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Yaoundé - 27 février 2024 -
Economie

Leonel Kadji Fongang (Helogan Sarl) : « On ne doit pas baisser les bras et laisser notre pays entre les mains des autres »

Leonel Kadji Fongang (Helogan Sarl) : « On ne doit pas baisser les bras et laisser notre pays entre les mains des autres »

(Investir au Cameroun) - Promoteur de Helogan Sarl, une PME spécialisée dans la transformation des produits locaux (frites de plantain, pop-corn, précuits de haricots, arachides…) depuis cinq ans, ce jeune entrepreneur de 31 ans emploie aujourd’hui 19 personnes. Il se prononce sur le climat des affaires, ses défis et ses perspectives à la veille de la 58e édition de la fête de la jeunesse.

Investir au Cameroun : « Jeunesse, import-substitution et patriotisme économique pour le progrès du Cameroun » est le thème de la 58e édition de la fête de la jeunesse. Que pensez-vous de ce thème ?

Leonel Kadji Fongang : L’import-substitution devrait en réalité corriger le problème de notre jeune économie et permettre aux entrepreneurs d’être compétitifs sur le marché. Mais il y a un fossé entre le discours gouvernemental et la réalité parce qu’on fait toujours face aux mêmes produits importés et à une concurrence déloyale. Pour qu’il y ait un vrai impact de l’import-substitution, il faudrait que le Cameroun réduise ses importations et accorde des allègements fiscaux aux entrepreneurs pour importer massivement des équipements en vue de produire localement à grande échelle. Or la pression fiscale est toujours forte, tout comme les importations des produits de consommation notamment. D’où l’inefficacité actuelle de cette politique.

IC : Comment percevez-vous le climat des affaires et quels sont vos défis ?

LKF : On aurait souhaité mieux. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que le climat des affaires est rude. Notre objectif est de produire et transformer localement pour créer de la valeur ajoutée à nos produits locaux, tout en créant de l’emploi. Sauf que c’est compliqué pour la jeunesse de s’insérer parce qu’il y a trop de défis à relever. Le premier défi qui pèse énormément sur les jeunes entrepreneurs est celui de l’énergie électrique. Nous sommes dans un environnement où les sources d’énergie sont rares et chères. Quand vous êtes privés de l’électricité, vous êtes obligés de recourir au gasoil qui a connu deux hausses en l’espace d’un an. Conséquence, les coûts de production sont élevés et vos produits ne sont pas compétitifs par rapport aux autres qui travaillent dans un environnement où l’énergie est en permanence et à bas prix.

En plus de l’énergie, il y a la pression fiscale et le manque du soutien de l’État. Lorsque vous avez livré à des partenaires qui ont des difficultés à vous payer, l’État n’intervient pas pour faciliter le paiement, il n’y a pas de fonds de garantie pour avoir accès au financement. À cela, il faut ajouter l’insécurité foncière, car même si vous avez un titre foncier, vous n’avez pas de garantie parce que ce dernier peut être spolié du jour au lendemain. Cela crée une incertitude permanente qui ne permet pas d’investir sur le long terme parce qu’on n’est jamais sûr de rien.

IC : Comment comptez-vous tenir et quelles sont vos perspectives ?

LKF : Pour entreprendre, il faut d’abord avoir de l’amour pour le pays. On aime le Cameroun et on se dit qu’à un moment donné, les choses vont changer. Nous continuons d’écrire à l’administration pour leur présenter nos difficultés. On continue parce qu’on se dit qu’on ne doit pas baisser les bras et laisser notre pays entre les mains des autres. Nous qui entreprenons avec les moyens du bord sommes confrontés sur le marché aux entreprises qui ont 200 ans d’existence dans des environnements où elles sont accompagnées par leurs gouvernements. Sauf que nous avons le même public qui exige des produits de qualité. Tout ce que nous faisons, c’est de tenter d’exister parce qu’entreprendre est un acte de résistance. À un moment donné, on veut se prendre en charge, mettre sa famille à l’abri du petit besoin et répondre à l’appel du pays qui veut que ses fils mettent la main dans la patte pour que les choses bougent.

IC : Que faut-il faire pour améliorer la situation ?

LKF : Il faut tout repenser et entrevoir un développement coordonné dans tous les secteurs d’activités. Le problème de l’entrepreneuriat n’est pas isolé des autres problèmes du pays. L’État a le devoir de créer un cadre favorable à l’entrepreneuriat pour créer la richesse et l’emploi.

Interview réalisée par Frédéric Nonos

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