88% par le pagne d’origine chinoise et à 6% par le pagne d’origine ouest-africaine.

Espoirs

Cependant, le directeur de l’unité de Garoua garde espoir. « La Cicam a un gros potentiel. Elle a besoin de l’accompagnement de l’État et des consommateurs parce qu’elle fait face à une concurrence féroce. C’est l’une des rares entreprises camerounaises qui transforme la matière première produite localement. Elle possède un savoir-faire qui remonte à plusieurs années. Grâce aux efforts fournis par notre direction générale, elle a acquis de nouvelles machines qui devraient éviter l’importation du tissu », déclare-t-il.

Sylvain Andzongo

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Le réseau de distributeurs automatiques de billets de banque de la filiale au Cameroun du groupe bancaire français Société Générale atteint 122 unités, apprend-on officiellement. Selon la banque, son réseau représente, à lui tout seul, « plus du quart des distributeurs présents au Cameroun ».

Calculette en main, les 15 banques commerciales en activité dans le pays ont installé environ 500 distributeurs automatiques de billets sur l’ensemble du territoire, soit une moyenne d’une trentaine de distributeurs par établissement de crédit. Dans le même temps, au Kenya, souligne un rapport de la Banque centrale, le nombre de guichets automatiques de billets (GAB) de banque était de 2409 à la fin du mois d’octobre 2020.

Au regard de cet exemple, le Cameroun apparaît plutôt comme un nain en ce qui concerne ces équipements bancaires de proximité. Mais, cette situation peut s’expliquer par le fait qu’au Cameroun, les distributeurs de billets sont concentrés dans les grandes métropoles, notamment Douala et Yaoundé, où les banques disposent généralement de plusieurs agences.

Au demeurant, dans les années à venir, à la faveur de la digitalisation des services bancaires et de la stratégie de proximité adoptée par les établissements de crédit, le nombre de distributeurs devrait exploser. En effet, de plus en plus, des banques ferment leurs agences dans certaines localités et certains quartiers, pour les remplacer uniquement par des distributeurs automatiques de billets.

BRM

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