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Yaoundé - 01 octobre 2020 -

Onze ans après avoir obtenu le tout premier permis d’exploitation minière du Cameroun le 11 avril 2003, Geovic Cameroun, filiale de la junior minière américano-canadienne Geovic Mining Corp, a abandonné son projet d’exploitation du gisement de bauxite, cobalt et manganèse de Nkamouna, dans l’arrondissement de Lomié, région de l’Est du Cameroun.

Selon nos sources, les locaux abritant la direction générale de l’entreprise au quartier Bastos à Yaoundé, ont été vidés et le mobilier entièrement vendu. Sur le terrain, à Nkamouna, un employé de Geovic Cameroun contacté par l’agence Ecofin indique que «Geovic est en stand-by depuis environ un an. Ils ont même commencé à vendre les engins stationnés à la base de Kongo (où devait être construite la mine, Ndlr)».

L’information est confirmée par l’ancien maire de Lomié, Célestin Assama Mbongo, avec plus de détails : «Tout est à l’arrêt depuis un an. Sauf le personnel de gardiennage de l’entreprise est encore visible sur le site. Le reste du personnel (environ 200 employés) est en congé. La déception est totale, parce que nous avions fondé beaucoup d’espoir dans ce projet. On nous a plusieurs fois rassuré que le projet va être lancé. Maintenant, on voit juste les engins repartir».

«Les populations n’y croient plus»

Selon cet ancien exécutif municipal de la commune de Lomié, Geovic Cameroun avait pourtant trouvé un accord avec des investisseurs chinois, auxquels il était question de céder ses actifs dans ce projet qu’il contrôle à 60,5%. «Entre février et avril 2014, ces Chinois sont arrivés ici plusieurs fois. Accompagnés des équipes de Geovic, ils sont descendus sur le site et ont fait des prélèvements, et puis plus rien. En tout cas, plus personne ne les écoute ici. Les populations n’y croient plus».

L’on se souvient, en effet, que le 23 juillet 2013, Geovic Mining Corp avait annoncé avoir signé «un accord définitif» avec le groupe chinois Jiangxi Rare Metals Tungsten Group Holdings Company Ltd (JXTC), à qui la junior minière américano-canadienne avait décidé de céder la totalité de ses actifs sur le projet de développement et d’exploitation du gisement de cobalt, de nickel et de manganèse de Nkamouna au Cameroun.

«Cet accord définitif représente un progrès significatif sur le chemin de l’exploitation du projet de Nkamouna. Le développement du projet devrait commencer dès que les financements seront disponibles et permettra la création d’emplois et de diversifier l’économie camerounaise», avait déclaré le PDG de Geovic Mining Corp, Michael Mason.

«Geovic, une structure en pelure d’oignon»

Selon nos sources, ce qui avait pourtant été présenté comme «un accord définitif» en juillet 2013 n’a finalement pas été respecté par les parties, la Société nationale des investissements (SNI), bras armé de l’Etat camerounais et porteuse des parts des opérateurs nationaux dans ce projet minier (39,5%), n’ayant pas vu ses conditions respectées par le partenaire chinois.

En fait, ce dernier épisode n’est que le énième d’un long feuilleton fait de promesses non tenues et d’annonces juteuses, qui, depuis onze ans, entretiennent le rêve de plus en plus lointain de voir le projet de Nkamouna finalement prendre corps. Des hésitations qui n’ont pas empêché que l’action de cette entreprise ne cesse de grimper à la bourse de Toronto, à cause des annonces répétées sur le potentiel sans cesse réévalué du gisement de Nkamouna.

Mais ces hésitations ont eu le don de créer la suspicion sur les véritables objectifs de Geovic Mining, présenté par le journal Les Afriques comme «une structure en pelure d’oignon», dont «les autres filiales sont soit inactives, soit nouvellement formées. L’essentiel des actifs du groupe se compose donc de ses concessions camerounaises».

Pour rappel, le projet minier de Nkamoun a été évalué à 615 millions de dollars US, soit environ 306 milliards de francs Cfa. Les réserves, apprend-on, indiquent environ 121 millions de tonnes de ressources minérales avec les teneurs moyennes de 0,23% pour le cobalt, 0,65% pour le nickel et 1,35% pour le manganèse. D’après l’étude de faisabilité bouclée en 2011, ce projet devrait générer 800 emplois directs et près de 400 emplois indirects.

