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Yaoundé - 12 juillet 2020 -
Finance

Grâce à une décision de la Cobac rendant ses titres plus attractifs, le Cameroun fait carton plein sur le marché monétaire

Grâce à une décision de la Cobac rendant ses titres plus attractifs, le Cameroun fait carton plein sur le marché monétaire

(Investir au Cameroun) - Le 6 mai 2020, le Trésor public camerounais a réussi à transformer son premier essai d’émission d’obligations du Trésor assimilables (OTA) à 10 ans de maturité, opération effectuée sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

De sources proches du dossier, alors que le pays sollicitait une enveloppe de 25 milliards de FCFA, au cours de la toute première initiative de ce type sur ce marché depuis son lancement en 2011, la séance d’adjudication s’est soldée par une sursouscription d’environ 120%. Dans le détail, les investisseurs ont offert au Trésor public une enveloppe de 26,7 milliards de FCFA, qui a été entièrement retenue.

En plus du taux d’intérêt attractif de 7% proposé aux investisseurs par le Cameroun, le succès enregistré est surtout consécutif à un accord notifié au ministre des Finances le 4 mai 2020, par le président de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le régulateur du secteur bancaire dans la zone Cemac.

Dans cette lettre à laquelle Investir au Cameroun a pu avoir accès, Abbas Mahamat Tolli, par ailleurs gouverneur de la Banque centrale des six États de la Cemac, marque son accord « pour l’application d’une pondération nulle sur les OTA émises par l’Etat du Cameroun, sous réserve de la transmission préalable de la convention du compte de dépôt spécial dûment signé par les parties prenantes, et conforme aux termes stipulés ».

Le coup de pouce de la Cobac…

Selon les spécialistes, cette décision de la Cobac, qui repose sur des informations garantissant le remboursement à échéance des fonds levés par le Cameroun, a d’abord le don de rassurer les investisseurs bancaires et non bancaires actifs sur ce marché. Ensuite, elle desserre autour de ces mêmes investisseurs, l’étau des provisions obligatoires en cas de souscriptions aux OTA ne bénéficiant pas d’une pondération nulle.

En effet, explique un expert, dans la zone Cemac, le non-respect par un Etat des différents critères de convergence communautaire (taux d’inflation, niveau d’endettement, déficit budgétaire, reste-à-payer, etc.) est assorti de sanctions. Celles-ci prennent la forme de pondération (sorte d’augmentation du risque) sur les opérations réalisées sur les titres publics de l’Etat concerné. « Ce mécanisme fonctionne un peu comme le permis à points : plus vous commettez des fautes, plus on vous retranche des points », fait observer une source autorisée.

Pour le cas du Cameroun, apprend-on de bonnes sources, l’accumulation des « reste-à-payer », qui sont des dépenses budgétisées (payement des fournisseurs de l’Etat, par exemple) mais qui n’ont pas été exécutées au terme des différents exercices budgétaires, ainsi que l’accumulation des déficits budgétaires au-dessus de la norme Cemac depuis 2017 ; ont induit une pondération de plus de 80% sur les titres publics de long terme de l’Etat du Cameroun.

En clair, confie un fin connaisseur du marché monétaire, cela signifie que pour les OTA émis par l’Etat du Cameroun, « pour qu’un investisseur souscrive à hauteur de 10 milliards de FCFA, par exemple, il lui fallait obligatoirement faire une provision de 8 milliards de FCFA. Or, avec la pondération à 0% demandée par le gouvernement et accordée par la Cobac, cette provision n’existe plus. Ce qui est beaucoup moins contraignant pour l’investisseur et lui donne des marges de manœuvres plus importantes sur le marché ».

Selon la correspondance du président de la Cobac, cette pondération nulle ne s’applique pas seulement aux OTA d’un montant de 25 milliards de FCFA émis le 6 mai 2020, mais sur l’ensemble du programme d’émissions d’OTA lancé par le Trésor public camerounais depuis le 8 avril 2020. Ce programme vise à mobiliser 220 milliards de FCFA au total. À ce jour, 166,7 milliards de FCFA ont déjà été engrangés.

Brice R. Mbodiam

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