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Yaoundé - 23 octobre 2021 -
Economie

Relance post-Covid : malgré des fragilités persistantes, le Cameroun est sur la bonne voie, selon S&P Global Ratings

Relance post-Covid : malgré des fragilités persistantes, le Cameroun est sur la bonne voie, selon S&P Global Ratings

(Investir au Cameroun) - Dans sa notation sur le Cameroun du 8 octobre 2021, S&P Global Ratings estime que le Cameroun est sur la bonne voie en termes de croissance économique, rapporte l’Agence Ecofin. « Les perspectives économiques post-pandémie semblent solides : la production de gaz naturel et les nouveaux projets miniers devraient soutenir les industries extractives. Dans le même temps, les services devraient continuer d’être un facteur de croissance important, dans le sillage du développement des technologies de l’information et de la communication et des services financiers », note l’agence de notation américaine, cité par l’agence d’information économique africaine.

Le Produit intérieur brut nominal, un indicateur qui mesure la production de valeur ajoutée sans tenir compte de la hausse des prix sur le marché (inflation), est espéré en 2024 à 30 116 milliards FCFA. Cela représente une hausse plus 28% de plus que celui de 2020 (23 487) milliards). Dans cette logique, le PIB moyen par habitant, en 2024, devrait dépasser les 1,02 million de FCFA contre 859 280 en 2020. En théorie, cela signifie que l’ensemble des Camerounais devrait connaître une croissance moyenne de revenu de 160 720 FCFA d’ici 2024.

Le Cameroun devrait aussi profiter d’une meilleure gestion des finances publiques, surtout dans le cadre de la mise en œuvre des réformes qu’impose le nouveau programme triennal avec le Fonds monétaire international. Dans ses projections budgétaires à moyen terme, il est prévu que soit dépensés chaque année 1400 milliards de FCFA de ressources en investissement public jusqu’en 2024, auxquels s’ajoutent les 140 milliards de FCFA annuels prévus pour le plan spécial de relance post-covid.

Fragilités

La bonne exécution du budget sera soutenue par la reconfiguration de la dette extérieure. En finançant près 80% de son eurobond initial avec un nouvel emprunt, le Cameroun fait passer le total des intérêts à payer sur sa dette extérieure, de 3% du PIB à seulement 1%, sur la période 2023 à 2025. Ce levier lui permettra de réduire son déficit budgétaire et de se donner les moyens de recourir plus facilement au marché de la dette pour le financement de nouveaux projets.

Ces bonnes perspectives masquent toutefois quelques fragilités, qui devraient guider les prises de décision des investisseurs. Déjà, les exportations du Cameroun reposent encore sur 5 principales matières premières, dont le gaz et le pétrole qui représentent 50% des revenus en devises. Une conjoncture défavorable sur les prix de ces deux matières serait de nature à bousculer l’équilibre budgétaire du pays. Aussi, avec une croissance tirée par les services, la possibilité d’atteindre une amélioration vraiment inclusive est assez faible.

Les services au Cameroun reposent encore sur un portefeuille d’entreprises étrangères ou des produits importés, qui ne permettent pas une redistribution des gains au sein d’une chaîne de valeur locale large, mais profitent aux pays où sont fabriqués où conçus les biens et services proposés sur le marché local. Dans le même sillage, la fiscalité continuera d’aider à la mobilisation des ressources en valeur absolue, mais on ne dépassera pas les 15% du PIB, contre une moyenne de 18% pour les pays d’Afrique subsaharienne, selon le FMI.

Incertitude politique et crises sécuritaires

Le défi majeur au Cameroun demeure l’incertitude politique et les crises sécuritaires. Le pays a parachevé la mise en place des institutions de transmission du pouvoir avec l’existence d’un Sénat, d’une Cour constitutionnelle et de Conseils régionaux. Mais les divergences entre les groupes sociaux, tant sur le plan culturel que professionnel (notamment entre secteurs public et privé), constituent un risque permanent de tensions sociales si l’ordre institutionnel actuel venait à se rompre.

Sur le plan sécuritaire, la crise dite anglophone dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays et la lutte contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord sont à l’origine d’importantes dépenses sécuritaires, qui auraient pu être affectées au profit du développement économique et social.

Bien que toujours déficitaire, le gouvernement a soutenu la Cameroon Development Corporation (CDC), qui est le plus important employeur au Cameroun après l’État. L’entreprise prévoit d’ailleurs de relancer l’ensemble de ses activités.

Enfin, le secteur privé continue de se relever d’une pandémie de Covid-19, pour laquelle il a reçu un soutien marginal du gouvernement. Il doit continuer de prendre des risques dans les zones en crise et faire en même temps face à une fiscalité rigide, alors que le gouvernement continue avec des dépenses fiscales onéreuses (plus de 400 milliards de FCFA en 2019), qui se sont avérées pourtant inefficaces, selon la direction générale des impôts.

Ainsi, la bonne nouvelle pour le Cameroun, c’est que ces projections restent stables sur le court terme. Mais d’un autre côté, le Cameroun continuera d’être perçu par les analystes internationaux comme un pays spéculatif, avec un niveau de revenus assez faibles et des difficultés à mettre en place un système économique avec une production plus dynamique et surtout plus inclusive.

Idriss Linge

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