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Yaoundé - 18 avril 2021 -

Nous vous proposons ci-dessous des extraits d’un entretien avec le ministre camerounais de l’Economie, dont l’intégralité sera publié dans le magazine Investir au Cameroun de ce mois de mars 2016, à paraître dans les prochains jours.

Dans son allocution de fin d’année, le chef de l’Etat a de nouveau stigmatisé les lenteurs administratives, qui sont parmi les freins au développement économique du Cameroun. A votre avis, pourquoi est-il si difficile de lutter contre les lenteurs administratives, qui freinent par exemple l’industrialisation du pays ?

Je vais vous raconter une anecdote qui va vous surprendre. L’année dernière au mois de mars, j’ai assisté, avec les ministres de l’Economie, à un forum à Genève. J’y ai rencontré un ancien Premier ministre de Bulgarie, je crois, qui était venu faire un exposé sur le Doing Business. Notamment sur les efforts que son pays avait fait à l’époque, pour gagner 40 points dans ce classement. Nous avons essayé de parcourir l’ensemble des décisions prises par ce pays à cette époque-là, et nous nous sommes rendu compte que le chef de l’Etat camerounais avait déjà pris ces mêmes décisions en 1990.

Notre chef de l’Etat avait déjà pris des décisions futuristes en 1990, avec le vent des lois sur les libertés, y compris sur la liberté des affaires, la liberté d’entreprendre. Par exemple, lorsqu’un opérateur économique sollicitait un agrément, au lieu d’attendre indéfiniment de l’obtenir, c’est l’administration qui avait un délai pour se prononcer. Passé ce délai, l’accord était tacite. Mais, qu’est-ce que l’administration a fait ? Elle n’a pas cru devoir s’arrimer à ces nouvelles décisions, au prétexte qu’elle risque de perdre son pouvoir.

Donc, nous avons effectivement une administration qui est lourde, mais cela a également ses avantages. Cela permet, par exemple, de suivre et de respecter les procédures. Vous savez, quand il n’y a pas des procédures, c’est un peu la porte ouverte aux dérives. Mais, quand les procédures sont longues et rébarbatives, ça peut effectivement poser un certain nombre de problèmes.

En 2013, une loi portant incitations à l’investissement privé au Cameroun a été votée par l’Assemblée nationale. Mais, si l’on en fait le bilan aujourd’hui, force est de constater que les avantages qu’elle induit sont accordés à des opérateurs économiques dont les projets ne sont toujours pas jusqu’ici implémentés…

Est-ce que vous savez que cette loi est critiquée ? Lors de son récent passage au Cameroun, Mme Lagarde, la DG du Fmi, a dit qu’il n’y a pas que cela à faire ! Depuis longtemps, le gouvernement a compris qu’il fallait prendre un certain nombre de mesures visant à inciter les investisseurs à s’installer au Cameroun et a, de ce fait, concocter la loi de 2013. Après, il y a un courant de pensée selon lequel le gouvernement a accordé trop d’avantages aux investisseurs dans le cadre de cette loi. Voilà ce qui est critiqué dans la loi de 2013 !

Bref, le gouvernement camerounais fait des efforts pour attirer les investissements dans le pays. Et dieu merci, cela commence à produire des résultats, puisque beaucoup de conventions ont déjà été signées dans le cadre de cette loi. Des entreprises s’installent et il est question d’en attirer davantage.

Pour ce qui est de cette loi, nous nous sommes dit qu’au lieu de percevoir les recettes dès le départ, ce qu’on appelle la fiscalité de porte, il vaut mieux laisser d’abord l’activité se créer et percevoir les recettes plus tard. C’est un modèle qui a fait ces preuves ailleurs, notamment dans des pays tels que Dubaï ou encore l’île Maurice.

L’autre modèle c’est de se dire, surtout à l’heure actuelle où les prix des matières premières (dont le pétrole) sont en baisse, qu’il faut davantage mobiliser les recettes non pétrolières, parmi lesquelles ont retrouvent les impôts et les taxes. Ce modèle a également ses défenseurs, parmi lesquels Mme la DG du Fmi, puisque c’est cette thèse qu’elle a défendu lors de sa visite au Cameroun.

