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Yaoundé - 20 juillet 2019 -
Portraits

Mirabell Mayack, l’event planner mordue de l’Afrique

Mirabell Mayack, l’event planner mordue de l’Afrique

(Investir au Cameroun) - Avec Le Petit Event, son agence de communication, Mirabell Mayack veut s’imposer dans un secteur d’activité dominé par des enseignes étrangères. Tout récemment encore, elle réussissait une levée de fonds d’environ 550 millions de francs CFA pour financer l’ouverture de ses bureaux à Kinshasa, Douala et Abidjan. Son ambition associée à ses life skills lui présagent un avenir radieux en Afrique francophone.

A 35 ans, cette Germano-Camerounaise veut conquérir l’Afrique francophone avec l’agence de communication et de relations publique qu’elle dirige. Grâce aux évènements de hauts niveaux qu’elle organise, Mirabell Mayack veut créer des emplois, relifter l’image de l’Afrique, et surtout promouvoir le continent noir et ses opportunités d’affaires aux investisseurs étrangers.

Née à Dusseldorf, en Allemagne d’un père camerounais et d’une mère allemande, Mirabell présente un parcours assez particulier. Contrairement à ces entrepreneurs dopés aux diplômes et aux certifications diverses, elle boucle ses études un peu plus tôt. Son parcours académique laisse entrevoir un passage à Douala au lycée français Dominique Savio, des classes à Paris et surtout un bref cursus universitaire aux Etats-unis qu’elle interrompt pour se consacrer à l’entrepreneuriat et surtout à l’événementiel sa passion.

Même si elle se trouve très portée par les life skills (compétences naturelles), elle ne manque jamais l’occasion de vanter les mérites de l’école.

BMW, PORSCHE… PUIS LE PETIT EVENT

Sa carrière débute dans la gestion de projets événementiels et marketing pour des marques telles que BMW, Audi, Porsche, entre l’Allemagne et la Suisse. Par la suite, elle ouvre un salon de beauté à Londres et en Allemagne avant de développer aussi un projet dans l’industrie cosmétique.

Consciente de cette grande expérience acquise auprès de ces grandes marques, également convaincue par ses compétences naturelles, et son amour pour l’Afrique, en 2015, elle crée « Le Petit Event ».

Basée à Londres, « Le Petit Event a démarré comme une entreprise exerçant dans l’événementiel pour les ambassades africaines et les multinationales voulant se lancer en Afrique. Ensuite, nous avons évolué vers le consulting, les relations publiques et le lobbying » révèle-t-elle.

Revenant sur le contexte de création de son agence, Mirabell souligne dans un premier temps qu’elle a beaucoup été choquée par « l’image que peuvent avoir les Européens de l’Afrique. » Dans la même perspective que ces afro optimistes, à l’instar de la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, elle veut changer cette « single story » que le monde a de l’Afrique.

L’autre motivation qui a poussé cette boss lady aux allures de top model est un constat. En effet, Mirabell a réalisé que plusieurs étrangers qui veulent développer des affaires en Afrique trébuchent par manque de structures et de personnes ressources pouvant les accompagner et les aider à s’implanter sur le continent. « Plusieurs personnes ont du mal à trouver les bonnes personnes et obtenir des contacts. Face à cela, un jour je me suis dit je vais me lancer et ramener mes compétences et talents acquis dans le monde corporate européen en Afrique ».

Boostée par ses motivations personnelles et ces données du terrain, elle a su se laisser emporter par des vents favorables et a mis sur pied son agence. A ses clients elle ouvre son large carnet d’adresse qui va des cabinets présidentiels pour s’étendre aux ministères, et VIP du milieu corporate en Afrique francophone et anglophone (Nigeria et Ghana).

