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Yaoundé - 19 février 2019 -
Commerce

Le gouvernement camerounais diffère la hausse des prix des boissons alcoolisées, prenant à contrepied les spéculateurs

Le gouvernement camerounais diffère la hausse des prix des boissons alcoolisées, prenant à contrepied les spéculateurs

(Investir au Cameroun) - Le 15 janvier 2019 à Yaoundé, la capitale camerounaise, le ministère du Commerce, au sortir d’une concertation avec les opérateurs du secteur brassicole et autres producteurs des boissons alcoolisées, a annoncé le maintien des prix de vente actuels des boissons alcoolisées sur l’ensemble du territoire. Cela, en attendant la mise à sa disposition d’une grille des prix révisée par les producteurs, laquelle grille, apprend-on, doit être préalablement validée par le gouvernement, conformément à la loi.

Ce gel provisoire des prix s’est avéré être un véritable pied-de-nez pour certains grands distributeurs et tenanciers des débits de boissons de la ville de Yaoundé, qui avaient d’ores et déjà suspendu les ventes, attendant impatiemment la décision d’une augmentation des prix, pour l’imputer aux consommateurs, y compris sur les anciens stocks.

C’est à l’effet d’éviter ce type de pratique que la Brigade nationale de contrôle et de répression des fraudes du ministère du Commerce, a achevé le 15 janvier 2019 dans la capitale du pays, un inventaire des stocks des boissons disponibles auprès des grossistes et des distributeurs.

Cette mission débutée le 10 janvier dernier visait à faire un état des lieux des stocks, en prélude à «l’évaluation des incidences des droits d’accises institués par la loi de finances 2019 sur les prix des boissons alcoolisées et hygiéniques, et à la hausse envisagée des prix par l’industrie brassicole nationale», souligne un document officiel du ministère du Commerce. 

En effet, selon la Cameroon Alcohol Producers Association (CAPA), les nouvelles mesures fiscales relatives au calcul des droits d’accises, telles que prévues par la loi de finances 2019, ont un impact moyen allant de 70 à 115 francs Cfa par bouteille actuellement vendue à 600 francs Cfa. 

Mieux, cette incidence financière des droits d’accises, couplée à d’autres impôts tels que la TVA (19,25%) et le précompte de 2,2%, ont un «impact total moyen qui se situe entre 85,02 et 139,66 francs Cfa par bouteille», apprend-on.

Cette charge fiscale, soutiennent les membres du CAPA dans une lettre ouverte adressée en novembre 2018 au ministre des Finances, devrait entraîner «une augmentation moyenne de 100 à 150 francs Cfa par bouteille, sur le prix de vente pratiqués actuellement», afin de garantir un certain équilibre financier aux producteurs.

Mais, en décembre 2018, suite à une concertation avec les entreprises brassicoles et d’autres producteurs de boissons alcoolisées membres de la CAPA, le gouvernement camerounais, à travers le ministère du Commerce, avait obtenu que la hausse des prix de vente, suite aux mesures fiscales édictées par la loi de finance 2019, ne se fasse pas avant le 15 janvier 2019.

A en croire les producteurs des boissons, si cette hausse des prix envisagée ne se fait pas dans les proportions souhaitées, cela pourrait entraîner chez les entreprises productrices, la prise de mesures de réduction des charges telles que la réduction des effectifs, la suppression des achats des matières premières locales ou encore le gel de certains investissements. 

Brice R. Mbodiam 

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