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Yaoundé - 13 juin 2021 -
Gestion publique

La Sosucam, filiale du Français Somdiaa, licencie 250 employés pour « insuffisance professionnelle »

La Sosucam, filiale du Français Somdiaa, licencie 250 employés pour « insuffisance professionnelle »

(Investir au Cameroun) - Dès ce 8 juin 2021, la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), filiale du groupe français Somdiaa, va procéder au licenciement de 250 employés permanents sur 1117 (soir près du quart du personnel), pour « insuffisance professionnelle ».

« La nouvelle est tombée dans la soirée du 7 juin. Le top management a convoqué les délégués du personnel pour leur annoncer que 250 employés seront remerciés parce que peu productifs », renseigne une source au sein de l’entreprise. Une note de la direction des ressources invite à cet effet les concernés à se présenter le 9 juin pour « entretien » muni de la carte nationale d’identité et du badge d’identification. « L’objet de ladite convocation vous sera communiqué séance tenante », indique la direction des ressources humaines.

En réaction, le « Collectif des délégués du personnel » de Sosucam a saisi le ministre du Travail et de la sécurité sociale pour « dénonciation ». « Depuis quelques rencontres statutaires mensuelles, l’employeur nous parle des conditions supposées relatives à la santé financière de l’entreprise ; dont le point d’orgue a été la décision de licenciement de 250 (deux cent cinquante) employés permanents, avec prise d’effet le 8 juin 2021. Décision qui nous a été signifiée subrepticement le 7 juin 2021 aux environs de 16h. Tout ceci en violation tant du Code de travail en ses articles 158 à 164 relativement à la conciliation et à l’arbitrage tel qu’il sied en pareil cas, mais aussi en violation de la lettre circulaire n° 03/MTPS/SG/DT du 02 novembre 1993, réglementant le licenciement pour motif économique », écrit le collectif.

Dénonciations et demande d’arbitrage 

À en croire ces délégués, ce sont de mauvaises décisions managériales qui seraient à l’origine de la situation actuelle. Ils citent la décision d’externaliser certaines activités à des coûts très élevés ; la décision d’investissements lourds, comme l’irrigation, susceptible d’être amortis sur plusieurs exercices ; la construction d’un dispositif « Bi-Pass » (dispositif de secours) dont l’efficacité n’est pas évidente ; la vente à un prix dérisoire d’un stock de matériel lourd de travaux publics (lequel sera ensuite reloué à la Sosucam à des coûts énormes.), etc.

Au niveau tactique, les délégués dénoncent le fait que, lors des deux dernières campagnes (2019-2020/2020-2021), l’employeur a décidé unilatéralement de l’arrêt de l’usine de Sosucam n° 1 avant leur fin, réduisant ainsi la capacité de production de l’entreprise, sans que cela n’induise un gain de productivité. « Tout ceci (…) nous a conduits dans la situation de marasme que l’employeur tente de faire porter le chapeau aux employés au motif de “Insuffisance professionnelle” », écrivent les délégués du personnel.

Pour eux, il s’agit ici d’un « licenciement économique » et non d’une « insuffisance professionnelle ». Car, selon l’article 40 alinéa 2 du Code du travail, un licenciement économique constitue : « Tout licenciement effectué par l’employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du travailleur et résultant d’une suppression ou transformation d’emploi, ou d’une modification de contrat de travail consécutive à des difficultés économiques, à des mutations technologiques ou à des restructurations internes ».

« Afin de permettre à toutes les parties de se faire une opinion objective du bien-fondé et de l’opportunité d’un licenciement massif du personnel à Sosucam, nous vous prions M. le Ministre, de bien vouloir enjoindre l’employeur au respect de la loi, d’instruire qu’une enquête approfondie soit menée par vos services compétents, de bien vouloir ordonner par la même occasion l’arrêt de cette démarche illégale de l’employeur », conclut le collectif des délégués du personnel.

Nouvelle ère 

Cette situation survient près de deux ans après des changements à la tête du management de la Sosucam. Après avoir passé 18 ans comme PDG de l’entreprise, le Camerounais Louis Yinda, alors âgé de 70 ans a cédé sa place, fin 2018, à Alexandre Vilgrain, comme DG. Deux directeurs adjoints ont été également nommés. Il s’agit du Français Gilles Drouin et du Camerounais Samuel Libock.

La société revendique en tout 8000 emplois directs et indirects pour une masse salariale annuelle de 14 milliards de FCFA. Avec la revalorisation salariale, cette masse pourrait passer à 14,5 milliards de FCFA. L’on ignore pour l’instant l’incidence financière qu’aura le licenciement de 250 employés permanents.

Leader du marché camerounais du sucre (70% de couverture), Sosucam, détenu à 74% par le Français Somdiaa et 26% par l’État du Cameroun, a été créé en 1965. Elle a une capacité de production sucrière moyenne de 130 000 tonnes par an, grâce à une superficie agricole actuelle de 25 000 ha. Le capital actuel de Sosucam est de 27,5 milliards de FCFA.

Sylvain Andzongo

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