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Yaoundé - 13 juin 2021 -
Economie

Les administrateurs de la Cicam interdisent les importations d’écrus pour doper la transformation locale du coton

Les administrateurs de la Cicam interdisent les importations d’écrus pour doper la transformation locale du coton

(Investir au Cameroun) - En janvier 2021, au sortir d’un Conseil d’administration de la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam), les administrateurs de cette entreprise publique ont pris la résolution d’interdire les importations d’écrus (tissus non imprimés), tant que l’usine de la Cicam de Garoua, dans la partie septentrionale du pays, sera en capacité de livrer ces produits semi-finis issus de la transformation du coton, et destinés à ravitailler l’usine de production des pagnes de la Cicam basée à Douala, la capitale économique camerounaise. Mieux, apprend-on de sources internes à l’entreprise, le Conseil d’administration soumet désormais à son approbation, toute importation des écrus envisagée par le top management du mastodonte de l’industrie du textile dans la zone Cemac, y compris en cas de difficultés de production à l’usine de Garoua.

Cette résolution met en orbite l’usine de la Cicam de Garoua, qui souffle malheureusement le chaud et le froid. Ceci, à cause non seulement de l’accumulation des impayées auprès de la Sodecoton, son pourvoyeur de matière première (coton), qui de ce fait suspend régulièrement ses livraisons ; mais aussi de la réduction des capacités des équipements, en raison du manque des pièces de rechange et d’une maintenance approximative. À titre d’exemple, d’ici le 10 mai 2021, cette usine qui ne tourne qu’à 50% de ses capacités devrait à nouveau être à l’arrêt, à cause de la suspension des livraisons de matière première depuis bientôt un mois, du fait des impayés d’au moins 1,3 milliard de FCFA réclamés par la Sodecoton.

À en croire les acteurs de la filière textile, l’interdiction des importations des écrus devrait inciter les dirigeants de la Cicam à se préoccuper un peu plus du sort et de la compétitivité de l’usine de Garoua, et de réaliser des économies substantielles sur les importations d’écrus jugées bien plus onéreuses. « En un mois, l’usine de Garoua produit 650 000 mètres d’écrus, avec 200 tonnes de coton qui coûte environ 200 millions de FCFA. Mathématiquement, en trois mois, Garoua pourrait produire les 1,9 million de mètres d’écrus importés. Ces importations coûtent environ 1,1 milliard de FCFA à l’entreprise. Si on avait produit ces écrus à Garoua, l’entreprise aurait dépensé seulement 600 millions de FCFA pour la matière première, et les 500 millions restants auraient pu permettre d’assurer les charges de production et d’acheter les pièces de rechange, dont a grand besoin l’usine de Garoua », analyse une source interne à la Cicam.

Bien plus, la décision prise par les administrateurs de la Cicam trace le sillon de l’implémentation de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) du gouvernement camerounais. Elle prévoit « un rapprochement stratégique entre la Cicam et la Sodecoton », à l’effet de mettre en place une industrie du textile robuste. Cette vision s’articule autour de l’augmentation de la production cotonnière à 600 000 tonnes/an à l’horizon 2025 ; la transformation industrielle de la fibre locale pour atteindre un taux minimum de 50% à l’horizon 2030 ; et le développement d’une industrie de fabrication et de confection des tenues, notamment de sport (maillot, survêtement, basket, etc.), capable de satisfaire au moins 50% de la demande nationale et fournir les grands corps de l’État (militaires, policiers et civils) en tenues et équipements vestimentaires incorporant au moins 60% du coton camerounais.

Brice R. Mbodiam  

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