Ces deux modèles ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Mais, au Cameroun nous avons besoin d’attirer les investisseurs. Maintenant, peut-être qu’il est important d’améliorer le ciblage des bénéficiaires de cette loi, parce que l’inconvénient d’avoir quelque chose de général est que tout le monde peut en bénéficier, y compris ceux qui n’en n’ont forcément pas besoin.

Vous semblez toujours optimiste lorsque vous évoquez la question des APE entre le Cameroun et l’Union européenne. Qu’est-ce qu’il y a de positif dans ces accords, alors que le Cameroun va ouvrir à 80% ses frontières aux produits des pays nettement plus industrialisés ?

Vous savez, je pense qu’il faut être positif dans la vie. Au lieu de pleurer ou de critiquer, je pense que le mieux pour nous est de nous poser la question de savoir ce qu’on va tirer des APE. On n’a pas suffisamment dit que les 80% dont vous parlez sont progressifs. Il y a un calendrier de démantèlement. Et je crois me rappeler que la première phase de ce démantèlement concerne les produits qui sont importants pour nous, notamment les équipements, qui serviront à moderniser notre économie.

Si aujourd’hui vous apprenez, par exemple, que vous pouvez acheter un véhicule qui coûtait 30 millions à 12 millions de FCfa parce que les frais de douane ne s’appliquent plus, dites-moi si c’est une mauvaise ou une bonne chose ! Les premiers produits qui vont faire l’objet de libéralisation ne sont pas des produits qui entrent en concurrence avec les produits fabriqués localement. Ce sont davantage des produits qui vont nous aider à mieux fabriquer les nôtres.

Donc, il vaut mieux se dire que les APE, comme toute médaille, ont leur revers, mais intéressons-nous au bon côté de la médaille. Plus nous allons bien exploiter les APE, parce que nous allons importer à moindre coût des équipements qui nous coûtent jusqu’ici trop cher à l’importation, plus nous deviendrons compétitifs.

Le second avantage des APE c’est l’ouverture des marchés. Nous avons des choses à vendre. Et l’Union européenne se propose de nous ouvrir son marché sans contingentement. De ce point de vue, le problème est que c’est notre production qui risque d’être insuffisante alors que des marchés nous sont ouverts. Comme l’Agoa avec les Américains, les APE sont une possibilité qui nous est offerte d’exporter.

Ma conviction c’est qu’aucun pays au monde ne s’est développé en s’enfermant derrière les barrières douanières. Si vous en avez un, montrez-le moi ! J’ai presqu’envie de vous dire qu’ailleurs, la douane n’est pas tellement considérée comme une source de recettes. La douane est considérée comme un instrument de politique industrielle.

Propos recueillis par BOD et BRM

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A compter du 4 août 2014, les pays de l’Union européenne (UE) laisseront entrer les produits exportés sur leurs territoires respectifs par le Cameroun, «en franchise de droits de douane et sans contingent», a annoncé la Commission européenne dans un communiqué daté du 28 juillet 2014, tout en précisant que cette décision devra d’abord être ratifiée par les parlements de tous les pays concernés.

Dans le même temps, apprend-on, «de son côté, le Cameroun va ouvrir progressivement son marché aux exportations européennes sur une période transitoire prévue jusqu'en 2023. Cette ouverture se fera à l’exception d’un certain nombre de produits de façon à assurer la protection de ses marchés agricoles et industriels qu’il considère comme sensibles», précise le communiqué de la Commission européenne.

Selon l’UE, cet accord «sera favorable à l'accroissement du commerce et à la diversification des activités économiques du Cameroun», de même qu’il constitue un outil majeur de l’Union européenne, pour «accompagner les pays en développement comme le Cameroun vers l'émergence de leurs économies».

Conclu en décembre 2007, et signé le 15 janvier 2009, l’APE intérimaire entre l’UE et le Cameroun a toujours été vertement critiqué, aussi bien par des opérateurs économiques, que par la société civile camerounaise, ces acteurs sociaux craignant qu’à la faveur de cet accord, le Cameroun soit désindustrialisé, pour devenir un simple comptoir commercial des produits massivement importés des pays de l’UE.

