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Yaoundé - 24 septembre 2022 -
Agriculture

Huile de palme : comment Camvert s’emploie à créer l’adhésion autour de son projet agro-industriel à Campo et Niété

Huile de palme : comment Camvert s’emploie à créer l’adhésion autour de son projet agro-industriel à Campo et Niété

(Investir au Cameroun) - Du 17 au 19 août 2022, la société anonyme Cameroun vert (Camvert), qui ambitionne de créer une palmeraie de 50 000 hectares (ha) en vue de produire chaque année 180 000 tonnes d’huile de palme brute et 18 000 tonnes d’huiles de palmistes, a organisé deux ateliers successifs à Kribi, capitale du département de l’Océan. Ces rencontres ont regroupé les autorités administratives et municipales de Campo et Niété, arrondissements qui abritent sa concession foncière provisoire de 40 000 ha, les chefs traditionnels, les représentants des peuples autochtones et les organisations de la société civile de Campo-Ma’an. Objectif : évaluer la mise en œuvre du projet agro-industriel et des engagements socio-environnementaux de l’entreprise.

Il faut dire que face aux contestations et inquiétudes qui se sont fait jour dès le lancement des activités de Camvert en septembre 2019, la société, contrôlée par le milliardaire camerounais Aboubakar al Fatih, a entrepris de signer, en mai 2020, un protocole d’accord pour le « suivi indépendant » des activités de son projet avec les organisations de la société civile de Campo-Ma’an, réunies autour d’un collectif. Elle a également souscrit à des cahiers de charges visant la réalisation des actions socio-économiques avec les communes de Campo et de Niété et les communautés locales (groupements Mvae et Iyassa et les Bagyelis). Objectif revendiqué : adopter une gestion inclusive afin de créer l’adhésion autour du projet.

Une vingtaine de milliards déjà investis

Depuis lors, un exercice d’évaluation et de planification se fait chaque année. Lors de l’édition 2022, l’on a appris, des responsables de l’entreprise, qu’en moins de trois années d’activités, une vingtaine de milliards de FCFA ont déjà été investis dans le projet, dont plus de 10 % consacrés aux mesures socio-environnementales, soit plus de 2 milliards de FCFA. « Le conseil d’administration tient à ce qu’au moins 10 % de nos budgets soient orientés vers les questions sociales », justifie Mohamadou Dialo, le responsable développement durable de Camvert.

Cet investissement a permis à l’entreprise de disposer à ce jour d’une plantation de 4500 ha. « Les prévisions pour la saison de planting 2023 annoncent une nette accélération de la cadence et portent les projections à 2500 ha, soit un cumul de 7 000 ha à la fin de l’exercice 2023 », a indiqué Mammoud Mourtada, le directeur général de Camvert. L’entreprise projette d’ailleurs de commencer, au plus tard au dernier trimestre 2023, les récoltes de ses premiers régimes de noix de palme. « Ceci voudrait dire clairement que dans les mois à venir, nous allons installer nos usines de production d’huile de palme et de palmiste », a précisé Mohamadou Dialo.

Création de palmeraies communautaires

Dans le cadre des réalisations socio-économiques au bénéfice des communautés locales, 6000 plants de palmiers ont été distribués à une vingtaine de planteurs en vue de la création de 50 ha de palmeraies villageoises dans la commune de Campo. Il faut dire que le projet vise à terme à créer, à côté de la plantation industrielle et sous l’encadrement de Camvert, 5000 ha de plantations communales et communautaires. Dans la même veine, l’entreprise s’est engagée à fournir, l’année prochaine, 45 000 plants aux cultivateurs de la commune de Niété pour contribuer à la création de 300 ha de plantations.

Selon les participants, Camvert a par ailleurs distribué du matériel didactique, organisé des campagnes de santé, octroyé des stages de vacances, mais surtout réfectionné plusieurs axes routiers du département. Grâce à ces travaux de réfection, il est aujourd’hui possible de faire Kribi-Campo en moins de deux heures contre plus de six heures auparavant. Une attention a aussi été accordée aux pygmées Bagyelis. En vue de faciliter leur scolarisation et leur insertion professionnelle, un processus d’établissement des actes de naissance à leur bénéfice est en cours. Une bourse annuelle de 90 000 FCFA (en bon d’achat pour les fournitures scolaires) est accordée à chaque enfant depuis l’année dernière. Par ailleurs, la construction d’un foyer des enfants Bagyelis, présenté comme un « espace de socialisation », « une zone de transit entre l’univers familial et le milieu de l’enseignement scolaire », est en projet.  

Impact environnemental  

Mais des témoignages recueillis sur place, les activités de Camvert auraient déjà un impact sur l’environnement. « Il n’y a pas de plantation industrielle sans impact sur l’environnement », a confessé le responsable développement durable de l’entreprise. « Mais ce que nous faisons c’est de maîtriser au maximum les effets négatifs. C’est pourquoi notre modèle (que ce soit pour les usines, le traitement des eaux, la pépinière…) est en cycle… On ne fait rien par hasard et les inspecteurs assermentés sont tous les jours dans nos plantations et pépinières pour faire des prélèvements. Et jusqu’à présent, l’impact que les gens ont écrit à tort et à travers n’est pas celui qu’on observe sur le terrain », a assuré Mohamadou Dialo.

« Des conventions, telles que le mémorandum d’entente signé avec le ministère des Forêts et de la Faune, nous permettent de venir en appui aux services de la conservation afin de mieux préserver la biodiversité dans le parc de Campo-Ma’an. C’est à ce titre que nous avons travaillé conjointement avec le conservateur pour rafraîchir les limites du parc national de Campo-Ma’an sur un linéaire d’environ 35 km », a pour sa part indiqué Mammoud Mourtada.

Se fondant notamment sur l’impact projeté du projet sur l’environnement et la biodiversité, Greenpeace, ONG internationale de défense de l’environnement, mène une campagne pour l’arrêt du projet. Une démarche que Camvert considère comme « une bataille contre le développement du secteur agro-industriel camerounais (…) dont l’objectif principal est de maintenir l’Afrique dans la dépendance alimentaire ».

Pour l’entreprise, les retombées économiques attendues du projet sont plus importantes que ses impacts négatifs. Elle cite notamment la création d’emplois (un millier à ce jour), la satisfaction des besoins du marché local en huile de palme qui devrait permettre de réduire les importations de ce produit, la dynamisation du développement de la filière oléochimie. Un discours dont est sensible le gouvernement qui considère que le projet est en droite ligne de sa politique d’import-substitution. Cette politique vise à booster la production locale tout en réduisant les importations notamment des produits alimentaires.

Aboudi Ottou, de retour de Kribi

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