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Yaoundé - 27 février 2024 -
Energie

Au Cameroun, les prix des carburants font grimper les tarifs de transport, malgré les menaces des autorités

Au Cameroun, les prix des carburants font grimper les tarifs de transport, malgré les menaces des autorités

(Investir au Cameroun) - La hausse des prix du carburant à la pompe, en vigueur depuis le 3 février dernier au Cameroun, a entraîné de facto une augmentation des tarifs des transports urbain, périurbain et interurbain dans plusieurs villes du pays. « J’ai pris le taxi mardi à Nsam escale pour aller au centre-ville. Je n’ai pas proposé, sachant que le prix est 300 FCFA. Mais une fois à destination, le taximan m’a fait comprendre que le prix du ramassage est désormais fixé à 400 FCFA, à cause de l’augmentation des prix du carburant. Ce qui fait 100 francs de plus, alors que la dernière hausse, on avait seulement ajouté 50 francs », se plaint Fadimatou, qui réside dans le troisième arrondissement de la Yaoundé.

Dans certaines agences de voyages, les prix ont également été revus à la hausse. Ici, l’on affirme que cette hausse est une conséquence directe du réajustement des prix à la pompe. Désormais, le litre du super et gasoil coûte respectivement 840 et 828 FCFA, soit une augmentation respectivement de 110 et 108 FCFA. Au lieu-dit Mobil Omnisports par exemple, les passagers qui empruntent les cars pour la ville universitaire de Soa déboursent actuellement entre 50 et 200 FCFA en plus.  

Mais les autorités affirment qu’il s’agit d’une hausse « illicite », car décidée unilatéralement par les transporteurs. Il y a quelques jours, le sous-préfet de Belabo (Est), Dahirou, a interpellé, par voie de communiqué radio, une compagnie de transport interurbain de passagers de sa circonscription administrative ayant de « façon unilatérale » augmenté le prix du transport sur la ligne de Bertoua, en majorant le tarif à 500 FCFA. Ce, alors qu’une décision sur une éventuelle augmentation du prix du transport n’est pas encore intervenue. L’autorité administrative rappelle que cette décision devrait se prendre en accord avec les syndicats des transporteurs.

« Je rappelle à toutes fins utiles que la hausse illicite des prix pourrait entraîner des sanctions réglementaires à l’encontre des réfractaires, allant jusqu’à la suspension de l’autorisation de transport », a mis en garde le délégué régional des Transports de l’Ouest, Paul Biya, dans une correspondance adressée aux responsables des agences de voyages de la région ce mercredi 7 février. Dans celle-ci, il leur demande de pratiquer la grille tarifaire en vigueur pour le transport des personnes, en attendant les conclusions des concertations engagées par le gouvernement avec les partenaires sociaux en vue d’une éventuelle augmentation des prix.

Mesures d’accompagnement

Du côté du gouvernement, l’on affirme qu’on est « conscient » de l’impact de la hausse des prix du carburant sur le secteur des transports. Mais l’on assure que si l’augmentation du prix est entérinée, il ne s’agira pas d’une décision unilatérale, mais du fruit des concertations entre toutes les parties prenantes. À ce propos, le ministre du Commerce (Mincommere) a écrit aux présidents des syndicats des transports urbain, périurbain et interurbain pour dénoncer la « révision unilatérale » des prix par certains de leurs adhérents. Dans cette correspondance datée du 5 février dernier, Luc Magloire Mbarga Atangana rappelle que le gouvernement et les syndicats « se sont engagés » à ouvrir « sans délai » des concertations en vue d’examiner l’impact du réajustement des prix des produits pétroliers et d’envisager les mesures d’accompagnement possibles, avant de s’accorder sur une « augmentation éventuelle » du coût des prestations de transport.

« Ce processus est en cours, dans un esprit de partenariat, de dialogue et de confiance mutuelle. Rien ne saurait par conséquent justifier l’attitude de ceux-là de vos membres qui croient pouvoir s’affranchir de cette ligne de conduite qui honore les syndicats des transports urbain, périurbain et interurbain, au même titre, au demeurant, que les transports par route ou par chemin de fer », poursuit-il. Par conséquent, ils demandent aux leaders syndicaux de bien vouloir dire à leurs adhérents concernés de revenir sur la tarification en vigueur, au risque des sanctions conséquentes prévues par les lois et règlements en vigueur.

Le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, assure que le gouvernement travaille avec ses différents partenaires sociaux pour mettre en place un ensemble de mesures d’accompagnement en vue de l’atténuation des effets de cette augmentation des prix du carburant sur la santé économique des sociétés de transports. « Il faut également relever qu’il existe d’autres transporteurs qui sont en contrat avec l’État. C’est le cas par exemple des sociétés de transport urbain de masse et d’une entreprise comme Camrail (concessionnaire du chemin de fer camerounais, NDLR), pour lesquels une modification des prix de transport obéit à un canevas différent du reste des transporteurs. Le secteur aérien aura sans doute également des répercussions, notamment avec la compagnie nationale Camair-Co. Pour tous ces cas de figure, le gouvernement mènera des concertations pour adopter la voie la plus bénéfique pour le secteur », a-t-il déclaré le 6 février. Il s’exprimait à l’occasion de la communication gouvernementale sur les raisons de la revalorisation des prix à la pompe.

Patricia Ngo Ngouem

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