Cependant, malgré ces craintes et critiques, «le Cameroun a ratifié l’APE et a notifié sa décision à l’UE le 25 juillet dernier», ouvrant ainsi «une nouvelle ère dans les relations entre l’UE et l’Afrique centrale", jubile le Commissaire européen au Commerce, M. Karel De Gucht.

 

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Au cours d'une rencontre avec des journalistes à Yaoundé, la capitale camerounaise, le 23 juillet 2014, Mahktar Diop, le Vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique a expliqué que le gouvernement avait décidé, le 30 juin dernier, de réduire le volume des subventions des produits pétroliers, sur la base d'indicateurs macroéconomiques cohérents, et que le Banque mondiale n'avait exercé aucune pression à ce sujet.

«Il ne nous appartient pas de dire aux gouvernements des pays avec lesquels nous travaillons ce qu'ils doivent faire. En revanche, nous sommes prêts à soutenir le Cameroun dans la mise en place des mécanismes visant à limiter les effets de cette hausse du prix du carburant à la pompe», a fait savoir M. Diop

Ce haut responsable de la Banque mondiale a aussi révélé avoir discuté, au cours de son audience avec le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, de certains des projets mis en œuvre par le gouvernement camerounais avec l'appui de son institution. 

Il est notamment revenu sur le projet visant à rendre gratuit les manuels scolaires pour une certaine catégorie d'élèves, le projet d'amélioration des services de santé, grâce aux financements basés sur les résultats, et, enfin, le projet encore en phase pilote de mise en place des filets sociaux, visant à protéger les personnes les plus pauvres de la vulnérabilité.

Interpellé sur l'avis de la Banque mondiale sur la ratification récente par le Cameroun de l'accord d'étape vers la signature d’un Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne, Mahktar Diop a expliqué que là aussi, la Banque mondiale n'avait pas de commentaire à faire, le processus étant une initiative conduite entre deux partenaires souverains. 

Par contre, a-t-il précisé, la Banque mondiale reste disponible pour accompagner le gouvernement camerounais dans l'amélioration de la facilitation au commerce, un programme pour lequel l'institution de Bretton Woods a réservé, a-t-on appris le 17  juillet 2014, une enveloppe globale de 30 millions $ (environ 15 milliards de francs Cfa) pour assister les pays sous-développés.

Une descente à Lom Pangar

Face aux nombreux projets cités, Mahktar Diop a été questionné sur la viabilité du rythme d'endettement du Cameroun. Sur ce point, il a fait savoir que même si les indicateurs font ressortir effectivement une certaine progression, «il n'y a pas lieu de s'alarmer, car le ratio endettement-volume global des exportations reste assez confortable. On est loin des niveaux des pays pauvres très endettés», a-t-il indiqué.

Monsieur Diop achève ce jour en territoire camerounais, une visite de travail entamée le 22 juillet dernier. Au cours de son séjour, le vice-président de la Banque mondiale s'est entretenu avec les membres du gouvernement, les responsables de la Banque des Etats de l'Afrique centrale et le Président Paul Biya. Durant son séjour, il aura aussi visité le projet de construction de barrage de retenue d'eau dans la localité de Lom Pangar (au milieu sur la photo, Copyright Banque mondiale), à l'Est du Cameroun.

Petit Bémol dans cet agenda bien synchronisé, les cérémonies de signature de certaines conventions de financement n'ont finalement pas pu avoir lieu et ont été repoussées à une date ultérieure. Officiellement, aucun responsable n'explique les raisons de ce décalage. Mais, selon des sources introduites, le décret devant habiliter les responsables du gouvernement concernés par ces signatures n'avaient pas encore été signés par le président de la République.

Sa visite camerounaise devrait s'achever ce 24 juillet 2014 par une rencontre avec les opérateurs du secteur privé à Douala, la capitale économique du pays, avant qu'il ne poursuivre sur Brazzaville, au Congo, pour une autre étape de sa tournée africaine.