Brice R. Mbodiam

 

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Published in Mines

La Directrice générale (DG) de la Société nationale d’investissement (SNI) du Cameroun, Yaou Aïssatou, a publié le 21 avril 2014, un appel à manifestation d’intérêt en direction des «consultants spécialisés», en vue des pré-qualifications pour une mission de conseil relative à la «structuration de la filiale immobilière de la SNI», entreprise qui fait office de bras séculier de l’Etat camerounais dans l’entrepreneuriat public.

Porteuse des actions de l’Etat du Cameroun dans plusieurs entreprises aussi bien privées que publiques dans le pays, explique Mme Yaou dans le document sus mentionné, la SNI «envisage de réaliser des investissements immobiliers dans les villes de Yaoundé et de Douala, afin de développer son activité immobilière, de valoriser son patrimoine foncier et de mieux gérer le parc existant». Les consultants intéressés par cette offre sont invités à déposer leurs dossiers de soumission au plus tard le 12 juin 2014 à la Direction des opérations immobilières de la SNI à Yaoundé.

La filiale immobilière de la SNI en gestation trouvera dans le secteur de l’immobilier, une autre entreprise publique, à savoir la Société immobilière du Cameroun (SIC), qui a construit environ 11000 logements seulement depuis les indépendances, contribuant ainsi à creuser le déficit en la matière dans le pays, qui s’élève de nos jours a environ un million de logements.

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Published in Entreprises

Elle est désormais lointaine, l’époque où la Société internationale des travaux ferroviaires (Sitrafer), créée en 2001 pour un contrat d’exclusivité sur la maintenance du réseau du chemin de fer camerounais, affichait un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de francs Cfa. Fort de sa position et de son expertise au Cameroun, Sitrafer avait même réussi à décrocher deux contrats d’un montant total de 6 milliards de francs Cfa chez Railways à Madagascar, en 2005, afin d’assurer la maintenance du réseau ferroviaire malgache pendant 4 ans.

Mais depuis bientôt 3 ans, cette véritable success story a cédé la place à des grèves à répétition des employés de Sitrafer. A l’origine de ce malaise permanent, confesse l’administrateur directeur général (ADG), Jacques Bimaï, la réduction drastique des montants des contrats avec Camrail, le concessionnaire du chemin de fer camerounais, suite à l’arrivée de concurrents sur le marché de la maintenance du réseau ferroviaire au Cameroun, qui fut pendant des années la chasse gardée de Sitrafer.

Aussi, révèle l’ADG de Sitrafer, le chiffre d’affaires de cette entreprise est-il passé de 2 milliards de francs Cfa en moyenne au départ, à 282 millions de francs Cfa de nos jours, soit une baisse d’environ 88%. Ce qui a abouti à un amaigrissement des effectifs, qui sont passés de 400 à 200 employés, et à l’accumulation d’arriérés de salaires, pour lesquelles l’Etat a souvent dû délier les cordons de sa bourse.

A l’origine des difficultés de cette entreprise, des sources internes à Sitrafer pointent du doigt la gestion de l’ADG. L’on parle, par exemple, d’une ligne budgétaire annuelle de 100 millions de francs Cfa, destinée «aux opérations marketing» de ce dernier. Cette mauvaise gestion de l’entreprise, apprend-on de bonnes sources, serait d’ailleurs à l’origine de la décision de l’Etat camerounais, prise au terme d’un conseil d’administration tenu le 10 mai 2013, de se retirer du capital de Sitrafer, qu’il détenait déjà à 40% à travers la Société nationale d’investissements (Sni).

Mauvaise gestion ou règlement de comptes ?

Des accusations de mauvaise gestion que rejette en bloc M. Bimaï, pour qui les malheurs de Sitrafer viennent plutôt du groupe Bolloré, maison-mère de Camrail, qui aurait décidé de faire payer à l’ADG de Sitrafer son ambition de catalyser une relecture du contrat de concession entre l’Etat du Cameroun et Camrail, afin d’obtenir du gouvernement camerounais une scission nette entre l’exploitation du réseau ferroviaire, qui demeurerait alors dans l’escarcelle du groupe Bolloré, et la maintenance du réseau, qui devrait tout aussi contractuellement être confiée à un autre partenaire, opérateur national de préférence, à l’instar de Sitrafer.

