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Yaoundé - 28 janvier 2021 -

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Finance

Au Cameroun les employés et fonctionnaires de l’administration centrale travailleront 5 années de plus

Au Cameroun les employés et fonctionnaires de l’administration centrale travailleront 5 années de plus

(Investir au Cameroun) - Deux décrets, dont l’un du président de la République et l’autre du Premier Ministre ont augmenté de 5 ans, le nombre d’années de travail que feront désormais les fonctionnaires et travailleurs de l’administration publique centrale au Cameroun. « L'âge de départ à la retraite des fonctionnaires est, à compter du 1 er janvier 2021, harmonisé à soixante (60) ans pour le personnel des catégories A et B et à cinquante-cinq (55) ans pour le personnel des catégories C et  D », peut-on lire du texte présidentiel qui est d’application immédiate.

Les deux documents parlent d’une harmonisation de l’âge des départs à la retraite des fonctionnaires, mais il s’agit davantage d’une augmentation simple du nombre d’années de travail des personnes visées par ces deux mesures. Aussi, cette augmentation du nombre d’année de travail ne concerne pas tous les employés de l’administration publique. Le texte signé par le président fait référence à une modification du statut général de la fonction publique.

Ce statut ne concerne pas les personnels recrutés et gérés directement par l’Assemblée Nationale, les agents des collectivités publiques locales, des organismes para-publics et des établissements publics à caractère administratif, culturel, scientifique, industriel et commercial n’ayant pas la qualité de fonctionnaire. Ni les auxiliaires de l’Administration, les magistrats, les militaires, et les fonctionnaires de la Sûreté nationale et de l’Administration pénitentiaire, dont les carrières sont régies par des textes.

Les deux décisions surviennent alors que, de plus en plus, on assistait au sein de l’administration, à des demandes de prolongation des années de travail. C’est le cas notamment des personnes occupant les fonctions dites de la catégorie A, qui correspond à des niveaux de gestion et de prise de décision supérieures. Ce type d’initiative est permise par le statut de la fonction publique camerounaise, avec un pouvoir discrétionnaire du Président de la République d’accepter ou de refuser.

On ne peut cependant dire, que le nouveau texte « d’harmonisation », vient résoudre cette situation. Seul le premier alinéa de la disposition légale qui vise l’âge à la retraite est modifié, le reste, y compris le droit de demander une prolongation des années de service reste valable. Par ailleurs, le fonctionnaire qui le souhaite, peut toujours être mis en retraite anticipée après 15 années de travail justifié.

Les débats sur la question des retraites au Cameroun sont légèrement différents de ce qu’on peut voir dans les pays développés. Pour les fonctionnaires, il ne s’agit pas forcément du nombre d’année où ils devront cotiser pour aller jouir d’un repos bien mérité. La retraite fait désormais peur, car de nombreuses personnes y arrivent avec des capacités encore pleines, sans garantie de trouver un autre emploi, alors que les revenus baissent considérablement. Or, de nombreux retraités doivent encore s’occuper de familles nombreuses, avec parfois des enfants qui n’ont pas pu s’insérer dans la vie active.

Pour l’Etat, le problème se pose différemment. Pour chaque départ à la retraite, il faut pourvoir un nouveau poste et au bout de la chaîne effectuer de nouveaux recrutements, tout en payant des pensions aux anciens travailleurs. Or avec le système de répartition qui est toujours en vigueur au Cameroun, et en l’absence d’une capitalisation des cotisations des fonctionnaires, le système camerounais des pensions a été mis sous pression ces dernières années. Cela n’aurait pas fait grand bruit car l’administration a toujours su réagir jusque-là.

Les deux décrets ne règlent toutefois qu’une partie du problème. En effet, le mode de calcul des pensions n’a pas beaucoup changé depuis des années. Cotiser davantage en travaillant plus d’années ne devrait pas leur permettre de beaucoup mieux vivre, au regard de l’augmentation du coût de la vie. Pour cela, il faudrait augmenter les revenus des personnes en activité, or la question ne semble pas encore à l’ordre du jour.

Idriss Linge

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