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Yaoundé - 18 avril 2021 -
Economie

Si rien n’est fait, le Cameroun va perdre 655 milliards de FCFA mis à disposition par la Banque mondiale

Si rien n’est fait, le Cameroun va perdre 655 milliards de FCFA mis à disposition par la Banque mondiale

(Investir au Cameroun) - Le taux de décaissement cumulé des financements accordé par la Banque mondiale au Cameroun est seulement de 30%, a-t-on appris lors du lancement le 24 mars à Yaoundé de la revue annuelle conjointe du portefeuille des projets de l’institution de Bretton Woods. En plus, le taux de décaissement annuel est passé de 21,4% en 2017 à 7,4% en 2020, soit une baisse de 14 points.

« Ce faible taux est révélateur de la performance globale modérément satisfaisante du portefeuille des opérations nationales et des difficultés de mise en œuvre », a indiqué le ministre en charge de l’Économie (Minepat), Alamine Ousmane Mey, qui coprésidé l’évènement avec le directeur des opérations de la Banque mondiale au Cameroun, Abdoulaye Seck. « En ce qui concerne le solde des engagements non décaissés, il s’élève à environ 655,3 milliards de FCFA qu’il faudrait décaisser au cours des deux prochaines années afin d’éviter que ces ressources ne deviennent forcloses », a ajouté le ministre.

« À titre illustratif, le projet d’urgence de réponse à la Covid-19, approuvé en septembre 2020, n’est pas encore en vigueur alors qu’il doit être clôturé en septembre 2022 », a déclaré Abdoulaye Seck. On peut aussi citer le projet de remise à niveau des réseaux de transport et réforme, conduit par le transporteur public de l’électricité Sonatrel. Ce projet financé par un prêt de 191 milliards de FCFA auprès du Bird, guichet non concessionnel de la Banque mondiale, affichait un taux de décaissement de 4,8% à fin septembre 2020, alors qu’il doit être clôturé en 2022.

Causes de la contreperformance

Pour la Banque mondiale, les raisons de cette contreperformance sont de divers ordres (institutionnel, administratif, opérationnel…). Le directeur des opérations de la Banque mondiale au Cameroun cite notamment « le délai écoulé entre l’approbation des financements et leur signature ». Il a été multiplié par 4 depuis 2016 passant de 4,25 à plus de 18 mois en 2019.

« Les délais de passation de marchés inexplicablement longs en dépit des dispositions favorables dont bénéficient les unités de gestion de projet, à savoir des commissions spéciales et dédiées de passation de marché, » sont aussi pointés du doigt. « Pour certains projets d’infrastructures, le délai de contractualisation est en moyenne de 18 mois pour un consultant et de 24 mois pour les marchés de travaux », a dénoncé Abdoulaye Seck.

La revue conjointe du portefeuille organisée en mars 2019 avait permis de mettre en exergue plusieurs problèmes transversaux rencontrés dans la mise en œuvre des projets. Il s’agit notamment du faible niveau de maturité des projets ; des retards dans l’élaboration et l’adoption des plans de travail et de budget annuel (PTBA) ; de la faible mobilisation des fonds de contrepartie ; de l’absence de critères d’évaluation de la performance des équipes des Unités gestion des projets ; du mode d’évaluation non adapté aux situations de pandémie et/ou insécurité ; de la crise sécuritaire dans certaines régions du pays abritant plusieurs projets.

Pistes de sauvetage

De ce fait, pour éviter la perte des 655,3 milliards de FCFA encore non décaissés, le Minepat a indiqué qu’il faudra faire en sorte que l’élaboration des PTBA soit davantage maîtrisée ; que les questions relatives aux expropriations et indemnisations soient assurées, et que les responsables de gestions des projets et tous les autres acteurs de la chaîne développent des comportements visant la performance.

Selon le Minepat, l’ensemble des engagements en cours du portefeuille de coopération Cameroun – Banque mondiale s’élève à environ 927 milliards de FCFA pour 14 projets actifs, âgés en moyenne de 4 ans. Ces interventions sont majoritairement orientées vers le secteur Infrastructures qui à lui seul représente 54,8% des engagements du portefeuille, suivi tour à tour des secteurs développement rural (12,0%), santé (9,7%), gouvernance (8,8%), éducation (7,7%), développement social (3,6%) et industrie et services (3,4%).

Sylvain Andzongo

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