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Yaoundé - 11 décembre 2018 -
Portraits

Kaltoume Idriss, CEO de « Les Paniers De Bintou

Kaltoume Idriss, CEO de « Les Paniers De Bintou

(Investir au Cameroun) - Je m’appelle Kaltoume Idrissou ABOUBAKAR, j’ai 34 ans. Je suis née dans la ville de Mbalmayo dans le Centre camerounais.
J’ai effectué mes études primaires et secondaires à Mbalmayo et à Libreville au Gabon où résidait mon père. Une fois mon baccalauréat décroché en 2004, je reviens au Cameroun poursuivre mes études supérieures. Deux ans plus tard, j’obtiens un Brevet de Technicien Supérieur (Bts) en commerce international à l'Université de Yaoundé sud joseph Ndi samba en 2006.
Grâce à ce diplôme, je réussis rapidement à m’insérer dans le monde professionnel. Je vais travailler pendant quelques temps au service commercial de Mitcam (le concessionnaire automobile Nissan) avant d’occuper la direction des transports de Transline, une entreprise de transport et convoyage de conteneurs en zone CEMAC.

DU CONCEPT « Les Paniers De Bintou » A SA MATÉRIALISATION, PAR QUOI ÊTES-VOUS PASSÉE ?
Avant de créer mon entreprise, j’étais attirée par l’idée d’être mon propre patron. A défaut de l’espérance lucrative qu’offrait ce type d’aspiration, je voulais surtout me rendre utile en apportant des solutions aux problèmes observés dans mon environnement. C’est cette motivation qui va me conduire en 2012 à ma première expérience entrepreneuriale. Hélas, celle-ci va se solder par un échec deux ans après, en 2014.
En effet, en 2012, j’avais créé une entreprise de transport de marchandises du port de Douala pour les pays de la zone Cemac (Douala-Ndjamena, Douala-Bangui- Douala-Ouesso au Congo). Mes affaires prospéraient. J’avais même réussi à signer des contrats avec certaines entreprises parmi lesquelles Bolloré.
L’échec dans cette aventure était dû à un problème de gestion. Je n’arrivais pas à dissocier les revenus de l’entreprise de mes revenus personnels. J’utilisais des fois certaines recettes pour mes besoins personnels sans penser à réinvestir dans mon affaire. Conséquence, je me suis retrouvée incapable de financer certains marchés !
Remise de ce premier échec, un an plus tard, je lance le concept « Les Paniers De Bintou », une initiative de livraison de fruits et de légumes à domicile.
Pour précision, Les Paniers De Bintou a pour raison sociale CAFADEC SARL.
Par ailleurs, il est aussi à préciser que ce concept n’’était pas issu du hasard. Il faisait suite à plusieurs observations.
A la base, j’avais constaté autour de moi que les femmes entrepreneures sont tellement occupées par leur travail que faire leurs courses pour elles est un vrai calvaire. Je me suis donc demandé pourquoi ne pas développer une activité qui permettrait de résoudre ce problème. Ma volonté et ma motivation aidant je réussis finalement à matérialiser mon concept.

LE POINT SUR TON ENTREPRISE A CE JOUR, COMMENT FONCTIONNE-T-ELLE ET QUELLES SONT TES PERSPECTIVES ?
Aujourd'hui ''les paniers de Bintou'', livre des vivres frais à des particuliers, des entreprises et même à certains supermarchés comme Carrefour Market.
Nous confectionnons des packs alimentaires qui sont flexibles et personnalisables. Notre service consiste à enregistrer les commandes via un numéro WhatsApp, à travers notre page Facebook ou encore notre contact téléphonique. Une fois la commande enregistrée, nous livrons. Les livraisons se font gratuitement pour toutes les personnes qui résident à un taxi du quartier Akwa. Les paiements se font à la livraison.
Sur le plan de nos ressources humaines, nous sommes une équipe de cinq personnes au sein de laquelle on retrouve un chargé de la prospection pour le compte de nos produits dans les surfaces où nous les distribuons, un responsable du suivi des ventes, un cadre administratif. Bien que dirigeante de cette équipe je suis moi-même à l’œuvre avec une autre collaboratrice qui m’aide dans le ravitaillement aux clients, les livraisons, les différentes courses et le nettoyage des vivres.
Le siège de notre entreprise est à Bonabéri (Douala), mais nous venons d’acquérir un nouveau local à Deido.
Afin de diversifier mes activités, je me suis associée à d'autres femmes ayant la même vision que moi. Nous avons décidé de créer des champs, mais aussi d’œuvrer nous même à la transformation de certains de nos produits. Parmi les produits transformés, nous comptons le gingembre et piment moulu, ainsi que de la bouillie de maïs. Comme perspective, nous comptons nous implanter dans la ville de Yaoundé au cours de l’année 2018.

COMMENT AVEZ-VOUS FINANCE VOTRE PROJET ?
Mon projet a été en partie financé par mes propres économies. J’ai aussi reçu un soutien financier de quelques membres de ma famille.
Cependant, j’ai réellement été propulsée par une formation à laquelle j’ai participé. Il s’agit de la formation GERME (Gérer mieux mon entreprise), un programme lancé par le Bureau international pour le Travail (BIT) en partenariat avec le GICAM. Cette formation m’a donné tous les outils nécessaires pour être un bon manager. Elle m'a aussi permis d'éviter certains pièges de l'entrepreneuriat.

QUEL CONSEIL DONNERIEZ-VOUS AUX PERSONNES QUI VEULENT SE LANCER DANS L’ENTREPRENARIAT ?
Le conseil que je donnerais à ceux qui veulent réussir dans l'entrepreneuriat, c'est de ne pas toujours attendre d'avoir de gros financements pour se lancer. J'ai lancé mon entreprise avec une somme de 250 000 f CFA empruntée chez mon frère.
Je fais partie des personnes qui pensent que "l’on peut partir de rien et réussir dans la vie". Le plus important c'est d'être rigoureux, organisé et toujours planifier ses activités.

QUELLE EST VOTRE PHILOSOPHIE DU LEADERSHIP ?
Ma philosophie du leadership consiste à toujours tout ménager pour permettre à mes collaborateurs de s’épanouir, de prospérer. Je pense qu'un bon leader doit souhaiter sa réussite personnelle mais aussi celle de ses collaborateurs.

ACTIVITÉS CONNEXES ET ÉDIFICATION DIVERSE
En dehors de la livraison des vivres, je me consacre à la transformation de mon gingembre et de mon piment. Je fais aussi régulièrement le tour de mes champs de légumes afin d’évaluer le travail fait par la personne qui s’en occupe.
Je suggère aussi au jeune entrepreneur de, NE JAMAIS GARDER LA CAISSE DE L'ENTREPRISE DANS SES POCHES, et de toujours faire la part des choses.

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