Idriss Linge

 

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« Le Cameroun, leader naturel de la sous-région Cémac se devait de se solidariser avec les autres pays de la sous-région. Il s’est comporté comme s’il voulait et pouvait s’en sortir tout seul. C’est un véritable coup de canif dans le dos de l’intégration. Albert Camus ne disait-il pas  qu’ ’’il y a un peu de honte à être heureux tout seul’’ ? ». Ainsi s’exprimait Protais Ayangma, le président du mouvement patronal camerounais E-Cam dans les colonnes du Quotidien de l’Economie le 18 juillet 2014.

Il réagissait ainsi à la ratification récente par le parlement camerounais de l’accord intérimaire des Ape signé avec l’Union européenne en 2009. Pour lui, « les autres pays se sentant trahis peuvent, et on les comprendrait, former un front contre le Cameroun. D’ailleurs on en est pas si loin. L’existence de deux bourses en Afrique Centrale, l’échec d’Air Cémac au profit de la prolifération de petites compagnies nationales non viables, la faible présence des Camerounais à la tête d’organisations communautaires…sont symptomatiques du crépuscule du Cameroun ».

Le discours officiel du Cameroun quelques temps avant était favorable à la ratification d’un accord régional, même si dans les chaumières, il se murmurait déjà la préparation d’une démarche solitaire. Mais, le président d’E-Cam, soutient que « le gouvernement est resté constant et cohérent sur sa position. Il n’a jamais été question d’accord régional, puisqu’il a toujours clamé que le Cameroun n’était pas dans la même situation que ses voisins et qu’il avait beaucoup plus à perdre en ne signant pas ces accords ».

« C’est triste que les élus du peuple dans leur majorité ne défendent pas les intérêts du peuple qui les a élus, regrette-t-il. Ils ont gravement hypothéqué l’avenir des jeunes générations et des générations futures. Car ce sont elles qui vont trinquer. Déstructurer notre industrie, c’est détruire les emplois qui vont se transporter vers les pays du Nord, nous réduisant au statut de consommateurs. Savez-vous que les mêmes Européens qui nous poussent à signer les APE sont réticents à signer le traité transatlantique avec les USA ? Pourquoi ce qui serait mauvais pour eux, serait-il bon pour nous ? »

L’explication du gouvernement

Comme plusieurs autres hommes d’affaires camerounais, Protais Ayangma pense que ce sont les entreprises camerounaises vulnérables qui vont souffrir de ce choix que le gouvernement qualifie de « stratégique ».  « Que nous rapportent les APE ? Que nous coutent-ils? Pas besoin d’être un économiste de haut vol pour comprendre qu’à partir du moment où la balance commerciale est déficitaire, les APE ne pourront qu’amplifier la situation, car c’est un véritable appel d’air pour les exportations étrangères qui vont envahir nos marchés, alors que nos produits seront freinés par des barrières non tarifaires », s’indigne-t-il.

Selon le ministre camerounais en charge de l’Economie, Emmanuel Nganou Djoumessi, la décision du Cameron est stratégique. «  Il va falloir que nous nous organisions pour produire mieux, en qualité et en quantité. D’abord conquérir le marché local camerounais avant même de regarder l’extérieur. L’ouverture de nos barrières en direction de l’Union européenne va entrainer un certain nombre de conséquences. Nous devons éviter de tirer rapidement les conclusions dans cette affaire. Il y a une étude réalisée en 2008. Cette étude atteste effectivement que nous aurons dans un premier temps des pertes fiscales, mais en même temps le bénéfice qu’en tireront nos entreprises nous permettra de très rapidement rattraper ces pertes fiscales », avait-il expliqué aux députés Emmanuel Nganou Djoumessi.

Selon le ministre, l’accord intérimaire que le parlement a ratifié sera caduc dès qu’un accord régional sera signé. La balle est donc désormais dans le camp du président de la République. Le parlement l’a autorisé à ratifier l’accord d’étape vers ces APE. 

