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Yaoundé - 28 février 2024 -
Economie

Gicam-Ecam : comment la fusion ouvre la porte au maintien de Célestin Tawamba à la tête du patronat

Gicam-Ecam : comment la fusion ouvre la porte au maintien de Célestin Tawamba à la tête du patronat

(Investir au Cameroun) - Les conseils d’administration du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) et d’Entreprises du Cameroun (Ecam) ont opté pour une fusion-création, prévue pour prendre effet dès le 1er janvier 2024, peut-on constater en lisant le traité de fusion, signé le 5 avril 2023 à Douala par Célestin Tawamba et Protais Ayangma, les présidents respectifs de ces deux organisations patronales. Le texte prévoit, en effet, que le Gicam et Ecam seront dissouts pour faire un apport global de leur situation active et passive à une « nouvelle structure unifiée ».

« En contrepartie des apports effectués par Ecam et le Gicam, l’entité née de la fusion s’engage à soumettre à son assemblée générale constitutive, le projet de statut de la nouvelle entité créée », précise le traité. Selon le même document, cette assemblée générale constitutive sera suivie d’une assemblée générale élective. Dans cette nouvelle entité, dotée de statuts nouveaux et d’une « structure organique repensée », rien ne s’oppose à la candidature de Célestin Tawamba qui ne pouvait plus statutairement se représenter à la tête du Gicam lors des élections alors prévues cette fin d’année.

Pour l’instant, le président-directeur général (PDG) de Holding Cadyst Consumer Group (HCCG) n’a pas encore publiquement dévoilé ses intentions. Mais depuis la fin de l’année dernière, des membres du Gicam lui prêtent l’ambition de vouloir prolonger son bail à la tête de l’organisation patronale la plus importante du pays (avec un millier d’adhérents) en modifiant ses statuts qui limitent le nombre de mandats du président à deux.

Une fusion sur mesure

Lors de la cérémonie de signature du traité de fusion, les présidents du Gicam et d’Ecam ont, dans leurs discours respectifs, justifié leur projet par la volonté de construire une nouvelle centrale patronale « plus forte », « moderne », « plus puissante », « plus audible », « plus influente », « plus performante », « plus représentative » et « plus à l’écoute des nouveaux enjeux ». Mais pour certains adhérents du Gicam, ce processus, débuté le 6 février dernier, viserait aussi à servir les ambitions personnelles de leur président. Et le type de fusion qui a été choisi les conforte dans leur position.

En effet, là où beaucoup pariaient sur une fusion-absorption, c’est plutôt une fusion-création qui a été préférée. La première option, consistant en l’absorption d’Ecam par le Gicam, semble pourtant plus conforme à l’objectif que c’était fixé le PDG de HCCG le 29 juin 2017, lors de son investiture comme président du Gicam. Ce jour-là, il s’était engagé à ne ménager aucun effort pour « réunir et fédérer tous les patrons au sein de la maison commune qu’est le Gicam… ». La préférence pour la fusion-création, qui entraine la dissolution du Gicam, n’a pas été justifiée. Mais, les contempteurs de Célestin Tawamba soulignent qu’elle avait l’avantage d’ouvrir la porte à son maintien à la tête du patronat. 

Selon le traité de fusion, « seuls les membres du Gicam et de Ecam pourront prendre part à l’assemblée générale élective de l’entité née de la fusion ». Et cette entité, selon le même texte, « s’engage à insérer dans ses statuts, des dispositions permettant la représentation au sein de son conseil d’administration des membres provenant de Ecam et du Gicam ». En d’autres termes, ces statuts devraient contraindre les listes de candidats au conseil d’administration de contenir des membres du Gicam et de Ecam pour être validées.

Soutien de poids

Ces dispositions pourraient contrarier les projets d’Emmanuel Wafo. Le PDG de Mit Chimie, présenté comme le filleul d'André Siaka, ambitionnait de prendre la tête du Gicam après Célestin Tawamba. Il devrait désormais convaincre jusqu’à dans les rangs d’Ecam pour devenir patron des patrons. À contrario, il s’agit clairement d’un avantage pour Célestin Tawamba qui bénéficie déjà d’un soutien de poids au sein d’Ecam en la personne de son président.

« De fait, le président Tawamba et nous partageons le même logiciel relativement à la vision, au rôle et à la fonction d’une organisation d’employeurs », a confié Protais Ayangma, lors de la signature du traité de fusion. Il faut dire que les deux hommes, qui ont initié le projet de fusion, étaient déjà à la tête d’une faction du Gicam qui avait choisi de quitter le navire en 2008, à la suite d’un processus électoral controversé, pour créer Ecam. Le PDG de HCCG est cependant revenu à de meilleurs sentiments quelque temps plus tard sans rompre ses liens avec ses compères. Pour implémenter leur vision du patronat, il leur reste seulement à faire entériner le traité de fusion par leurs assemblées générales.

Aboudi Ottou et Cédrick Jiongo

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