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Yaoundé - 27 janvier 2021 -

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Agriculture

Cameroun Vert SA, société du milliardaire Aboubakar al Fatih, épinglée par Greenpeace

Cameroun Vert SA, société du milliardaire Aboubakar al Fatih, épinglée par Greenpeace

(Investir au Cameroun) - Dans un communiqué publié ce 28 septembre, Greenpeace qualifie « d’illégale », la plantation de palmiers à huile en cours de création à Campo et Niété, dans le Sud-Cameroun. Elle est opérée par l’entreprise Cameroun Vert SA (Camvert), appartenant au milliardaire camerounais Aboubakar al Fatih.

« Le projet de Camvert viole la loi camerounaise et les normes internationales », estime l’ONG internationale de défense de l’environnement. En novembre dernier, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute a retiré la zone de Camvert du domaine forestier « permanent ». « Pourtant, aucune des deux conditions juridiques préalables à un tel déclassement n’étaient remplies. Le déclassement de cette zone représente également une atteinte aux droits des populations locales consacrés dans la loi camerounaise. », soutient Greenpeace.

Dans un rapport, intitulé Les « petites illégalités » du processus de déclassement et de concession des 60 000 ha de forêt au profit d’une agro-industrie à Campo et Nyété paru en août dernier, Green Development Advocates informait en effet qu’« aucun décret déclarant l’utilité publique n’a été publié, et la version finale du rapport d’EIES (d’étude d’impact environnemental et social NDLR) n’avait pas encore été validé. »

Le 9 avril 2020, relate l’ONG, suite à ce déclassement, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, a approuvé le défrichage d’une zone initiale de 2 500 hectares sur les 60 000 hectares que Camvert cherche à « convertir » en plantation, une superficie égale à plus de six fois Dakar.

À en croire Greenpeace, la zone de Camvert borde le Parc national de Campo Ma'an, une zone cruciale pour la biodiversité. En plus des chimpanzés, ce parc contient d’autres espèces menacées à l’instar du pangolin géant, l’éléphant d’Afrique, des gorilles, des buffles, des léopards, des mandrills et une riche diversité de la flore.

Défense de Camvert

Dans son rapport décrivant le projet à Campo, Camvert se défend en indiquant qu’un plan de gestion environnementale et sociale (PGES) assorti du programme de surveillance et de suivi environnemental a été élaboré. Il en est de même des outils de contrôle et de surveillance.

« La mise en œuvre à court terme des mesures d’atténuation et de bonification est estimée pour les aspects que nous avons pu évaluer à deux cent neuf millions sept cent cinquante mille (209 750 000) FCFA. Ces coûts ne tiennent pas compte des activités (mesures) prévues dans le budget d’investissement du projet », déclare l’entreprise.

D’après Camvert, l’évaluation environnementale menée avec la participation des différentes parties prenantes a mis en évidence de nombreux impacts sur les composantes environnementales. Les principaux impacts positifs sont : la création des emplois et des activités génératrices de revenus (8 000 emplois directs et 15 000 emplois indirects) ; la réduction du déficit structurel en produits gras ; la promotion des activités du mécanisme de développement propre, l’appui à la mise en place de 5000 ha de plantations individuelles, collectives et communales, etc.

Comme principaux impacts négatifs du projet, l’entreprise admet : la dégradation de la qualité de l’air ; la pollution physico-chimique et bactériologique de l’eau et du sol ; la pression sur la ressource en eau et la perturbation du débit des cours d’eau ; la perte de la couverture végétale et déstabilisation de l’habitat de la faune ; la recrudescence du braconnage ; les risques de conflits avec les populations, hommes-animaux, etc.

Comme principales mesures d’atténuation, l’agro-industrie envisage la construction d’une station de traitement des eaux usées ; l’installation d’un silo au niveau du broyeur de la biomasse pour réduire l’envol des particules ; la prévention des cas de pollutions (carburants, huiles et eaux usées, déchets d’emballages et autres, boues de vidange, etc.) ; l’appui à la mise en place des projets d’élevages pour la consommation domestique ; la réalisation d’une étude sur les hautes valeurs de conservation…

Sylvain Andzongo

Lire aussi:

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