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Yaoundé - 28 février 2024 -
Gestion publique

Fusion Gicam-Ecam : Emmanuel Wafo entre en guerre contre Célestin Tawamba

Fusion Gicam-Ecam : Emmanuel Wafo entre en guerre contre Célestin Tawamba

(Investir au Cameroun) - Dans une tribune parvenue à notre rédaction le 23 avril 2023, le président de la Commission économie et développement de l’entreprise du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) dénonce le traité de fusion entre le Gicam et Ecam (Entreprise du Cameroun), signé le 5 avril 2023 à Douala, la capitale économique du pays. Pour Emmanuel Wafo, l’opération, qui prévoit la dissolution du Gicam et la création d’une organisation patronale nouvelle, est une manœuvre « dont le but ultime est de consacrer l’hégémonie du président Tawamba sur le patronat camerounais ».

« En effet, les statuts du Gicam disposent à son article 14 alinéa 2 que “le président n’est rééligible qu’une seule fois pour un mandat de trois ans”. Or, le second mandat de Célestin Tawamba s’achève en décembre 2023. Il n’est donc plus éligible. Or, la mise à mort du Gicam et la création d’une nouvelle organisation patronale lui ouvriraient la voie pour s’éterniser à la tête du patronat », explique le PDG de la société de plasturgie Mit Chimie.

Mobilisation des adhérents

Pour comprendre la sortie d’Emmanuel Wafo, il faut savoir que celui qui est présenté comme le filleul d’André Siaka, qui est membre de comité des sages du Gicam, se prépare depuis des mois pour se présenter aux élections à la présidence de la première organisation patronale du pays. Ce scrutin devrait en principe se tenir à la fin de l’année 2023 courante. Mais, la fusion en cours devrait totalement en changer la configuration et compliquer la tâche à l’industriel. Du coup, dans sa tribune, opportunément intitulée « Non à la mise à mort du Gicam », l’industriel « invite tous les membres du Gicam à se préparer à dire massivement non à la mise à mort du Gicam, qui nous sera présentée lors de la prochaine assemblée générale extraordinaire cette année ».

Pour convaincre, le PDG de la société de plasturgie Mit Chimie s’emploie à mettre en lumière les problèmes de forme et de fond, « qui du point de vue de l’éthique et du droit rendent ladite fusion caduque ». Après avoir précisé que « par essence, le regroupement des organisations notamment patronales est souhaitable dans un environnement où la dispersion des forces et des énergies est un facteur d’affaiblissement », Emmanuel Wafo fait remarquer que le traité de fusion entre le Gicam et Ecam a été signé « sans approbation des adhérents ».

Mieux, ce traité « consacre explicitement la mort du Gicam » qui est, selon lui, « un patrimoine national que personne ne peut se permettre d’aliéner ». En effet, fait observer le PDG de Mit Chimie, dans le traité de fusion du 5 avril 2023, « de manière invariable », il est fait référence à des terminologies telles que « la nouvelle centrale patronale », « une assemblée générale constitutive », « de nouveaux statuts », « fusion-création », etc. Toutes choses qui, soutient Emmanuel Wafo, sont « contraires à l’esprit de consolidation de la maison commune qu’est le Gicam, prôné il y a 6 ans par Célestin Tawamba et repris en cœur par les adhérents du Gicam ».

Guerre larvée

Et ce dernier de poursuivre : « au-delà de la mise à mort du Gicam, qui consiste à gommer l’Histoire, le traité de fusion dont il est question est une violation flagrante des statuts du Gicam, ce qui est condamnable au double plan de l’éthique et du droit. La fusion, d’après ses initiateurs, entraîne la modification des statuts du Gicam. Or, d’après l’article 12 desdits statuts, seule l’assemblée générale extraordinaire a compétence pour connaître de la modification des statuts. Or, aucune assemblée générale ne s’est réunie à ce jour pour débattre de ce projet qui semble acté. Plus grave encore, toute la cuisine se serait faite au niveau du conseil d’administration du Gicam. Or, ce conseil d’administration a des attributions clairement définies à l’article 14 alinéa 4 des statuts du Gicam. Il n’a aucune compétence en ce qui concerne la modification des statuts ».

Avec cette sortie, la guerre jusqu’ici larvée entre Emmanuel Wafo et Célestin Tawamba est désormais ouverte. Dans le cadre de ce qui était jusqu’ici une guerre froide entre ces deux opérateurs économiques, chacun déterminé à prendre ou reprendre le contrôle du patronat camerounais, il faut ranger les réactions anonymes parues ces derniers jours dans la presse, et qui dénonçaient déjà le projet de fusion entre le Gicam et Ecam. On peut aussi citer le conflit entre le lobbyiste Rodrigue Soffo et Célestin Tawamba, au sujet d’un sondage visant à recueillir l’opinion des membres du Gicam sur l’action de l’actuel président ; les cooptations-révocations récentes de certains membres au sein du conseil d’administration du Gicam ; ou encore de discrètes opérations de séduction des protagonistes en direction des membres du comité des sages, organe présenté comme le « gardien des statuts du regroupement et des principes fondamentaux », mais dont l’avis n’est que consultatif dans la pratique.

Brice R. Mbodiam et Aboudi Ottou                

Lire aussi :

10-04-2023 - Gicam-Ecam : comment la fusion ouvre la porte au maintien de Célestin Tawamba à la tête du patronat

 

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