L’Etat camerounais n’aura donc pas attendu la date butoir d’octobre 2014, pour la ratification de cet Accord de partenariat économique (APE) d’étape signé en 2009 avec l’Union européenne. Un accord qui vise à faire progressivement tomber (sur une période de 15 ans) les barrières douanières entre les deux entités, afin d’instituer entre elles, à terme, une zone de libre-échange.

B-O.D.

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L’Etat camerounais n’a pas attendu la date butoir d’octobre 2014, pour ratifier l’Accord de partenariat économique (APE) d’étape signé en 2009 avec l’Union européenne, et qui vise à faire progressivement tomber (sur une période de 15 ans) les barrières douanières entre les deux entités, afin d’instituer entre elles, à terme, une zone de libre-échange.

En effet, le Parlement camerounais a adopté le 9 juillet 2014, le projet de loi défendu par le ministre de l’Economie, Emmanuel Nganou Djoumessi, et autorisant le chef de l’Etat à ratifier l’APE d’étape conclu en 2009 entre l’Etat du Cameroun et l’Union européenne. Selon la règlementation, le chef de l’Etat a 15 jours francs, pour s’exécuter. Le texte avait été déposé «nuitamment» sur la table des députés le 8 juillet 2014 pour examen, «a deux jours de la fin de la session parlementaire» du mois de juin, ne laissant «pas à la représentation nationale et à l’opinion publique le temps d’un débat serein sur une question aussi sensible», dénonce l’Association citoyenne pour la défense des intérêts collectifs (ACDIC) dans un communiqué.

Ces craintes de l’ACDIC se sont avérées fondées, eu égard aux informations glanées çà et là sur le déroulement de la séance plénière d’adoption de ce projet de loi le 9 juillet 2014 à l’hémicycle de l’Assemblée nationale camerounaise. Selon le quotidien gouvernemental, en ouvrant la plénière, le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, a pris le soin d’informer ses collègues députés de ce qu’il appliquerait les dispositions de l’article 39 du règlement intérieur de la Chambre s’il y a beaucoup d’intervenants.

En effet, apprend-on, cette disposition du règlement intérieur de l’Assemblée nationale vise simplement à écourter les débats, puisqu’il donne la possibilité au président de la Chambre de faire passer le temps de parole individuel des députés de 10 minutes à 30 minutes au total par groupe parlementaire. C’est sur cette sorte de cantonnement du débat, que le projet de loi présenté par le gouvernement a été adopté par le Parlement camerounais, consacrant ainsi la marche solitaire du Cameroun vers les APE, au détriment d’une dynamique régionale dans la zone CEMAC pourtant encore réaffirmée il y a quelques mois.

Pour rappel, les acteurs de la société civile camerounaise, des partis politiques de l’opposition, des experts de renom et les opérateurs économiques se sont opposés aux APE depuis le début des négociations, accusant l’Union européenne de vouloir transformer les pays ACP en simple comptoirs commerciaux, dont les industries naissantes pour la plupart, seront anéanties avec la signature des APE. L’ouverture des frontières préconisées par ces accords étant assimilée, au niveau industriel, à un combat outrancièrement déséquilibré, entre un «boxeur libre de ses mouvements et un autre aux mains attachées», pour reprendre l’expression de Protais Ayangma, président d’ECAM, un regroupement du patronat camerounais.

Par ailleurs, «il est à noter que certains membres de gouvernement des pays de l’UE ont dénoncé les relents dictatoriaux de la partie négociante européenne», fait remarquer l’ACDIC, qui souligne que «dans plusieurs régions africaines, les négociations des accords de partenariat économique sont bloquées», situation devant laquelle l’UE privilégie désormais «des accords intérimaires qui pourraient constituer une menace pour la réalisation de l’intégration dans les différentes régions, lesquelles connaissent déjà des difficultés énormes relatives à la libre circulation des personnes et des biens».

BRM

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Selon le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana (photo), la ratification des accords de partenariats économiques avec l’Union européenne devrait positivement impacter le développement de l’agriculture camerounaise, principalement en favorisant sa mécanisation, a-t-on appris dans un entretien accordé par ce membre du gouvernement à Commodafrica. En effet, rappelle-t-il, dans le cadre des APE, «les machines et outils, notamment les machines agricoles, font partie de la deuxième vague de produits à libéraliser dans un délai de l’ordre de 3 ans, voire davantage. Mais, on peut accélérer le processus».