Selon les tenants de cette thèse, c’est dans cette optique de renforcer la position de Sitrafer dans le secteur du chemin de fer camerounais, que le ministre des Finances d’alors, Essimi Menyé, avait acquis en juin 2010, pour le compte de l’Etat du Cameroun, 25% d’actions supplémentaires (4167 actions exactement) dans le capital de Sitrafer, pour un montant de 83,3 millions de Francs Cfa, afin de porter à 40% les prises de participation de l’Etat dans cette entreprise privée.

Une opération qui n’a pas réussi à sortir l’entreprise du gouffre, après la période faste 2001-2010, au cours de laquelle Sitrafer a payé «plus de 6 milliards FCfa de salaire aux employés, plus de 2 milliards de FCfa d’impôts au Trésor public, plus de 600 millions FCfa de cotisations sociales à la Cnps et réalisé près de 3 milliards d’investissements», énumère Jacques Bimaï, qui ne manque pas souvent d’accuser Camrail d’avoir orchestré l’arrivée de concurrents sur le marché de la maintenance du réseau ferroviaire camerounais, afin de «casser Sitrafer».

BRM

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Published in Entreprises

Selon le quotidien Le Messager, les locaux abritant la direction générale de la Cotonnière industrielle du Cameroun (CICAM), le fleuron de l’industrie textile camerounaise, ont été scellés par des agents du fisc camerounais le 9 décembre 2013.

A en croire la même source, cette descente du fisc à la CICAM est en rapport avec une ardoise de 400 millions de francs Cfa, que Newco, la filiale de distribution du numéro un du textile au Cameroun et qui partage les même locaux que sa maison mère à Douala, tarde à éponger auprès des services des impôts.

Ces scellés n’ont cependant pas, apprend-on, perturbé les activités aussi bien à l’usine qu’au service commercial de la CICAM, permettant ainsi à l’entreprise de poursuivre ses activités de production et de commercialisation.

Créée en 1965, la CICAM est tombée dans le giron de l’Etat camerounais en 2008, après que la Société nationale des investissements (SNI) soit devenue son unique actionnaire. Mais avant cela, la CICAM qui contrôlait alors plus de 80% du marché du textile au Cameroun, avait réussi à absorber ses distributeurs qu’étaient RW King et Solicam, respectivement en 1989 et 1995.

Leader du marché du textile au Cameroun avec des produits essentiellement constitués de pagnes, serviettes de toilettes et fil de coton, la CICAM, qui emploie environ 1000 personnes y compris dans sa filiale Newco qu’elle détient à 100%, fait actuellement face à une concurrence farouche des produits importés, parfois frauduleusement, principalement de la Chine et du Nigeria.

Mais en plus de la concurrence qui met à mal les finances de la CICAM, cette entreprise dispose encore de faibles capacités de production. Pour accroître ces dernières, la CICAM a bénéficié en janvier 2013 d’un prêt syndiqué de banques camerounaises, qui lui ont octroyé un crédit de 5,5 milliards de francs Cfa.

Ce crédit, apprend-on, vont permettre à cette société publique de rénover ses machines pour booster sa capacité de transformation du coton, en la portant à 6500 tonnes par an (sur une production nationale qui dépasse 200 000 tonnes), contre 3000 tonnes actuellement. 

BRM

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Published in Industrie

Le ministre camerounais des marchés publics, Abba Sadou, a rendu public le 29 août 2013, un communiqué portant résultat de l’appel d’offres relatif à la fourniture de l’assurance maladie de groupe et individuelle, pour le compte du personnel de la Société nationale des investissements (Sni), le bras séculier de l’Etat du Cameroun en matière de prise de participation dans les entreprises.

Selon le communiqué, le marché a été attribué à la compagnie Axa assurance, pour un montant de 104,5 millions de francs Cfa. L’entreprise a été déclarée «mieux disant» et a obtenu «la meilleure note globale» devant des concurrents tels que Nsia et la Saar, qui avaient pourtant des offres respectives de 76 et 81 millions de francs Cfa, inférieures à celle d’Axa.

Etaient également en course, les compagnies Zenithe, Colina et, surtout Chanas, le leader du marché camerounais, qui ont tous obtenu, apprend-on, «une note inférieure à 75 points».

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