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Yaoundé - 18 avril 2021 -
Economie

Après deux ans d'activités, la Société métropolitaine d’investissements de Douala au bord de la faillite (CUD)

Après deux ans d'activités, la Société métropolitaine d’investissements de Douala au bord de la faillite (CUD)

(Investir au Cameroun) - La Société métropolitaine d’investissements de Douala (SMID) serait au bord de la faillite. C’est en tout cas ce que révèle ce jour, par voie de presse, le conseil de la Communauté urbaine de Douala (CUD) qui a siégé le 31 mars dernier, pour examiner le compte administratif de l’exercice clos au 31 décembre 2020.

Le conseil déclare « avoir pris connaissance de la situation qui prévaut à la Société métropolitaine d’investissement dont les informations financières disponibles font été d’un résultat d’exploitation déficitaire après plus de deux ans d’activités, d’investissements à l’arrêt et sans perspective de reprise, d’une trésorerie inexistante, ainsi que des charges de fonctionnement disproportionnées, toutes qui ont absorbé la totalité du capital social initial et compromettent la continuité de l’exploitation de cette société ».

Le conseil de communauté « enjoint le maire de la ville de Douala de défendre sans concession dans le cadre des procédures judiciaires en cours, d’une part, les intérêts de la ville de Douala dont l’engagement financier direct s’élève à environ 2,5 milliards de FCFA, et d’autre part, ceux des petits souscripteurs qui avaient été convaincus par l’engagement de la Communauté urbaine de Douala dans ce projet, et qui se retrouvent aujourd’hui sans perspective de retour sur investissements ».

La situation de la SMID est inquiétante, car, en fond se joue une guerre entre deux camps. En effet, Roger Mbassa Ndine, le maire de la ville de Douala depuis 2020 réclame à ce titre la présidence du conseil d’administration de la structure créée en 2018 pour servir de véhicule d’investissements de la ville. Pour le nouveau maire, le poste de PCA devrait naturellement lui revenir étant donné qu’il est le nouveau magistrat de la ville de Douala. Sauf que, Fritz Ntonè Ntonè, ancien délégué du gouvernement (ancienne appellation du maire de la ville) auprès de la Communauté urbaine de Douala (CUD), trône toujours comme président du conseil d’administration. Une situation que conteste M. Mbassa Ndine.

Projets en ballotage défavorable 

Cette situation financière catastrophique déclarée par le conseil de communauté met clairement à l’index la gestion du temps Fritz Ntonè Ntonè, car c’est lui qui est à la création de la SMID et même au début des activités de la société. Il n’est donc pas exclu que ce dernier réagisse pour se défendre.

En attendant la réaction du camp Ntonè Ntonè, les desseins visés par la SMID semblent désormais voués à l’échec. Créée en 2018, cette société a réussi à mobiliser 5,4 milliards de FCFA sur les 10 milliards sollicités pour constituer son capital social. L’objectif final de la Smid était de mobiliser à terme 1400 milliards FCFA afin de construire certaines infrastructures telles que le « Centre international des conférences de Douala » (12,4 milliards FCFA), la « gare routière multimodale de Bonabéri » (1,9 milliard), la « Forêt urbaine » située dans la vallée de la Bessékè (2,29 milliards), le « parc des expositions de Douala » pour un coût estimatif de 8,5 milliards FCFA, etc. Avec la situation actuelle, ces projets deviennent incertains.

Les actions constituant le capital social de la SMID ont été divisées en quatre catégories d’égale valeur. Les « actions de catégorie A » sont détenues par la Communauté urbaine de Douala et les communes d’arrondissement, à concurrence de 23%. Les « actions de catégorie B » sont détenues par les entreprises des secteurs public et parapublic, dont : le Port autonome de Douala, la Société Immobilière du Cameroun, à hauteur de 10%.

Les « actions de catégorie C » sont détenues par les entreprises du secteur privé à hauteur de 20%. Les actions de catégorie D sont détenues par les personnes physiques à concurrence de 4,7%, étant entendu qu’aucune personne physique ne pouvait détenir individuellement plus de 5 % du capital social.

Sylvain Andzongo

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