Fort de ce qui précède, Luc Magloire Mbarga Atangana soutient que, «étant donné que la loi de Finances prévoit effectivement des droits de douane élevés (entre 30 et 40% pour l’importation d’équipements agricoles, Ndlr), c’est une raison supplémentaire à l’adresse des opérateurs économiques. Il faut qu’ils comprennent le sens et l’impact de ces APE pour la relance, notamment de notre agriculture. Tout ce qui est engin, tracteur, tout ce qui relève de la mécanisation agricole devrait faire l’objet d’une exonération accélérée des droits de douane. Il faut espérer qu’on va y arriver assez vite».

Pour rappel, le Cameroun a conclu, en 2009, des APE d’étape avec l’Union européenne, qui, à ce jour, n’ont pas encore été ratifiés par l’Assemblée nationale. Face à cette réticence de la partie camerounaise, l’UE a fixé à fin octobre 2014, la date butoir pour la ratification de cet accord, faute de quoi le Cameroun perdra toutes ses préférences commerciales actuelles sur le marché européen.

Cet ultimatum n’a cependant pas freiné les ardeurs des opérateurs économiques, de la société civile camerounaise et des experts, qui soutiennent mordicus que, sans une remise à niveau préalable, efficace et efficiente des entreprises locales, les APE contribueront à la désindustrialisation du Cameroun. De plus, après avoir conclu un APE d’étape individuel en 2009, essuyant ainsi les critiques pour son mépris de la dynamique sous-régionale, le Cameroun a récemment réaffirmé son soutien et son intérêt pour la conclusion des APE à l’échelle de l’Afrique centrale.

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Le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) organise du 30 mai au 1er juin 2014 à Douala, la capitale économique, la 3ème édition des «Universités du Gicam». Cette rencontre entre universitaires, opérateurs économiques et autres consultants, se déroulera sous le thème : «APE et mise à niveau des entreprises», en rapport avec l’entrée en vigueur prochaine (le Cameroun a jusqu’au mois d’octobre 2014 pour ratifier l’accord détape signé à ce sujet avec l’UE) des Accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne.

Pendant trois jours, apprend-on, les participants à cette rencontre des managers avec le monde universitaire auront droit à des discussions autour des thèmes tels que «compétitivité : enjeux pour les APE et pour l’économie nationale, le Cameroun et la ratification des APE, compétitivité des entreprises et mise à niveau, l’accompagnement à l’internationalisation des entreprises camerounaises, comment affronter les APE ? la normalisation dans le contexte des APE…»

«Outil efficace d’aide à la décision pour les managers», selon le Gicam, ces Universités du premier regroupement patronal camerounais sont un rendez-vous annuel, qui «permet de confronter les entreprises aux idées et pratiques nouvelles afin d’améliorer leurs performances», expliquent les organisateurs.

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Le plan d’adaptation et de modernisation de l’économie camerounaise face à la mondialisation, marquée surtout par l’entrée en vigueur prochaine des accords de partenariats économiques d’étape signés avec l’Union européenne (UE) en 2009, nécessite la mobilisation de financements d’un montant total de 2500 milliards de francs Cfa, a révélé le quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune.

Cette somme qui devra être mobilisée à 80% par le Trésor public camerounais, contre 20% pour les partenaires au développement, va permettre, concrètement, de remettre à niveau les entreprises, d’accroître leurs capacités de production et d’exportation. Il sera également question d’améliorer les normes des produits camerounais afin de les arrimer aux exigences internationales, mais surtout de lancer des réformes fiscalo-douanières adaptées aux APE.

Officiellement, apprend-on, l’APE d’étape conclu entre le Cameroun et l’UE en 2009, préconise la libéralisation progressive des importations jusqu’à 80% au bout d’une période de 15 ans. Les pertes de recettes pour le Cameroun au cours de ce processus, apprend-on, se situeront entre 580 et 1500 milliards de francs Cfa chaque année.

