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Yaoundé - 21 août 2019 -
Portraits

Joel Embiid, un exemple camerounais de la détermination

Joel Embiid, un exemple camerounais de la détermination

(Investir au Cameroun) - « The process », comme il se fait appeler par ses fans, fait partie de ces Camerounais qui ont expérimenté avec brio l’American way of life. Grâce à sa détermination, une caractéristique propre aux Camerounais, il est en train d’écrire son nom dans l’histoire du Basketball alors qu’il n’a que 24 ans. Hier encore, il signait un contrat légendaire faisant de lui le pivot le mieux payé de la NBA.

« La première fois que j’ai regardé un match NBA, c’était lors des Finales de 2009 » révélait Joël lors d’un entretien. En effet, c’est tard dans son adolescence qu’il va expérimenter le Basketball. Adolescent au physique impressionnant, alors qu’il a 15 ans il essuie le refus de son père le Colonel Thomas Embiid, qui pense que le Basketball est un sport non seulement impopulaire au Cameroun, mais aussi dangereux pour son fils.

À la rescousse de son neveu qui tient réellement à jouer au basket, un oncle du jeune prodige ira parler à son père en ces termes « il faut juste le laisser essayer ». Convaincu, son père le laisse s’essayer à ce sport. Après cette bénédiction de son père, le déclic va se produire lors de son passage au camps organisé par le basketteur camerounais Mbah A Moute. Jojo qui y participe est très tôt remarqué alors qu’il a moins de six mois de pratique de Basketball dans les jambes. Il gagne ainsi une place pour le camp Basketball Without Borders en Afrique du Sud.

Luc Mbah A Moute qui croit tellement au du jeune Embiid, ira voir son père, pour lui proposer de trouver un établissement scolaire à son fils afin qu’il puisse aller jouer au basket aux Etats-Unis, et précisément en Floride.

C’est le grand saut pour Joël. Alors qu’il ne maîtrise pas l’anglais, il part loin de sa famille à 16 ans, pour suivre des études, mais surtout jouer au basket. Les débuts sont compliqués pour le joueur qui doit s’adapter à une nouvelle vie, à une culture différente. Il a d’ailleurs plutôt très mal vécu ses premiers moments en Floride.

« Je suis allé à l’entraînement le premier jour, et j’étais si mauvais que le coach m’a viré du gymnase. Je ne savais pas ce que je faisais. J’étais si fin, si soft. Mais la pire partie était que mes coéquipiers me pointaient sérieusement du doigt, et riaient de moi, comme de stupides enfants dans les films qui parlent du lycée. J’étais fou… Je suis retourné à mon dortoir et j’ai pleuré. Je me disais : “C’est fou. Qu’est ce que je fais ici ? Je ne peux pas jouer, je retourne à la maison.” […] Par la suite j’étais assis dans ma chambre écoutant du Lil Wayne, et je pensais à ces mecs qui se moquaient de moi, et soudainement mon côté compétitif a pris le dessus. Je suis devenu très, très motivé. Quand les gens disent que je ne peux pas faire quelque chose, j’adore ça. Cela me donne envie de leur prouver si fort qu’ils ont tort. Donc je me dis : “OK, je vais littéralement me mettre au travail et travailler dans le gymnase jusqu’à ce que je sois bon. Kobe”. », raconte-t-il.

En effet, Joel Embiid se met à bosser comme un forcené. Il s’améliore bien sous le panier au fil des efforts. Mais sans fondamentaux, difficile d’avancer. Il se doit de les acquérir. Alors que cela commence à venir, son côté de compétiteur acharné s’affirme de plus en plus, jusqu’à faire des concours de tirs du parking avec une fine gâchette de son équipe, Michael Frazier II. Il prend des déculottées, on ne peut plus normal. Mais le Camerounais ne supporte pas de perdre et veut trouver un moyen de le battre. Comme d’habitude, The process va s’inspirer de ce qui se fait de bien ailleurs. Mais cette fois, c’est sur YouTube qu’il recherche l’amélioration, en tapant des requêtes étonnantes sur la réalisation des shoots à 3 points, etc. À force de travailler, il va rapidement améliorer son jeu.

Après un an au lycée, Joel Embiid devient très convoité par des grandes universités américaines. Sur les conseils de Luc Richard Mbah A Moute, il choisit la faculté de Kansas. A l’image de son arrivée en NBA, lorsqu’il débarque dans ce nouvel environnement, The Process a du mal à s’adapter au début. C’était le cas dans sa nouvelle équipe, lors du premier entraînement de la saison sous les ordres de Bill Self. « Lors de mon tout premier entraînement à Kansas, je me suis fait dunker dessus si fort par Tarik Black que j’ai presque abandonné…. Le gymnase entier se moquait de moi. C’était fou. » fait-il savoir

Le moral fragilisé après cet épisode, il est sur le point d’abandonner. Présent à ses côtés, son coach Bill Self le rassure en lui faisant savoir que dans deux ans, il serait le premier choix de la Draft NBA. Comme dans une prophétie, seulement un an après, Joel Embiid est choisi en troisième position de la Draft 2014.

La force de la conviction du prodige ainsi que son ardeur à la tâche l’ont sans doute aidé à accroître ses performances sur le terrain. Le basket est désormais en lui, alors qu’il ne le connaissait pas il y a huit ans. Ce gamin de Yaoundé, qui était tout sauf prédestiné à ce destin, y est arrivé, par volonté, par le travail. Il vient de signer un contrat de chaussures avec la marque américaine Under Armour qui fera de lui le pivot le mieux payé de la NBA.

Avec ce contrat, il veut s’investir davantage dans des œuvres caritatives à travers la Fondation Arthur Embiid & Angels que gèrent ses parents au Cameroun. Notons aussi qu’en octobre 2017, le basketteur avait prorogé son contrat de 5 ans pour 148 millions de dollars (82 milliards de FCFA) avec l’équipe des Sixers de Philadelphie alors qu’il n’avait que 23 ans.

 Jean Christian Bernard Nselel

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