logoIC
Yaoundé - 20 novembre 2018 -
Portraits

Defustel Ndjoko, promoteur du Defustel Sartorial Week

Defustel Ndjoko, promoteur du Defustel Sartorial Week

(Investir au Cameroun) - Je suis Defustel Ndjoko, designer, créateur de mode et égérie de plusieurs maisons prestigieuses de mode au monde. Je suis né dans un petit village du Cameroun. Après avoir arrêté mes études, je me suis mis à vendre divers articles dans un pousse-pousse au marché de Yaoundé. Il s’agissait des produits de première nécessité comme des cirages, des brosses à dents, des fils à tresser, des cintres, des miroirs, etc. J’ai exercé cette activité jusqu’en juin 2000.
Plus tard, j’ai eu la possibilité d’aller me débrouiller en Europe. J’étais un jeune débrouillard, j’économisais le peu d’argent que je gagnais, en faisant de petites tontines avec des copains. Quand c’était mon tour de prendre la cagnotte, je la mettais de côté. Et c’est comme ça que j’ai demandé et obtenu mon visa normalement.

Parcours
Rien n’a été facile pour moi à mon arrivée en Europe ! Comme plusieurs africains, j’ai dû faire la plonge, être cuisinier ou travailler. J’ai enfin travaillé comme manager logistique dans une entreprise de télécoms avant de me jeter totalement dans ma passion la mode. Grâce à mon travail et ma détermination, j’ai pu avoir la reconnaissance mondiale. C’est la maison Roberto Botticelli qui a vu mes photos sur Instagram et qui m’a contacté. C’est comme ça que je rentre aussi dans cette maison. Aujourd’hui, j’ai 3 collections de chaussures chez Botticelli et une collection de lunettes chez Mondelliani. Bien sûr, d’autres maisons sont venues, telles que le chaussetier Mes Chaussettes rouges, la maison des chapeaux en feutre Monsieur London, le chemisier Howard’s, etc.
Ces maisons sont venues d’elles-mêmes. Mais il faut dire que j’ai travaillé comme un dingue pour mériter cette opportunité et que ces gens-là se disent : « On a eu un Noir et il ne nous a pas déçus ». Un Noir qui échoue, c’est tous les Noirs qui ont échoué. Mais un Noir qui réussit, c’est peut-être une porte qui s’ouvre pour un autre Noir. L’une des plus belles réussites est le lancement de ma collection de lunettes adaptées à la morphologie nasale africaine.

Mon rôle dans ces prestigieuses maisons comme ambassadeur de mode
Je suis d’abord égérie, donc le visage de la maison. Je promeus les marques, à travers mes réseaux, dans les journaux, lors des événements comme le Pitti Uomo (salon de mode masculine à Florence en Italie : ndlr), les Fashion Week à New York, à Milan, à Paris. Mais à côté de ça, j’ai ma propre ligne dans ces maisons. Donc, je conçois ma propre ligne qui porte mon nom, Defustel, au sein de ces maisons. C’est vendu dans les réseaux de ces maisons. C’est de là que je tire mes plus grands revenus aussi.

La petite histoire de départ
Arrivé en Europe, en dehors de la plonge et des boulots difficiles pour m’en sortir, je faisais aussi des photos de moi que je postais sur les réseaux sociaux. Un jour, un monsieur du nom de Clyde Baron me repère dans la rue. Il me fait une photo qu’il publie, car il a trouvé qu’il y avait une étincelle là-dedans, quelque chose qu’il recherchait. Je me suis dit : si quelqu’un d’autre le fait, c’est qu’il y a effectivement un potentiel. A partir de là, j’ai commencé à approfondir. C’est ainsi qu’un jour, le lunettier Mondelliani voit mes photos. Il me contacte pour faire des images devant servir pour une campagne de communication. Cette campagne s’est basée sur mon image. Et c’est comme ça que je rentre de plain-pied dans la mode et les lunettes.

Les difficultés rencontrées
Ma principale difficulté a été financière, je devais me battre par moi-même pour faire quoi que ce soit. J’ai commencé à travailler très jeune, je n’ai jamais abandonné, j’ai toujours cru que l’effort était la seule voie. Aujourd’hui le temps m’a donné raison.

Projets
J’ai beaucoup de projets, surtout pour mon pays le Cameroun. J’aide tout d’abord les enfants défavorisés de mon pays via ma fondation. J’ai notamment construit une école à Baham et offert en fin d’année dernière les ordinateurs connectés aux écoliers question de les initier à l’informatique et au numérique.
Je suis aussi en train de tout faire pour rénover le pavillon pédiatrique de l’hôpital de Foumban. Mais mon projet imminent est le lancement de mon évènement, le Defustel Sartorial Week qui aura lieu du 11 au 14 juillet à Yaoundé et Douala. Une sorte de coaching sur les secrets du vestiaire masculin aux cadres et patrons d’entreprises, mais aussi un concours national de mode lancé pour donner des opportunités de carrière aux jeunes talents. C’est mon principal objectif, cet évènement est la fondation d’un gigantesque projet qui va créer de l’émulation dans l’industrie de la mode dans la sous-région CEMAC et plus tard en Afrique en général.

Le mot ou le conseil pour ceux qui comme toi veulent entreprendre
Je veux dire aux jeunes africains d’être d’abord passionné, de ne rien faire par simple imitation. Ensuite il faut croire en ses rêves en travaillant dur, car quel que soit la difficulté, il y aura tôt ou tard une opportunité au bout, et là, il faudra la saisir ! Les jeunes ne doivent surtout pas avoir peur d’oser.

Philosophie du leadership
Je mets toujours l’homme au centre de mon management, c’est la première des choses. Il faut savoir respecter ses collaborateurs, reconnaitre leurs valeurs et les laisser faire librement leur travail. Lorsqu’on intègre ces valeurs, la critique qu’on apporte au rendu de leur travail ne peut être que constructive.

Actualité économique du Cameroun

STOPBLABLACAM TV

A la Une du magazine


Investir au Cameroun n79: Novembre 2018

Le secteur financier camerounais se digitalise à grande vitesse

L’anacarde, un vaste potentiel de revenus et d’emplois



Business in Cameroon n69: November 2018

Cameroon’s finance sector goes through rapid digitalization

Cashew, a sector with great potential, both for revenues and job creation