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Yaoundé - 23 février 2024 -
Finance

Avec seulement 85 000 logements financés en 41 ans, la CTR suggère la révision du modèle d’affaires du Crédit foncier

Avec seulement 85 000 logements financés en 41 ans, la CTR suggère la révision du modèle d’affaires du Crédit foncier

(Investir au Cameroun) - Entre 1977, date de sa création, et fin 2018, le Crédit foncier du Cameroun (CFC), la banque de l’habitat du pays, a apporté des concours financiers de 420 milliards de FCFA pour la réalisation de projets immobiliers dans le pays, apprend-on de source officielle. Grâce à ces crédits hypothécaires octroyés à des taux bonifiés, les bénéficiaires ont pu construire 85 000 logements et acquérir 16 342 parcelles de terrains.

Sur la base de ces performances réalisées sur une période de 41 ans, la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR) conclut dans son rapport sur les entreprises publiques en 2019, que les parts de marché de la banque de l’habitat dans le financement de l’immobilier au Cameroun « demeurent relativement faibles ».

Mais, à l’observation, cette mollesse du Crédit foncier du Cameroun dans le financement de l’habitat ne lui est pas propre. « Dans la zone Uemoa, la Banque de l’habitat du Mali (BHM) a été absorbée par la Banque malienne de solidarité (BMS), qui n’a pas l’habitat comme cœur de métier. Celles de Côte d’Ivoire, du Burkina et du Bénin ont été vendues ou n’existent plus (privatisée en 2017, la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire a été renationalisée en 2019, Ndlr). Aujourd’hui, seule la Banque de l’habitat du Sénégal s’en sort », confiait fin 2019 à Jeune Afrique, Modibo Cissé, ancien patron de la BHM devenu PCA de Bank of Africa Mali.

Au Cameroun, afin de rendre le Crédit foncier plus performant et efficace, la CTR, organe spécialisé du ministère des Finances, recommande aux pouvoirs publics une révision du « modèle économique du CFC pour lui permettre, tout comme pour les autres institutions similaires des pays africains, d’accroître ses ressources et d’élargir son périmètre d’activité, pour financer en masse les logements et satisfaire une part significative des besoins ».

 Concurrence

En fait, les besoins en logements sont énormes au Cameroun, notamment dans les deux principales métropoles que sont Douala et Yaoundé. Dans ces deux villes, les propriétaires immobiliers, en invoquant la mauvaise foi de certains locataires, ont mis en place des conditions de location draconiennes. Par exemple, il est souvent imposé aux locataires de payer jusqu’à 12 mois de loyers d’un seul coup.

Dans ce contexte, une révision du modèle d’affaires du CFC pourrait non seulement booster l’accès au foncier sécurisé, qui demeure un véritable obstacle au développement de l’immobilier au Cameroun, mais aussi et surtout contribuer à la résorption du déficit de logements estimé à environ 1,3 million d’unités, selon certains experts.

Mais, dans ce modèle d’affaires révisé, la banque de l’habitat du Cameroun devrait intégrer la concurrence des privés, qui pourrait bientôt s’intensifier, avec le concours de gros partenaires financiers tels que la SFI, filiale de la banque mondiale dédiée au financement du secteur privé. En effet, de passage dans le pays en juillet 2019, Sergio Pimenta, le vice-président de l’institution, n’avait pas caché son intérêt pour le secteur de l’immobilier au Cameroun.

« Dans le cas du déficit des habitats, la SFI va amener avec elle des entreprises qui vont construire plus d’habitats, et des institutions financières qui vont mettre en place des plans hypothécaires pour permettre aux populations de bénéficier desdits logements », avait-il promis.

Brice R. Mbodiam

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