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Yaoundé - 14 juillet 2020 -
Energie

L’électricien camerounais Eneo sommé par le régulateur de suspendre l’estimation des index de consommation des clients

L’électricien camerounais Eneo sommé par le régulateur de suspendre l’estimation des index de consommation des clients

(Investir au Cameroun) - Dans une lettre datée du 11 juin 2020, le directeur général de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel), Jean Pascal Nkou, ordonne au directeur général d’Eneo, le concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun, de suspendre « l’opération d’estimation des index des compteurs électriques », lancée il y a quelques semaines dans les villes de Yaoundé et de Douala.

 Pour le régulateur, cette opération décidée par Eneo, afin de réduire la fréquence de passage des releveurs chez les clients, et qui a trouvé un terrain fertile avec la crise sanitaire actuelle (Covid-19), est « une violation des dispositions » règlementaires en matière de tarification des consommations d’électricité au Cameroun.

 Le directeur général de l’Arsel, qui révèle que ses équipes ont préalablement effectué des descentes sur le terrain au cours du mois de juin courant, affirme avoir fait les constats suivants : la non-relève des index des compteurs sur plusieurs sites ; la distribution aux consommateurs des factures du mois de mai 2020 confirmant la non-relève des index ; et surtout le basculement des consommations d’énergie électrique à des tranches supérieures (ou inférieures) au coût du kilowatt le plus élevé (ou le plus bas)…

 Covid-19

« Par conséquent, je vous demande de suspendre cette opération d’estimation systématique des index au motif du Covid-19, et de procéder à la relève des index, en vue de corriger les factures servies aux consommateurs au cours du mois de mai 2020, mais également de procéder à la régularisation des factures… », écrit le directeur général de l’Arsel.

En effet, apprend-on officiellement, après une phase pilote effectuée dans certains quartiers de la ville de Douala en 2019, Eneo, saisissant l’opportunité des mesures barrières liées à la lutte contre le Covid-19, a entrepris d’appliquer aux consommateurs de Douala et Yaoundé, un nouveau mécanisme de relève des index des compteurs. Celui-ci, explique l’entreprise, consiste à ne plus relever les index des compteurs chaque mois, mais plutôt à une fréquence d’une fois tous les deux ou trois mois.  

 « Ainsi, en attendant sa prochaine relève, le client est toujours facturé mensuellement, sur la base d’une consommation estimée. Le principe de l’estimation est d’imputer au client une consommation plus ou moins égale à la moyenne de ses trois dernières consommations. En temps normal, la consommation du client sera sensiblement la même d’un mois à l’autre », explique un cadre d’Eneo, qui précise que des dispositions sont prises pour corriger d’éventuelles erreurs.

 Solutions alternatives

 En effet, souligne-t-on chez Eneo, « il peut arriver qu’un changement dans les habitudes de gestion de son électricité génère un écart à la baisse ou à la hausse sur la consommation réelle. Cet écart n’étant pas visible quand il est estimé, la situation s’équilibre au moment où le client sera à nouveau facturé avec l’index effectivement lu. En fonction de la nature de l’écart, l’on se retrouve avec une facture soit plus élevée, soit moins élevée que d’habitude. D’où l’impression de sous-facturation ou de surfacturation, selon le cas. Mais, l’équilibre est immédiatement rétabli dès que l’index est effectivement lu.»

Visiblement, toutes ces assurances n’ont pas suffi pour convaincre le régulateur. D’où la sommation faite à la compagnie d’électricité, qui n’a reçu aucune « autorisation préalable » de l’Arsel, de suspendre son opération d’estimation des consommations d’électricité. Ce d’autant que, croit savoir une source autorisée, cette estimation des consommations ne garantit pas la prise en compte, ni de la facturation de la tranche sociale, ni de celle susceptible d’être exonérée de la TVA.  

Au demeurant, le directeur général de l’Arsel a convié les responsables d’Eneo à une séance de travail par visioconférence le 16 juin 2020, à l’effet d’explorer « des solutions alternatives », plus conformes à la réglementation et moins sujettes à des interrogations. À l’occasion, Eneo a pris acte des biais présentés par le régulateur et s’est engagée à améliorer ce système, expérimenté pour l’instant sur 30% des clients. Dans cette perspective, les échanges se poursuivent entre les parties.

Brice R. Mbodiam  

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12-06-2020 - L’électricien camerounais Eneo ne relève plus les consommations des clients chaque mois, mais tous les 2 ou 3 mois

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