« Aujourd’hui, “Le Petit Event” offre des prestations en communication événementielle, expérientiel, digital et surtout la connection et les relations publiques entre l’Afrique, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Nous sommes basés à Londres avec quatre employés et beaucoup de freelancer. Nous avons aussi un petit bureau à Düsseldorf avec une personne en permanence et beaucoup de freelance » détaille-t-elle avant d’ajouter « nous sommes en train d’ouvrir des succursales à Abidjan, Douala et ensuite à Kinshasa. Nous avons travaillé avec la plupart des ambassades africaines à Londres, avec des multinationales comme Grant Thornton, ex works capital, la chambre de commerce de Düsseldorf (80 000 membres actif), Royal Air Maroc, CBRE, Yves Rocher, Banque Atlantique, Conduit Ventures etc. »

LES PERSPECTIVES A LONG TERME...

Désormais, pour cette métisse mi-goethe, mi-lionne, il est plus que jamais question de « se positionner dans le lobbying, les relations publiques pour les clients entre l’Europe et l’Afrique, de ramener les compétences européennes en Afrique et employer des femmes pour créer des cercles positifs ».

« Notre grand objectif c’est aussi de mettre l’Afrique francophone à en avant en Europe afin de refaire l’image de cette région de l’Afrique et d’attirer plus d’investisseurs » confie celle qui organise l’African investment day et le british african roadshow, deux événements économiques prometteurs.

L’ambition se heurtant très souvent à plusieurs contraintes, Mirabell se retrouve très souvent confrontée au machisme ambiant dans les sociétés africaines. « En tant que femme, tu dois toujours prouver plus... dans les milieux où la moyenne d’âge est de 50 ans et plus, ce n’est pas toujours évident de se faire prendre au sérieux. » révèle-t-elle avec son accent anglo saxon. « Les gens doivent commencer à comprendre que les femmes ont changé et que surtout la nouvelle génération de femmes d’affaires existe et est en train de se faire une place dans le monde des affaires. » fait-elle savoir.

UNE ATTITUDE POSITIVE A L’ÉGARD DES AGENCES CONCURRENTES...

Quant à ces grandes agences de communication suffisamment enracinées sur le continent, la directrice du cabinet Le Petit Event reste très sereine et peu affectée par la concurrence. « J’adore ces agences. Tout le monde professionnel qui s’intéresse et s’applique en Afrique c’est positif. Je suis un enfant de l’Afrique mais je suis très allemande et britannique dans mon approche. Cela me donne un avantage car je comprends toujours mon vis à vis. » rassure-t-elle avant de poursuivre, « nous sommes un cabinet avec des valeurs internationales et une énorme créativité et réseaux qui peut des fois se perdre dans ces grandes agences. Nous sommes très à cheval sur l’individualité de chaque projet. Avec un style professionnel mais amical, nous offrons pas seulement des campagnes individualisées mais aussi des campagnes capables de pénétrer des réseaux souhaités par nos clients qui sont nos amis. »

DES SOUTIENS ?

Là où certains entrepreneurs brandissent des casquettes de self made man, la Camerounaise déclare recevoir énormément de soutiens qui lui viennent des institutions gouvernementales et de certains gouvernements. En guise de conseil, elle prescrit aux potentiels candidats à l’entrepreneuriat, de « rester professionnels, ponctuels et de toujours faire un excellent travail ».

UN LEADERSHIP RELAX

Très décontractée dans sa vision du management, Mirabell croit en un leadership où employeurs et collaborateurs ont une relation plus amicale, se côtoient, partagent des informations et travaillent respectivement très dur chacun dans son domaine.

DES PASSIONS...

Par ailleurs, celle qui se dit passionnée par son village Otélé, souhaite dans un futur proche devenir maire de cette localité et en faire une destination touristique de choix.

Jeune maman, à l’attitude à la fois modeste et BCBG, Mirabell aime bien les pâtisseries, et le tourisme. Amoureuse de l’Afrique, elle ne manque aucune occasion de découvrir le continent lors de ses multiples voyages.

Jean Christian Bernard Nselel

 

 

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