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Yaoundé - 18 août 2019 -
Gestion publique

En 2019, le Cameroun émettra finalement des titres publics pour 350 milliards de FCFA sur le marché des capitaux

En 2019, le Cameroun émettra finalement des titres publics pour 350 milliards de FCFA sur le marché des capitaux

(Investir au Cameroun) - Au lieu des 260 milliards de FCFA prescrits par la loi de Finances 2019, votée en novembre 2018 par le Parlement, le Trésor public camerounais émettra finalement des titres publics pour 350 milliards de FCFA sur le marché des capitaux. Ce plafond, explique le directeur général du Trésor du ministère des Finances, Sylvester Moh (photo), a été relevé dans le collectif budgétaire décidé le 29 mai 2019 par le chef de l’État, lequel augmente de 361,5 milliards de FCFA le budget de l’État du Cameroun.

Fort de ce relèvement du plafond de l’enveloppe à mobiliser sur le marché des capitaux, le gouvernement camerounais s’apprête à lever au moins 100 milliards de FCFA au cours du 3e trimestre 2019, révèle le directeur général du Trésor. Pour ce faire, le Cameroun pourrait repartir sur le marché des titres publics de la Beac, sur lequel il vient de réussir à mobiliser plus de 174 milliards de FCFA en deux mois, au moyen de trois émissions d’obligations du Trésor assimilables (OTA).

L’autre hypothèse qui s’offre au Trésor public camerounais est d’inaugurer la bourse unifiée de l’Afrique centrale, qui prendra la place du Douala Stock Exchange (Dsx), la bourse des valeurs mobilières du Cameroun. Cette mutation est officiellement annoncée pour le mois de juillet 2019.

Critiques

Ce volume de financements à lever par émissions de titres publics, tel que prescrit dans le collectif budgétaire du 29 mai 2019, rejoint la proportion de 300 à 350 milliards de FCFA contenue dans les différentes lois de Finances camerounaises, depuis au moins 3 ans. Cette propension du gouvernement camerounais à s’endetter de plus en plus sur le marché des titres lui vaut depuis quelques années la critique du Fonds monétaire international (FMI).

Cette institution de Bretton Woods reproche aux autorités camerounaises leur préférence pour un endettement non concessionnel, au détriment des dettes à taux concessionnels pratiqués par les bailleurs de fonds multilatéraux. Le FMI redoute notamment un nouvel accroissement rapide de la dette camerounaise, après l’épisode d’avant 2006, qui avait conduit le pays à recourir à l’initiative Pays pauvre très endetté (PPTE) pour obtenir une remise de sa dette extérieure.

En réponse à ces craintes du FMI, le Cameroun, dont l’endettement culmine à ce jour à 35 % du PIB selon le gouvernement, affirme que cette dette est encore soutenable. Pour preuve, expliquent les autorités camerounaises, le volume de la dette cumulée du pays est largement en dessous des 70 % du PIB retenus comme critère de convergence dans la zone Cemac, espace communautaire dont le pays est la locomotive économique.

Dans le même temps, les pouvoirs publics camerounais expliquent leur préférence pour le marché des titres par la facilité et la flexibilité qu’offre ce type de financement, aussi bien en matière de décaissement que d’utilisation des fonds reçus. Cette réalité, soutient-on au sein du gouvernement, est aux antipodes des conditionnalités auxquelles sont liés les emprunts auprès des bailleurs de fonds internationaux.

Brice R. Mbodiam    

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