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Yaoundé - 16 avril 2024 -
Finance

Cemac : la Beac projette un nouveau repli des réserves de change de 2,7% en 2024, malgré une règlementation plus rigide

Cemac : la Beac projette un nouveau repli des réserves de change de 2,7% en 2024, malgré une règlementation plus rigide

(Investir au Cameroun) - La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a tenu, le 25 mars 2024, la première session de l’année de son Comité de politique monétaire (CPM) à son siège à Yaoundé, la capitale camerounaise. Au sortir de cette rencontre de laquelle sortent les prévisions macroéconomiques de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA), il est projeté « un léger repli des réserves de change de 2,7% à 6 699 milliards de FCFA » au cours de l’année 2024. Selon la banque centrale, ce volume de réserves « correspond à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 74,2% et des réserves en mois d’importations de biens et services à 4,3 en 2024, contre 4,8 en 2023 ».

Si cette prévision se réalise, la Cemac enregistrera alors une 2e année consécutive de baisse de ses réserves de change, après celle de 2023. En effet, au terme de cette année-là, les réserves de change, qui garantissent solidairement les importations des six pays de cette communauté, sont officiellement revenues de 4,95 mois d’importations en 2022, à 4,8 mois en 2023. En dépit de cette nouvelle baisse des réserves qui pourrait survenir en 2024, les prévisions sont rassurantes sur les capacités d’importations de la sous-région, mais surtout mettent largement cette dernière à l’abri d’une dévaluation du FCFA. Ceci dans la mesure où, selon le gouverneur de la Beac, le Centrafricain Yvon Sana Bangui, ces réserves sont, depuis un moment, sorties « du seuil critique de 3 mois d’importations ».

Règlementation de change

À en croire le premier membre du tout nouveau gouvernement de la Beac, le repli qui se profile à l’horizon est tout simplement le fait de « la hausse des importations, consécutivement au dynamisme des activités économiques » dans les pays de la zone Cemac. Mais, en plus du dynamisme des activités économiques qui dopent les importations, des sources internes à la banque centrale des pays de la Cemac justifient également la baisse projetée des réserves de change par l’attitude de certains opérateurs économiques, qui sont toujours à la manœuvre pour se soustraire à l’obligation de rapatrier les devises issues de leurs activités à l’étranger. Ce rapatriement leur est pourtant imposé par la nouvelle règlementation de change, adoptée en décembre 2018 et entrée en vigueur depuis mars 2019.

De ce point de vue, une rencontre est à nouveau prévue le 28 mars 2024 à Douala, entre les responsables de la banque centrale et les membres du Syndicat des industries du Cameroun (Syndustricam), sur le thème : « transferts de devises : un plaidoyer pour les industries ». En effet, malgré quelques aménagements effectués par la banque centrale pour assouplir certaines exigences de la nouvelle règlementation de change, les opérateurs économiques continuent non seulement de s’en plaindre, mais manœuvrent toujours pour s’en soustraire.

 Mesures d’assouplissement

Parmi les opposants les plus farouches à la nouvelle règlementation de change de la Cemac, il y a surtout les entreprises opérant dans le secteur extractif. Pour ces derniers opérateurs, la nouvelle règlementation de change n’est en vigueur que depuis le 1er janvier 2022, soit 3 ans après son application aux autres opérateurs économiques. C’est que, après près d’une centaine de rencontres avec les dirigeants de la Beac, les entreprises du secteur extractif, qui refusaient jusqu’ici de se soumettre à cette règlementation, ont pu obtenir d’importantes concessions de la banque centrale.  Ce qui les soumet finalement à un texte beaucoup plus assoupli.

Par exemple, contrairement aux autres entreprises, les sociétés du secteur extractif ont le droit de détenir des comptes en devises aussi bien dans la zone Cemac qu’à l’étranger. De plus, ces comptes sont insaisissables. Parmi les concessions faites aux opérateurs du secteur extractif, il y a également la possibilité de transférer à l’étranger les revenus des travailleurs expatriés, à partir des comptes onshores (ouverts dans la zone Cemac) en devises, d’une part, et d’autre part, la possibilité de payer en devises les sous-traitants exerçant dans la zone Cemac.

En dépit de ces mesures d’assouplissements, révèlent les données de la Beac, les rapatriements et la rétrocession à la Beac (35%) des devises des entreprises du secteur extractif ont contribué à augmenter les réserves de changes de la Cemac de 43%, entre janvier 2022 et janvier 2023. Une dynamique que le nouveau gouverneur entend maintenir, en dépit des pressions des opérateurs économiques. En effet, selon Yvon Sana Bangui, son mandat à la tête de la banque centrale aura entre autres points d’orgue, « le renforcement du respect de la règlementation de change ».

Brice R. Mbodiam

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