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Le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN), structure qui dépend du ministère camerounais de l’Economie, vient d’arrêter les conditions d’éligibilité des entreprises au Programme d’appui à l’amélioration de la compétitivité de l’économie camerounaise (PACOM).

Selon le communiqué ayant sanctionné la dernière session du comité de pilotage du BMN, les entreprises éligibles à ce programme doivent exercer dans les secteurs de «la sidérurgie, la métallurgie, le textile et la confection, l’agro-alimentaire, le tourisme, le BTP, l’électronique et l’électrotechnique, la mécanique, le cuir et la chaussure».

En outre, elles doivent justifier «d’un chiffre d’affaires compris entre 50 millions et 6 milliards de francs Cfa, d’une transformation industrielle représentant plus de 70% du chiffre d’affaires à la dernière année comptable, être en activité depuis au moins 2 ans, disposer de capacités techniques et organisationnelles pour conduire un processus de mise à niveau… »

Le PACOM est financé par l’Union européenne à hauteur de 6,5 milliards de francs Cfa, dans la perspective de la ratification des APE d’étape signés par le gouvernement camerounais le 15 janvier 2009.

Ce programme vise trois objectifs principaux : «la mise à niveau des petites et moyennes entreprises camerounaises du secteur productif industriel et agro-industriel ; le renforcement de la normalisation et de la qualité des produits camerounais ; la mise à la disposition des entreprises de compétences et de structures d’appui plus efficaces, notamment dans les filières ou secteurs prioritaires, de manière à ce qu’elles produisent des biens et services de qualité pour conquérir durablement les marchés», souligne l’Union européenne.

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«Le Commissaire européen chargé du Commerce encourage les progrès sur les accords de libre-échange et sur la facilitation du commerce lors de ses visites en Afrique du Sud, au Cameroun et en Côte d’Ivoire». Tel est l’intitulé d’un communiqué signé le 11 novembre 2013 à Bruxelles par la Commission européenne, et annonçant la tournée africaine (du 10 au 14 novembre 2013) de M. Karel De Gucht, qui arrive ce 12 novembre au Cameroun.

Ainsi que l’indiquent clairement les autorités de Bruxelles dans le document sus mentionné, ces visites dans les pays considérés comme têtes de proue des économies de l’Afrique méridionale, de l’Ouest et du Centre, ont lieu «en prélude à la 9ème Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Bali le 5 décembre 2013, dont l’objectif est de conclure un accord multilatéral sur la facilitation du commerce».

Pour ce faire, le Cameroun qui est présenté dans le communiqué de la Commission européenne comme étant «un pays très actif dans la mise en œuvre des mesures visant à faciliter le commerce», est visiblement une escale importante pour le Commissaire européen chargé du commerce, qui y rencontrera des autorités et des opérateurs économiques, apprend-on de la délégation de l’Union européenne à Yaoundé.

En rappel, contrairement aux autres pays de l’Afrique centrale, le Cameroun a déjà signé un APE intérimaire avec l’UE en 2009, mais hésite encore à le ratifier face aux réticences de la société civile et de nombreux opérateurs économiques qui craignent une disparition du tissu industriel local.

Les pertes de recettes douanières pour le pays, en cas de ratification de cet accord, sont officiellement estimées à 100 milliards de francs Cfa par an, du fait de l’arrivée massive des produits européens sur le marché camerounais, en franchise de douane, l’APE consacrant l’instauration d’une zone de libre échange.

L’arrivée de M. Karel De Gucht au Cameroun intervient quelques jours seulement après le lancement, le 8 novembre 2013 à Douala, du programme d’appui à l’amélioration de la compétitivité de l’économie camerounaise (Pacom).

 

Ce programme financé à hauteur de 6,5 milliards de francs Cfa par l’UE vise à mettre à niveau une centaine de PME camerounaises, et «permettra de faire face aux besoins d'accompagnement du gouvernement camerounais dans la mise en œuvre de l'accord d'étape de l'Accord de Partenariat Economique (APE) signé le 15 janvier 2009 entre l'Union européenne et le Cameroun», souligne l’UE.

BRM

 

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